‹ Analyse grammaticale raisonée de différens textes anciens égyptiensChapitre 16 sur 18 · PRIMITIF · texte numérisé non relu

PRIMITIF

^ p5> I (en hiérogl. id.) j faciès^ vultus.

DÉRIvés.

E^pB. (théb. ^p*', en hiérog. iV/,), en face ^ face à face ^ c'està-dire OA^ec^ par analogie, et^ in, ad y etc.

B^ DM E^OIS 9 (en hiérog. hra. y le caractère une tête, pour initiale fUttéraiei^ent en face de ma tête, c'est-à-dire au-dessus.

B^pM Eps-nr ^ (en hier, hra, le caractère un siège pour initiale), litt. en face de nies pieds y c'est-à-dire au^essous.

C^DM H^H^^ (en hiérog. hra, accompagné de l'image du Câ?i^r),

litt. en face de mon cœur y c'est-à-dire in, intery dedans y cm milieu^ etc.

J'ai voulu signaler ici ce procédé généalogique des idées, parce que l'étude des textes hiéroglyphiques m'a démontré que les anciens Égyptiens sont arrivés de cette manière à donner à certains mots des significations qu'on serait quelquefois loin de leur attribuer, à Taide seulement de la comparaison rigoureuse des acceptions sous lesquelles on les trouve employés dans les textes coptes.

(H, I, 6.) Ce groupe hiéroglyphique tel qu'on le voit ici parait encore cinq ou six fois dans le courant du texte que nous analysons : on y voit bien plus souvent employé le signe isolé la corheiUe qui en forme la seconde partie *. L'analyse que je vais en donner expliquera ces difierens passages à la fois.

Notre groupe est moitié phonétique et moitié symbolique : Je sens de la partie phonétique kht ou khet ne peut devenir l'objet du moindre doute , puisque son analogie avec le copte yxrj ou VL^rx 9

* GilignetU, iq;VO»48| Vtll» tO| siS, 3t, 3a,3Ss K, i?! ^; XySi;XI,a3 etc.

( «tO

autre, alius, alter, reliquus, est parfaite. Il n'existe de différence entre les deux formes que lorsqu'elles sont employées au pluriel. La forme copte devient KE^ (alia) , tandis que la foiTue égyptienne conserve toujours son orthographe kht inaltérable, et ne devient plurielle que parce qu'elle précède un nom de ce nombre : j'aurai roocasion bientôt d'en citer des exemples.

Le mot KHBT se liait avec le signe tropique la corbeille (tout, tous) , presque comme avec un déterminatif. Ici il devient nécessaire d'exposer d'abord les motifs pour lesquels j'assigne h cette corbeille la signification de tout ou tous , d'autant plus que c'est là le sens que je lui ai prêté dans les nombreux passages de notre inscription , précédemment cités y oii elle a été employée isolément.

Il est presque inutile d'avertir qu'il n'est pas permis de douter de la nature de l'objet que représente le signe en question : tel que nous le voyons tracé ici , il représente la forn(ie linéaire de l'hiéroglyphe une corbeille tressée en jopcs de couleurs variées (54 , 41) qu'on voit parmi les inscriptions sculptées en grand sur les édifices. Il se prononçait NÎB, nEB ou NEV| ct sa signification primitive fut celle de sei-gneur, maître ^ dominus. Quant à sa prononciation , elle est indubitable : elle est prouvée d'abord par les variantes de l'expression hiéroglyphique du nom de la déesse Nephthjrs, écrit tantôt d'une manière phonétique et en toutes lettres nebti (déesse) (55, 41)} tantôt d'une manière tropico-figurative , comme au n** 56, 41 [I& corbeille, neb, et Je caractère idéo-graphique une maison, thi (le copte ^5, ^H ^ *t PS^ demeurey\. Mais j'en ai cité une preuve bien plus authentique à la page io4 de ma Campagne de Bhamsês^le^ Grand : elle est tirée de l'orthographe hiéroglyphique du nom du tombeau public de Thèbes. On lit le nom de ce tombeau dans Vantigraphon d'un contrat égyptien que le docteur Young a publié en Angleterre; il est exprimé en lettres grecques par 3uya6ouvouv : dans le texte démotique de ce contrat le même nom est exprimé en toutes lettres par les signes n* 57 , 41 9 T-nt if-NEB-oUNN. Les inscriptions hiéroglyphiques qui couvrent le vaste tombeau dont il s'agit nous offrent une transcription hiéroglyphique exacte (58 , 41) de son nom , tel que le contrat Casati et Yantigra^ phon de Gray nous l'ont fait connaître : seulement on remarquera

( "3) dans cette transcription que le signe une corbeille reniplace le nb démotique et le vaS grec. Maintenant , quant à la signification de ce mot inEB, sans tenir compte de son identité avec le copte ttR&y seigneur y maiire , etc. , les variantes des textes hiéroglyphiques nous en offrent d'elles-mêmes la preuve. Lepap. R. T. m'a offert au chap. 5, i'* sect. (I** part. ) , Timage d'un sphinx mâle (Sg , 41) ^ la place de la corbeille, nbb; j ai observé en outre que les textes en écriture hiératique remplacent toujours le caractère un sphinx par la forme hiératique (6o , 41) de la corbeille en question : ce remplacement ne pouvait avoir lieu que par suite d'une identité de signification dans les deux caractères. Or, un passage de Clément d'Alexandrie * nous atteste formellement que le sphinx était pour les Égyptiens le symbole, soit de \a/brce (aAx%)^ soit de la puissance ou domination (xpocTOç).

