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faire les trois colloques de la méditation des Binaires, " Et pour la demande spéciale il se reporte à la matière proposée. Dans le cas présent, il fait demander “ que Notre-Seigneur veuille le choisir pour cette troisième humilité plus grande et plus précieuse, afin qu'il limite et le serve plus parfaitement ", et cela non plus dans le cas d'une plus grande gloire de Dieu, mais même dans celui d'une gloire égale, “ si M toutefois c'est le moyen de servir et de louer également ou davantage sa Divine Majesté, " La raison pour laquelle S. Ignace modifie parfois dans le colloque la demande du préambule, est claire. Le colloque est, dans la méditation, ce qu'est la péroraison dans le discours : or, c'est l'habitude de l'orateur de faire effort pour amener ses auditeurs à ce qu'il désire et prétend plus efficacement obtenir d'eux, principalement à la fin du sermon, quand ils ont été persuadés par les raisons apportées et que, par conséquent, leur volonté est disposée à embrasser le bien qu'ils ont appris à connaître, Et pour continuer la même comparaison, la demande du préambule représente la proposition du discours. Quand l'orateur se propose seulement d'éclairer l'entendement ou bien d'amener la volonté à quelque chose de facile ou d'agréable aux auditeurs, il peut exprimer clairement tout son but dans la proposition ; maïs si les au-
diteurs ne sont pas disposés à embrasser ce que l'orateur a en vue, il est plus prudent de leur cacher ce que l'on prétend obtenir d'eux, de leur énoncer une proposition qui ne les indispose pas, de la confirmer ensuite par des arguments qui les préparent graduellement, et de les amener enfin dans la péroraison à ce que l'orateur désire.
$ 7. — La prière vocale qui suit le colloque.
Immédiatement après le colloque, S. Ignace recommande de réciter quelque prière vocale.
C'est d'ordinaire le Pater. A la fin du premier exercice de la première semaine, après avoir expliqué brièvement comment doit se faire le colloque, il termine par ces mots : “ dire un Pater noster. ” À la fin du deuxième exercice : ” Terminer par un colloque de miséricorde...Pater noster. ” C'est sa façon ordinaire de parler.
Dans le Règne du Christ, s'il ne mentionne pas cette prière vocale, c'est qu'il ne fait pas non plus mention du colloque.
Dans le troisième exercice de la première semaine, et dans les Étendards, où il propose trois colloques, il prescrit aussi trois prières vocales différentes : une pour chacune des personnes auxquelles le colloque s'adresse. Il renvoie à ce triple colloque des Étendards, dans les exerci-
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ces des Binaïres et des trois Manières d'humilité. Dans quel but faut-il réciter cette prière vocale? Il n'y en a pas d'autre, semble-t-il, que d'obtenir de Dieu la grâce de recueillir le fruit que vise l'exercice. Cette pratique, qu'il avait apprise de son S. Père Ignace, était familière à l'apôtre des Indes : dans une lettre, datée du 15 janvier 1544, Xavier écrivait aux Pères de Rome (1)
‘” Nous commençons par réciter le premier article de la doctrine chrétienne et, l'ayant terminé, nous disons tous ensemble dans leur propre langue (indienne) : Jésus-Christ, fils de Dieu, donnez-nous la grâce de croire fermement sans aucun doute le premier article de la foi ; et pour qu'il nous accorde cette grâce, nous disons un Pater noster. ”
$ 8. — De la cinquième addition.
” L'exercice achevé, lisons-nous dans la 5e addition, j'emploierai un quart d'heure, soit assis, soit en me promenant, à examiner quel a été le résultat de la contemplation ou de la méditation, S'il a été mauvais, j'en chercherai la cause, et l'ayant trouvée, je me repentirai, avec propos de m'amender à l'avenir ; s'il a été bon, je rendrai grâces à Dieu Notre-Seigneur, et je
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(1) Monumenta historica S. J. : Monumenta Xaveriana, }, p. 281. Matriti, 1899.
me conduirai de la même manière une autre fois,
Le fait de proposer comme but de cet examen le repentir et l'amendement au cas où l'exercice a été mal fait, montre clairement que par les paroles ‘‘ faire bien ou mal l'exercice ”, S. Ignace met en cause la libre volonté de celui qui médite : car ce n’est que de choses dont nous sommes coupables que nous pouvons nous repentir et nous amender, et il faut qu'une chose dépende de notre volonté pour que nous puissions former le propos de la faire une autre fois de telle ou telle manière,
Par conséquent, bien faire l'exercice ce n'est pas y goûter de la consolation, être recueilli et plein de dévotion ; et le mal faire ne signifie pas être en désolation, être tourmenté de distractions involontaires ; car goûter des consol1tions, ou être en dévotion, pas plus qu'être désolé et tourmenté de distractions, ne peut ni ne doit toujours être attribué à notre faute ou à notre industrie,
Ce qu'il faut donc faire après l'exercice, c'est examiner si nous avons bien préparé les points ou la matière de la méditation ; si nous avons suivi les recommandations données dans la troisième et la quatrième addition ; si nous avons procédé avec mollesse et négligence coupable ; si nous avons lutté contre les distractions, ou
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