‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 63 sur 216 · PET X D - À · texte numérisé non relu

PET X D - À

Or

sujet de son état de vie, prend habituellement la chose très à cœur ; troublé et inquiet, il désire sortir de son malaise, coûte que coûte, et le plus tôt possible, Cette inquiétude même et le désir de s'en délivrer constituent une très bonne disposition pour affronter avec patience le pénible travail des Exercices.

Or, ce qu'il faut admirer et ce qui surprend dans ce troisième degré, c'est que S. Ignace a pu réduire au court espace d'un mois, le temps nécessaire : 1) pour apprendre la théorie et la pratique de toutes les opérations spirituelles propres au premier degré ; 2) pour acquérir la perfection évangélique, au moins initiale, visée dans le deuxième ; 3) pour connaître la volonté divine dans le choix d'un état de vie, comme on prétend y arriver dans le troisième degré.

Une comparaison expliquera notre pensée.

Quels éloges ne mériteraient pas un savant médecin qui composerait un court résumé de toute la science médicale, avec un tel art et une telle maîtrise que dans l'espace d'un mois, il mettrait lélève en état de subir avec succès l'examen devant un jury sévère, de mériter le diplôme

de docteur en médecine et d'être autorisé, par

conséquent, à commencer sur-le-champ l'exercice de son art, et cela, avec non moins d'habileté et de sûreté que n'importe quel autre étudiant au terme d'une carrière de sept ou huit années d'études ?

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Or, ce que personne jusqu'à présent n'a fait dans l'art de guérir les infirmités du corps, Dieu l'a réalisé,par le moyen de $S. Ignace, dans l'art beaucoup plus difficile et excellent de guérir les maladies de l'âme et de lui communiquer la vigueur et l'entrain d'une nouvelle jeunesse, Et ce qui est encore plus remarquable, l'élève de $, Ténace apprend l'art de la médecine spirituelle théoriquement et pratiquement tout à la fois; tout en s'assimilant la doctrine, il l'applique à la guérison, non pas des infirmités d'autrui, mais des siennes propves, par une expérience personnelle de l'efficacité des remèdes qui lui permettront plus tard de guérir ses semblables.

On sait que S. Ignace attendait de la bonté divine le succès total de toutes les œuvres qu'il entreprenaït, comme s'il n'avait rien à espérer des moyens humains, maïs que, d'un autre côté, il recherchait les moyens les plus efficaces pour mener l'affaire à bon terme, comme si l'issue dépendait de sa seule industrie. Cette conduite du Saint resplendit ‘d'une manière toute spéciale dans la composition de ses Exercices.

Grâce à une ingénieuse distribution des différentes espèces d'Exercices, S. Ignace put réaliser dans un temps très court, avec la grâce divine, des changements si manifestes dans ses compagnons, et, par eux, dans beaucoup d'autres personnes, que, dès les premiers jours, le monde en fut dans l'admiration. Ceux qui n'avaient pas

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