‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 142 sur 216 · LAN · texte numérisé non relu

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dre en horreur, et cette horreur doît être telle qu'elle conduise à un amendement efficace ; et donc 3°) de s'en amender : et 40) , d'ordonner complètement sa vie.

Mais cette parfaite ordonnance, c'est précisés ment le fruit foftal des Exercices : parce que tous les Exercices vont à dégager l'âme de toutes les affections désordonnées ou, ce qui revient aü même, à amener l’homme à la victoire sur lui même, à agir sans plus se laisser déterminer par quelque affection désordonnée que ce soit; et par là, du coup, il ordonne sa vie. Si donc telle est la fin totale des Exercices, il faut bien conclure que le fruit propre de cette demande de notre colloque ne peut être de se trouver déjà effectivement amendé et ordonné, car alors à quoi bon continuer les Exercices ? Il faut donc dire que, dans cet exercice, on doït arriver à ressentir si vivement la laideur et la malice du péché (même s'il n'était pas défendu, c'est-à dire du simple désordre et de la simple impers fection volontaire), qu'il en résulte dans l'âme une grande horreur et le propos très ferme el efficace de s'amender, le propos de ne pas lasser de la détruire jusqu'à ce que la vie en soit réellement délivrée, et qu'elle soit ordonnée, dans la mesure que comporte notre misérable condis tion humaine.

La troisième grâce que S. Ignace fait demat

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der, est celle-ci : “ connaître si bien le monde que dans mon aversion pour lui, je repousse loin d2 moi toutes ses vanités. Non content de faire prendre en horreur le péché et le simple désordre, il veut qu'on abhorre également le monde, dont les concupiscences sont l'origine et l'aiguillon de tout péché. | Pour mieux pénétrer l'idée de S. Ignace lorsqu'il fait recourir dans cet exercice à la forme solennelle de colloque, rappelons deux choses : la première, nous l'avons déjà dit, c'est que la fin totale des Exercices est d’ ‘* ordonner la vie”, comme le titre même l'indique ; la seconde, que le moyen général adopté par S, Ignace pour l'ordonner est l'imitation du Christ, comme on le voit dans la deuxième et la troisième semaine. Or le Saint savait parfaitement que pour introduire l'ordre dans la vie, la meilleure et la plus parfaite disposition, sinon la plus nécessaire, est d'avoir en horreur, d'exécrer de tout son cœur son, contraire, le désordre ; de même que pour reproduire en soi la vie du Christ, le moyen est d'avoir une horreur intense de son contraire, le monde : ‘ avoir une aversion entière et sans réserve pour; tout ce que le monde aïme et embrasse, et admettre et désirer de toutes ses forces ce que le Christ Notre-Seigneur a aimé et embrassé ‘ est chose de grande importance et très utile à la vie spirituelle ; et S. Ignace pen-

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