‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 176 sur 216 · E\LD · texte numérisé non relu

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demption, j'ai reçu une part tout à fait privilégiée et bien supérieure à celle de beaucoup d’autres qui, pour des péchés moins nombreux que les miens, se sont vus privés pour toujours de ces fruits du sang rédempteur.

Mais avant de plonger le retraitant dans l'immense océan des souffrances, endurées dans sa Passion douloureuse par le plus délicat des amis, S. Ignace ravive en lui les deux principaux sentiments de confusion et de douleur des péchés, propres à la première semaïne : et ceci est d'autant plus nécessaire que les sérieuses difficultés avec lesquelles le retraitant vient d'être aux prises dans l'affaire de l'élection, ont peut-être affaibli, sinon éteint tout à fait, l'intensité de ces sentiments,

S. Ignace a certainement eu l'intention d’évoquer, au commencement de la troisième semaine, le souvenir de la première ; la preuve en est qu'il propose comme première contemplation de cette troisième semaine, un exercice destiné presque exclusivement à cette fin : à savoir la contemplation de la cène, dernière étape de la vie publique du Christ. Quel fruit, en effet, a-t-il en vue dans cet exercice ? “ Ce sera de demander la douleur, l'affliction et la confusion. ‘ Ainsi donc douleur et affliction, comme dans le deuxième exercice de la première semaine: confusion,

comme dans le premier, où nous demandions la honte et la confusion.

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Tout cela, nous le demandions alors au spectacle des maux très graves, que le pécheur avait attirés sur lui par le péché : mais dans la troisième semaine, ce n'est pas là le motif que nous avons de pleurer et d'être honteux ; il en est un autre beaucoup plus noble et moins intéressé à savoir ‘’ qu'à cause de mes péchés le Seigneur va à sa passion. ” Il n'est pas dit : “ que le Seigneur souffre ‘, mais “ qu'il va à sa Passion (pour souffrir ” ; la souffrance ne commence pas encore.

Par conséquent, le fruit, voulu dans ce premier exercice, n'est pas le fruit propre de la Passion. Celui que le Saint désire pour la troisième semaine comme lui étant propre, il l’a exprimé dans le troisième préambule de la deuxième contemplation : “ le troisième prélude est la demande du fruit que je veux ; or, le fruit propre qu'il faut demander dans la Passion, c'est la douleur avec Jésus-Christ en proie avec la douleur, le brisement avec Jésus-Christ brisé, les larmes et une peine intime de la peine si grande que Jésus-Christ a ressentie pour moi. ”

S. Ignace a en vue ici de nous enlever la crainte et de nous donner l'amour et le désir efficace de ces peines, précisément, et de ces souffrances dont la seule prévision et l'appréhension pour-

raient nous retarder, sinon nous entraver totale-

ment, dans l'exécution de notre élection. Il veut que nous les désirions, non pas seulement en tant que ce sont des peines qui nous inspirent

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