‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 175 sur 216 · Chapitre XXVIII — De la troisième semaine dans cette troisième partie · texte numérisé non relu

Chapitre XXVIII — De la troisième semaine dans cette troisième partie

Il est difficile à l’homme, nous l'avons vu, de bien se préparer à faire l'élection, quand il prévoit qu'il devra embrasser la pauvreté actuelle, maïs il est tout aussi diffiicile et peut-être plus encore de l'embrasser effectivement après l'avoir choisie. De là, la nécessité de confirmer le retraitant dans le propos et la détermination prise, jusqu'à lui en rendre suave et facile l'exécution.

La difficulté de passer à l'exécution naît de ce

que la nouvelle vie à entreprendre est pénible

et ardue à la nature. En effet, à quelle série de privations n’est-on pas condamné par la pauvreté ? Sans aucun secours humain comment

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échapper à tant de misères qui accompagnent nécessairement la pauvreté ?

Car s'il est vrai que la confiance filiale en la bonté et la fidèlité divine, fruit de la deuxième semaine, jette quelque rayon de lumière sur la sombre perspective que l'imagination ouvre sur l'avenir ; cependant, tout au fond de l'âme, on se rend bien compte que la sollicitude paternelle avec laquelle Dieu veille sur ses fidèles serviteurs ne doit pas nécessairement épargner à ceux-ci les privations de tout genre, continuelles et très pénibles, et ne doit pas nécessairement écarter non plus mille dangers que l'on pourraït prévenir et éviter par des moyens humains, légitimement acquis, et dont précisément l'on va se dépouiller.

Pour venir en aide au retraitant dans cette nécessité, et le confirmer dans la résolution prise, S. Ignace lui propose dans cette troisième semaine les très excellents exemples de constance, d'héroïque et plus qu'héroïque patience, donnés par le Fils de Dieu. En effet, Jésus par sa très sainte Passion, a accompli la volonté du Père, qui voulait que lui, l'innocent, il souffrît, dans sa personne, les châtiments mérités par les pécheurs ; et il leur a obtenu par là, outre le pardon des péchés, la grâce de l'élévation à la dignité de fils de Dieu et d'héritiers du ciel, grâce qu'ils avaient perdue par le péché. À ce spectacle, le retraitant devra se dire : Du fruit de cette ré-

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