‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 180 sur 216 · FES STATE · texte numérisé non relu

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il le considérait comme un ami souverainement bon et délicat. Cet amour ne passait pas les limites de l'amour de concupiscence. Mais Dieu veut être aimé de l'amour de bienveillance, pour luimême, pour son infinie bonté dont les bienfaits distribués à ceux-là même qui les méritent le moins, sont une manifestation et une preuve évidente ; en un mot, il veut contracter avec l'homme une pure et véritable amitié. Pour faire concevoir cet amour si pur de Dieu, S, Ignace emploie les moyens que nous avons expliqués dans la deuxième partie.

Au retraitant du troisième degré, il destine d'une manière spéciale la Contemplation pour obtenir l'amour divin, placée après la dernière contemplation de la quatrième semaine, comme terme et couronnement de tous les Exercices. S: Ignace marque comme de coutume dans le second préambule ce qu'il a en vue: “ demander la connaissance intime de tant de bienfaits que j'ai reçus, afin que d'une âme pleinement reconnaïissante, je puisse en foutes choses aïmer et servir sa Divine Majesté, ”

Dans le premier point il lui fait : “ rappeler à la mémoire tous les bienfaits reçus, ceux de la création, ceux de la rédemption et les dons qui lui sont propres. " Il lui remet ainsi en mémoire trois genres de bienfaits : les bienfaits généraux de la nature, ceux de la grâce, et des dons particuliers dont il a peu à peu découvert et re-

connu le nombre et l'excellence dès le premier

exercice de la première semaine.

Quand le retraitant se voit si singulièrement favorisé par son Dieu, et beaucoup plus favorisé que des milliers et des milliers d'autres qui en étaient moins indignes que lui, S. Ignace fait peser : ‘“ avec toute l'affection dont je suis capable combien Dieu Notre-Seigneur a fait pour moi, et combien il m'a donné de ce qu'il a ; et conséquemment, combien le même Seigneur désire se donner lui-même à moi, pour autant qu'il le peut, selon l’ordre établi par sa divine volonté. ”

Après qu'il les a ainsi pesés, non pas par la raison seulement maïs par la volonté, émue par le nombre et la grandeur des dons reçus, alors,

dit S. Ignace, il faut me replier sur moi-même,

considérant ce que moi, de mon côté et pour ma part, je dois, .avec beaucoup de raison et de justice, offrir et donner à sa Divine Majesté : savoir foutes les choses qui sont à moi et moi-même avec elles, ”

En entrant dans les Exercices, je lui ai offert ma personne et tout ce que j'ai, et je l'ai offert avec le désir sincère qu'il s'en serve pour autant que sa volonté fût telle; mais je l’ai offert par pure libéralité ; dans l'élection, j'ai compris que sa volonté très sainte était de se servir de ce qe je possédais, par mon entier abandon; j'ai compris qu'il veut se servir de ma personne dans l'état de pauvreté et d'humiliation actuelles, et je me suis

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