DOSAGE DES CARBURES NON SATURÉS
Dans une analyse complète, le dosage exact de ces gaz a une très grosse influence sur la détermination des autres constituants.
PTT CS
En effet, si la benzine, l'éthylène ou l’acéthylène ne sont pas totalement absorbés, lorsqu'on fera la combustion du mélange oxyde de carbone, hydrogène, méthane, l'acide carbonique et la contraction formés ne correspondent plus à CO, H?, CH seulement, mais en même temps au carbure non saturé ayant échappé à l'absorption; il en résulte donc que l'analyse est complètement fausse et les erreurs peuvent être très grandes.
Il est donc de la plus haute importance de posséder un bon procédé d'absorption de ces gaz.
Les deux principaux procédés sont :
1° Emploi de l’eau de brome:
2° Emploi de l'acide sulfurique fumant.
J'ai déjà dit que les avis sur la valeur de l’eau de brome étaient très partagés; J'ai donc repris l'étude de ce moyen d'absorption.
En faisant comparativement l'analyse d'un même gaz avec trois procédés différents, à l'aide d’une burette de Bunre, j'ai trouvé avec:
Eau de brome Acide sulfurique fumant Acide nitrique 5,63 6,60 6,38 5,67 6,62 6,40 pour 100
de gaz absorbables, en agitant cinq minutes, avec 20 centimètres cubes de chaque réactif, 100 centimètres cubes du gaz àanalyser. Avec un autre gaz, J'ai trouvé :
Eau de brome Acide sulfurique fumant Acide nitrique 6,38 7,70 7,63 6,41 7,7 7,60
En analysant un mélange de benzol et d’air, avec l’eau de brome et l'acide sulfurique fumant, j'ai trouvé avec une burette de BUNTE :
Eau de brome Acide sulfurique fumant 2,8 4,8 2,9 4,8 350 4,8 pour 100
de vapeur de benzine, en agitant cinq minutes avec 20 centimètres cubes de chaque réactif.
Un mélange de vapeur de benzine et d'hydrogène analysé avec l'eau de brome, l'acide sulfurique fumant et l'acide nitrique, contient :
Eau de brome
1,70 0/0 de C6 H, après cinq minutes d’agitation
2,70 0/0 —— quinze — — Acide sulfurique fumant Acide nitrique 4,60 4,02 4,60 4,50
Ces essais, parfaitement d'accord avec ceux de Winkcer!, montrent que l'absorption du benzol par l’eau de brome est très mauvaise.
J'ai effectué un grand nombre d'analyses de ce genre, et après l'absorption par l’eau de brome, avec la burette de BuNreE, j'ai toujours constaté, qualitativement, la présence du benzol dans le gaz résiduel, soit en l’absorbant à l’aide de l'acide nitrique et en reconnaissant l'odeur de la nitrobenzine, soit en faisant brûler le gaz qui donnait une flamme plus ou moins éclairante.
KorBucy ayant trouvé que l'absorption était totale en employant des pipettes de HeupeL avec l’eau de brome contenant un excès de ce dernier, J'ai contrôlé ses essais en opérant comme il indiquait; pour vérifier l’absorplion totale du benzol dans son mélange avec l’air, je dosais ce carbure dans le produit final de l'absorption en le brülant avec l’air sous l'influence de la spirale de platine incandescente.
Un volume de vapeurs de benzine exige sept fois et demi son volume d'oxygène pour être totalement oxydée en acide carbonique et eau. Après combustion, il y a six volumes de CO? formés. Après absorption de ce gaz par la potasse, la contraction observée sera donc égale au volume de benzine plus sept fois et demie son volume d'oxygène, c’est-à-dire, huit fois et demie le
1 Winkler, Zeitschrift fur analytische Chemie, t. 28, p. 269.
pe
volume de la benzine. Donc, la contraction trouvée, divisée par 8,5 donne la proportion de vapeur de benzol.
On voit donc que o cc. 1 de benzol est accusé par une diminution de volume de o ce. 85 après lavage à la potasse. Il est donc aisé de reconnaître, et avec précision, s'il reste encore du benzol non absorbé par l’eau de brome ou un autre réactif.
Voici quelques analyses d'un mélange de vapeurs de benzol et d’air faites avec de l’eau de brome contenant un excès de ce ce dernier, en opérant avec une pipette à boules de Hempez :
Volume du mélange benzol-air . 80,8 86,5 90,4 92,39 Volume après absorption par
Reste brome. 270 0 78,4 84,1 87,1 89,2 Volume après combustion et la-
vage par la potasse : : . . 76,7 82,8 84,6 88,3 Benzine non absorbée . , . . occ.2 occ 152 occ.294 o cc. 106
Ceci montre incontestablement que, même en agitant le mélange benzol et air avec l'eau de brome contenant même un excès de ce dernier, l’absorption est incomplète.
Il est donc maintenant certain que le dosage des vapeurs de benzine dans un gaz avec de l’eau de brome, et surtout dans une burette de BunTE, donne des résultats sans valeur, et que la détermination de l’éthylène et du benzol dans un mélange d’après le procédé de Hager! doit être précédée d'une absorption de ces gaz par l'acide sulfurique fumant.
Pas une seule fois, sur une centaine d'expériences que j'ai faites, je n'ai pu constater l'absorption complète par le brome; au contraire, par l'acide sulfurique fumant, elle l'a toujours été.
J'ai, par contre, constaté que l'absorption de l'éthylène ou de l’acétylène par l’eau de brome était toujours complète et plus rapide qu'avec l'acide sulfurique fumant.
J'ai trouvé aussi que l'acide sulfurique à 66 degrés Baumé, activé par 1 pour 100 d'acide vanadique, d'après LEeBEAU et Damens!, donnait des résultats aussi rapidement que l’eau de brome pour le dosage de l’éthylène et de l’acétylène, et aussi complets que l'acide fumant pour la benzine.
1 Haber, Journal für Gasbeleuchtung, 1899, p. 697. 2 Lebeau et Damiens, Bulletin Société Chimique de Paris, 1913, p. 560.
je PE
En résumé, le meilleur moyen de déterminer la somme des carbures non saturés dans un gaz d'éclairage ou un gaz de combustion est de les absorber par l'acide sulfurique fumant à 15 pour 100 d'S0', en agitant pendant quatre ou cinq minutes avec quelques centimètres cubes de réactif.
Pour la séparation de C? H°? et de CH de CS Cf, il n’y a rien à ajouter à ce que j'ai dit page 24.