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d'une loi, ou le précepte d'un supérieur légitime parlant comme représentant de Dieu.
I] s'agit ici de trouver la volonté divine qui n'est connue par aucune loi ou précepte positii,
S. Ignace propose trois manières de découvrit la volonté de Dieu dans ce cas particulier ; il les appelle : ‘* Trois temps favorables pour faire en chacun d'eux une saïîne et bonne Élection. ”
1) ‘* Le premier temps est lorsque Dieu Notre: Seigneur excite et attire tellement la volonté que; sans douter, ni pouvoir douter, l'âme dévote prend la route qui lui a été assignée. Ainsi firent S. Paul et S. Matthieu, en suivant Notre-Seigneuf Jésus-Christ. La raison est celle que donne S Ignace, dans la deuxième règle du discernement des esprits pour la deuxième semaine : ” Il ap: partient à Dieu Notre-Seigneur seul de donner à une âme la consolation, sans qu'une cause di précédé, c'est-à-dire sans que l'esprit et les sens aient été frappés d'aucun objet par lequel une telle consolation aurait pu arriver à l'âme a moyen des actes de son entendement et de sa vo lonté ; car c'est le propre du Créateur d'entref dans sa créature, d'en sortir, de produire üf mouvement au fond de l'âme, l'attirant toute l'amour de sa Divine Majesté. ‘
Dans ce premier temps, l'homme n'intervient pas personnellement pour connaître la volonté divine; tout est fait par Dieu, alors même que
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l'homme se trouverait dans les dispositions les moins propices pour recevoir les divines inspirations, comme on le voit dans les deux exemples apportés par S. Ignace, de S. Matthieu dans l'exercice de sa profession de percepteur, et de S. Paul au moment même où il persécutait les disciples du Christ et le Christ lui-même, dans ses
membres. Dieu opère dans l'âme en maître ab-
solu, sans qu'il soit possible même à celle-ci de douter de la volonté de Dieu, manifestée et intimée avec autorité.
Comme exemple d'élection faite dans ce premier temps, on pourrait citer le cas du P. Martin Olave, d'après la narration du P. Ribadeneira (1) ‘“ Le docteur éprouvait, raconte-t-il, des doutes et des perplexités au sujet de son voyage aux Indes : et il commença à se demander sil ne ferait pas mieux d'entrer dans quelque Ordre religieux, où son zèle pourrait s'employer plus utilement, sous la direction de la sainte obéissance.
# Pour décider ce point, il se retira pendant le carême de 1552, dans un monastère situé dans une île du lac de Garde, site recueilli, très paisible, et très propice à la méditation. Là, il suppliait Dieu, par beaucoup de prières et de pénitences, de lui manifester sa volonté sur le genre
(1) Astrain, ibid. p. 565.
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de vie qu'il devait suivre, Bientôt, le docteur comprit que Dieu l'appelait à la vie religieuse, mais dans quel Ordre ? Ici les doutes redoublèrent. [l semblait à Olave qu'il se sentait prêt à vivre dans n'importe quel Ordre ; cependant Ia Compagnie n'entrait pas en ligne de compte, Il Soffraii à Dieu pour embrasser n'importe quel Fastitut, maïs il exceptait toujours la Compagnie, Dans cet état, son esprit ne trouvait pas la lu mMmière, ni son cœur le repos. Un jour passait, puis un autre ; tout le carême passa, et les perplexités ne s'évanouissaient pas,
‘’Arriva le jour de Pâques : Olave commence le saint sacrifice de la messe ; arrivé à la communion, il demande avec ardeur au Seigneur qu'il tenait dans ses mains, de daïgner lui mon trer dans quel Ordre il devrait le servir, À ce moment, comme si on lui transperçait le cœur d'un dard, il sentit en lui-même que Dieu le vou: lait précisément dans l'Ordre qu'il avait toujours excepté. Et si claire fut la volonté divine, qué sur-le-champ, il fit vœu d'entrer dans la Com: pagnie, Trois jours après, prenant la plume, il écrivait ces mots au P, Polanco : Je suis tout autre, par la grâce du Seigneur, que je n'étais, quand je répondis à votre lettre. Seule la droite du Très-Haut a pu opérer ce changement.
Venons-en maïntenant au deuxième temps. Le deuxième temps est celui où l'en trouve “ l'afflu-
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ence de lumières et de connaissances que donne l'expérience des consolations et des désolations et celle du discernement des divers esprits.
Quatre agents différents interviennent dans cette manière de connaître la volonté divine : Dieu, le bon ange, le mauvais esprit et l'homme luimême, Les deux premiers concourent par leurs consolations ; le mauvais ange opère en provoquant la désolation et parfois aussi la consolation ; l'homme reçoit les unes et les autres et leur applique les règles du discernement des esprits.
C'est de cette manière que S, François de Borgia semble avoir été appelé à la Compagnie.
Voici le récit que, d'après le P. Nieremberg, ce Saint en aurait fait, lors de la conférence qu'il eut à Yuste avec l'empereur Charles-Quint, Il s'exprime ainsi : “ Désireux de trouver l'endroit et la manière de vivre dans un Ordre religieux où se pourrait réaliser avec plus de perfection mon but, je suppliai Dieu Notre-Seigneur qu'il m'enseignât quel état de vie et quel Ordre religieux me convenait le mieux, et où je pourrais le suivre de la manière la plus agréable à son éternelle Bonté. Afin de mieux me disposer à connaître sa divine volonté, j'employai de ma part tous les moyens que je pensais devoir être les plus efficaces : oraisons, aumônes, saints sacrifices de la messe offerts par beaucoup de serviteurs de Dieu à mon intention.
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