‹ Analyse des exercices spirituels de S. Ignace de LoyolaChapitre 88 sur 216 · NT · texte numérisé non relu

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progrès spirituel du prochain, pour que ces affections soient désordonnées, et donc pour qu'on doive les rejeter.

De là vient que c'est seulement l'absence fofale d'affection désordonnée (sinon habituelle, au moins actuelle au moment de l'élection), que le Saint appelle l'indifférence parfaite, exigée pour faire une saine élection. C'est ce qu'il dit dans la première manière du troisième temps : ‘ Deuxième point. Il est nécessaire que je tienne ma vue attachée sur la fin pour laquelle je suis créé, qui est de louer Dieu Notre-Seigneur et de sauver mon âme ; et en même temps, que je me trouve dans l'indifférence (ou ce qui revient au méme, libre de l'influence de toute affection désordonnée) ;... de sorte que je n'incline point à prendre plutôt qu'à laisser, à laisser plutôt quà prendre la chose en question, mais que je me trouve comme la balance en équilibre, prêt à pencher vers le parti que j'aurai senti davantage être celui de la gloire de Dieu Notre-Seigneur et du salut de mon âme.

4) Le manque d'indifférence peut également provenir de l'affection pour une chose appréhendée comme un bien, et, par contre, de la répugnance pour une chose appréhendée comme un mal : à cette répugnance, S. Ignace donne aussi le nom d'affection désordonnée. Nous le voyons dans la note placée après les Binaïres : ” Il faut

observer que, quand nous sentons une affection ou répugnance contre la pauvreté actuelle, quand

“nous ne sommes pas indifférents à l'égard de la

pauvreté et des richesses, il sert beaucoup, pour éteindre cette affection contraire à l'ordre, de demander dans les colloques (même en dépit de la nature), que le Seigneur nous choisisse pour la pratique de la pauvreté actuelle, lui protestant que nous le voulons, que nous le sollicitons, que nous l'en supplions, pourvu que tel soit le service et l'honneur de sa Divine Bonté. ”

$ 2. — Du désordre des opérations.

De même que le péché peut résulter 1) d'une intention peccamineuse qui inspire une action indifférente ou même bonne, 2) d'un consentement plein et délibéré à une action mauvaise teconnue comme telle, bien qu'on n'aille pas jusqu'à la consommation de l'acte externe, 3) enfin de l'exécution de la chose mauvaise à laquelle on à intérieurement consenti; ainsi l'influence de l'affection simplement désordonnée, bien que non peccamineuse, peut rendre désordonnée 1) l'intention, 2) l'élection interne ou action, 3) l'œuvre extérieure, Ces trois désordres sont expressément mentionnés par S. Ignace dans l'oraison préparatoire des quatre semaines : ‘ deman-

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