‹ Analyse des gaz combustibles et des gaz de combustions - Étude de la combustion du benzol dans les moteursChapitre 20 sur 40 · DOSAGE DE L'OXYGÈNE · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L'OXYGÈNE

D'après ce qui précède (p. 17 et suiv.), les moyens les mieux indiqués pour absorber l'oxygène, dans le genre d'analyses qui nous intéresse, se résument à trois :

1° Absorption par le phosphore;

2° Absorption par le pyrogallol;

3° Absorption par l’hydrosulfite de soude.

Le premier procédé ne permet pas d’absorber l'oxygène dans un mélange qui en contient plus de 60 pour 100, et, par suite, ne peut être employé dans les analyses où l’on fera la combustion du mélange CO, H?, CH‘, N? au moyen de l'oxygène pur; puisqu'après avoir déterminé la contraction, et l’acide carbonique provenant de la combustion, on doit absorber l’oxygène en excès pour permettre de calculer la quantité de ces gaz, et que le résidu de la combustion contient dans la plupart des cas plus de 60 pour 100 d'oxygène, on ne pourra pas l'absorber par le phosphore (I).

Le pyrogallol permet d’absorber très rapidement l'oxygène à toutes les concentrations; mais ce réactif possède le grave inconvénient de donner lieu à une formation d'oxyde de carbone. Il est vrai qu'avec de certaines concentrations d’acide pyrogallique et de potasse, il ne se forme pas de ce gaz, mais alors la puissance d'absorption des solutions est très faible; de plus, ces solutions sont très coûteuses.

L'hydrosulfite de soude a, sur le phosphore, l’avantage d’absorber l'oxygène à toutes les concentrations, de ne pas être

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influencé par la présence de gaz tels que l'éthylène ou l'acétylène, et il ne possède pas, comme le pyrogallol, l'inconvénient de donner de l’oxyde de carbone. En outre, il est extrêmement bon marché.

En résumé, je trouve qu'aussi bien pour les analyses industrielles que pour les analyses scientifiques, il est préférable d'absorber la majeure partie de l'oxygène par un peu d'hydrosulfite de soude et les dernières traces par lavage avec le pyrogallate de potasse.

Pour la recherche de traces de ce gaz, on ne peut utiliser que le phosphore ou le pyrogallol. Le premier émet des fumées blanches en sa présence, tandis que le deuxième se colore en brun plus ou moins foncé.

Le premier réactif ne peut être utilisé pour l’analyse volumétrique, mais seulement pour rechercher ou pour éliminer l'oxygène d’un courant gazeux. J’ai trouvé que l’apparition des fumées est encore sensible avec 0,03 pour 100 d'oxygène, tandis que, par la coloration que prend le pyrogallol, on en peut déceler 0,015 à 0,02 pour 100.

Pour employer ce dernier procédé, il faut opérer de la façon suivante : le gaz est introduit dans une burette de BUNTE qu’on lave intérieurement avec quelques centimètres cubes d'eau distillée récemment bouillie. On dissout dans une capsule une petite quantité de pyrogallol avec un peu d’eau privée d'air, et on introduit la solution dans la burette par le robinet inférieur; par le petit entonnoir de l'appareil, on y fait entrer 1 ou 2 centimètres cubes d’une solution de potasse, elle aussi, bien exempte d'air par ébullition, et on agite. La moindre trace d'oxygène s’accuse par suite de la coloration que prend la solution. Il est aussi recommandable de se servir, pour ces manipulations, d’eau bouillie et conservée sous l'acide carbonique, afin d'éviter l’absorption de l'air.

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