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mande du second préambule ; et il continue donnant cet avis : ‘ Avant toutes les contemplations ou méditations, on doit faire toujours la prière préparatoire qui ne change jamais, et les deux préludes qui diffèrent selon la matière ”, à savoir, comme il vient de le dire en parlant de la demande : “ si la contemplation est de la Résurrection, on demandera la joie avec Jésus- Christ comblé de joie ; si elle est de la Passion, on demandera la douleur, les larmes et l'affliction avec Jésus-Christ affligé. ”
Il ne fait pas de même quand il s'agit du colloque.
À la fin du premier exercice de la première semaine, il prescrit un colloque, et au lieu d'en donner une notion complète, il n'en donne qu'une idée incomplète et indéterminée qu'il n'achève qu'en troisième semaine, à la fin du premier exercice. ‘ Le propre du colloque est de parler comme un ami parle à son ami, dit-il dans la première semaine, ou un serviteur à son maître, tantôt sollicitant une grâce, tantôt s'ac-
cusant d'une faute, tantôt parlant de soi-même et demandant conseil, ” Dans la troisième se maine : ‘ Il faut remarquer, ainsi qu'il a été“
dit plus haut, et expliqué en partie, que dans les colloques nous devons tenir des discours et faire des demandes qui soient en rapport avec Îles
matières proposées ; c'est-à-dire selon que je me
trouve tenté ou consolé ; selon que je désire avoir une vertu ou une autre; selon que je veux jdisposer de moi pour un parti ou pour un autre ; selon que je veux m'attrister ou me réjouir de l'objet que je contemple ; ” et pour abréger il ajoute : “ enfin demandant la grâce que je veux plus efficacement obtenir par rapport à quelques points particuliers. C'est donc alois seulement qu'est expliquée complement la nature du colloque dans la méthode de S. Ignace.
En comparant ce passage avec le précédent, on voit que la demande peut être considérée comme l'acte principal du colloque; et que c'est précisément par l'énumération de différentes grâces qui peuvent être demandées dans le colloque, comme on le voit dans la troisième s maine, que S. Ignace complète enfin la notion du colloque. En effet, dans la première semaine, il se contente de dire simplement ” tantôt sollicitant une grâce ", sans spécifier quelles grâces peuvent ou doivent être demandées, comme il le fait dans la troisième semaine.
9. __ Différence entre les colloques des exercices qui précèdent l'élection et ceux qui la suivent.
Par ce qui a été dit, l'on pourra s'expliquer la très notable différence qui existe entre les
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colloques de la troisième et de la quatrième semaine et ceux de la première et de la deuxième. Dans la troisième, le Saint se contente de dire à la fin du premier exercice : ‘* Terminer par un colloque à Jésus-Christ Notre-Seigneur. “ Dans la quatrième: “ Terminer par un ou plusieurs colloques suivant la matière, ‘’ Il ne fixe rien au retraitant ; il laisse tout à son jugement, à sa liberté et à sa prudence.
1 I en va tout autrement dans les deux semaines qui précèdent l'élection. Dans la deuxième, il fixe au retraitant la pétition qu'il doit faire dans fous les mystères de la vie du Christ :
‘ainsi à la fin du premier exercice il dit : “ Je dois faire un colloque... et selon les affections de mon cœur, je demanderai ce qui m'aidera à mieux suivre et imiter Notre-Seigneur qui vient de s'incarner aïnsi, ‘ Demande qui est en tout identique à celle du troisième préambule, dans lequel on demande une ‘‘ connaissance intime du Seigneur, qui pour moi s'est fait homme, afin que je l'aime davantage et suive mieux ses exemples. "
Dans ce préambule, le Saint fait demander l'amour, dans le colloque il omet ce sentiment, et insiste seulement sur la suite et l’imitation du Christ, comme fruit qui disposera plus efficacement le retraitant à l'élection à faire dans cette deuxième semaine,
Dans les Étendards, les Binaïres et les Manières (ou Modes) d'humilité, exercices fondamentaux en relation directe avec l'acte de l'élection, et destinés à procurer un fruit que, sans un secours extraordinaire de la grâce, l'on ne pourra obtenir, de l'avis du Saint, dans ces exercices il faut recourir dans le colloque à des intercesseurs très puissants, comme sont la Très Sainte-Vierge auprès de son Fils, et le Fils auprès du Père éternel, afin d'obtenir par la prière ce que de pures considérations ne peuvent atteindre.
Ce même colloque, et la solennité extraordinaire dont il est revêtu, le Saint le fait adopter dans le troisième et le quatrième exercice de la première semaine, c'est-à-dire dans la répétition des deux premiers exercices et dans le résumé du troisième, Dans le deuxième exercice, sous une forme plus simple, il fait demander trois grâces qui ne sont pas exprimées dans la demande du préambule, bien qu'elles aient avec cette demande beaucoup d'analogie : tandis que dans le préambule on demande la douleur et les larmes, dans le colloque 1) on implore la miséricorde, 2) on rend grâces à Dieu, 3) on se propose l'amendement.
Pour se rendre compte de la précision avec laquelle S. Ignace détermine les actes à exercer dans les colloques du premier et du cinquième
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exercice de cette première semaine, il suffit de jeter un regard sur le texte même du livre,