‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 2 sur 216 · CT · texte numérisé non relu

CT

Es | CE)

AQS

ÉZ, à

fe

fait comprendre dans le second point du premier mode de faire une saine et bonne élection, quand il dit : “ il est nécessaire que je me trouve dans l'indifférence sans avoir aucune affection contraire à l’ordre. ” Il en résulte une troisième espèce d'Exercices, qui consiste à chercher et à trouver la volonté divine après s'être débarrässé des affections désordonnées.

Nous voici donc en présence de trois espèces ou degrés d’Exercices.

Le B. Pierre Lefèvre parle dans ses lettres d’ Exercitia primi ordinis et d’ Excercitia tertii ordinis, Les premiers sont ceux que S. Ignace destine aux retraitants qui réalisent les conditions requises dans la 20e annotation ; les autres sont réservés aux retraitants dont parle la 182 annotation. Entre ce premier et ce troisième ordre, Lefèvre a dû en connaître un deuxième ce doit être les Exercices que font chaque année, pendant huit ou dix jours, tout spécialement les personnes religieuses, qui n’ont jamais fait les Exercices du premier ordre.

Dans la première annotation, S. Ignace compare ses Exercices, avec une grande propristé de termes, à notre avis, à trois classes d’exertices corporels : se promener, voyager et courtr. En eïfet, celui qui se promène, “ s'exerce ” de. telle sorte que son point d'arrivée est toujours le même que son point de départ ; à la différence de celui qui entreprend un voyage : en effet

Que

celui-ci, durant le trajet, ne cesse de s'éloigner du point de départ et de s'approcher du ferme du voyage, qui est son but. Enfin celui qui court pendant son voyage, couvre en moins de temps que les autres la distance, qui sépare le point de départ et le point d'arrivée ; et il arrivera au terme en d'autant moins de temps que sa course aura été plus rapide.

Ainsi, celui qui dans la vie spirituelle s’exercerait de la première manière sans prétendre davantage que de faire une bonne confession et “de se conserver dans l’état où il est parvenu”, serait semblable à celui qui se promène. S'il se donnait pour but de se défaire de toutes ses affections désordonnées, il serait assimilé à celui qui chemine ou voyage. Mais comme cette tâche est, pour l'ordinaire, l'œuvre, je ne dis pas d'un grand nombre de jours, mais de beaucoup d'années, force lui sera de prendre une allure très rapide, s’il veut faire ce long chemin en trente jours, plus ou moins, comme le prescrit S. Ignace aux retraitants du degré le plus élevé.

D'après ces observations, nous diviserons re traité en trois parties. Dans la première nous expliquerons chaque exercice : examen, méditation, etc. en faisant la synthèse de tout ce que S. Ignace en a dit au cours de son livre.

Dans la deuxième, nous exposerons la méthode employée par l'auteur pour orienter l'ensemble de ses Exercices vers ce buf déterminé :

de

GAY El

débarrasser l'âme de toutes les affections désordonnées.

Dans la dernière partie, nous verrons comment il applique les deux degrés précédents au cas particulier de celui qui “ cherche la volonté divine touchant la disposition de sa vie pour le salut de son âme. ”

Page 1