Chapitre V. — De l’imitation du Christ
Il y a deux manières, ou mieux deux degrés, dans l'imitation du divin modèle de toute perfection. Le premier degré ; c'est de l'imiter dans un ou quelques actes seulement de sa très sainte vie, C'est ainsi que les moines et les solitaires limitent dans son jeûne de quarante jours au désert, en vivant dans la solitude, séparés de leurs semblables et vaquant à l'oraison et à la pénitence. D'autres religieux l'imitent en chantant des hymnes de louange au Créateur ; d'autres enseignent les ignorants, ou soignent les infirmes et les pauvres ; d'autres encore l'imitent de quelque autre manière, chacun selon les règles d'un institut que le Seigneur lui-même a daigné inspirer.
Le second degré est plus universel et, pour le comprendre, il faut tenir compte de la remarque suivante, Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a pas toujours jeûné, guéri des malades, ressuscité des morts, enseigné les ignorants. Par contre, il n'a pas non plus toujours omis ces bonnes œuvres. Mais chaque fois qu'il pratiquait ces actions ou quelque autre de sa vie mortelle, aussi bien que lorsqu'il les omettait, c'était toujours selon qu'il voyait que la volonté de son Père céleste (volonté toujours clairement manifestée