Le caractère une corbeille , nîb, en copte !KK&, seigneur , dominusj n exprime dans les textes cette dernière idée que lorsqu'il est suivi d'un autre nom ; toutes les fois qu'il est employé â la suite d'un nom , il devient adjectif ^^, il signifie tout, toute , tous. C'est tout-à-fait le cas du copte ttH& , seigneur, qui, prenant en thébain la forme de i^SJtst , en memphitique celle de ns&tK^ en baschmourique celle de îlS&S 9 ^^ employé de la même manière, signifie aussi tout, toute, tous.

Maintenant la signification particulière du caractère la corbeille une fois établie , il est aisé de comprendre comment il a pu être employé en union ou h la suite de notre mot khbt , alius , alia : le groupe n"" 6 de la ligne I que nous analysons n'exprime donc autre chose que la phrase suivante cdia omnia, tout autre chose. C'est une véritable expression hiéroglyphique de notre et cœtera, expression que Champollion a cru reconnaître dans un autre groupe, auquel j'ai cru de mon côté pouvoir attribuer une autre signification

^ Stromat, lib. V.

^ On ne manquera pas de rencontrer dans les textes des exemples dn caractère la eorbeilie employé' dans Facception d^adjectif, nonobstant qn^il soit placé devant nn nom plutôt (jn^après ; mais cette anomalie comme d'autres semblables est due à une idée de respect en rapport arec Fidée de mai/ré^ seigneur, dont la coibeille était primitiTement le signe tropique.

**^ Voir ma Première Lettre sur les principales expressions qui servent à la notation des dates sur les monumens de C ancienne Egypte, etc. , pages aS» 27.

Si telle est l'aGception du mot khbt, loi*squ4l est employé en union avec la corbeille neb , tout^ il est nécessaire de bien la distinguer de celle qu'il prend lorsqu'il est usité isolément : il donne origine y dans ce dernier cas , à une espèce de forme de pluriel^ pour ainsi dire indéterminé ou vague. En effet , les variantes des divers exemplaires du Rituel funéraire me l'ont offert plusieurs fois à la place des marques figuratwes du pluriel (cf. supra) : tel est entre autres le cas de l'expression tropique ne noute (6i , 41) } l^s dieux ^ a la sect. m* (!'• partie) , (papyrus T. I.) , que le pap. R. T. remplace par l'orthographe khet (noutbJ (6a ^ 41)* L^ mot kuet a été quelquefois écrit par ahrcgé au moyen de la seule initiale kh (cf. 65 , 41) ; 1^ p^^p* R. T. m'a offert cette abréviation soit au chap. 9, soit au chap. 10 de la sect. X (II' partie) , là où le pap. R. C. fait usage de la forme ordinaire KHET (64^ 41)* Cette abréviation nous rappelle le copte Kî, orthographe la plus usitée du mot ^ET ou vxn , que j'ai précédemment cité.

Il y a plus : ce n'est pas seulement le mot khet qui, employé isolément , sert à exprimer un pluriel indéterminé ou vague ; sa compagne habituelle, la corbeille elle-même, qui n'exprime d'ordinaire que les idées maître ou tout , sert aussi quelquefois à dénoter un véritable pluriel vague. Tel est, par exemple, le cas de la phrase suivante , qu'on rencontre parmi les inscriptions de la paroi nord du palais de Medinet-habou : (65^ 41) souten djot-f en (oeri)-hb-(fieb) en (màtoi), etc. , le Roi dit aux chefs commandons des fantassins ^ etc. C'est ainsi que les divers exemplaires du Rituel funéraire offrent quelquefois le caractère une corbeille à la place du groupe 66 , 41 , [V image de deux indindus^ mâle et femme , suivie des marques figuratives du pluriel), hommes et femmes^ autre expression non moins usitée que toutes celles dont j'ai précédemment parlé, pour dénoter le pluriel vague ou indéterminé *•

* Elle est untce ordinairement pour dénoter le plnriel des noms qoi rappellent Vlàét hêtres animés. Cette nouvelle forme de pluriel que je me contente ici d^indiquer en passant doit être ijontée, ainsi qnVme partie des antres formes que j^ai en occasion d'expliquer , \ toutes celles qn''on trouTe enregistrées dans la Grammaire hiérogljrpht'que de ChampollioB.

(H, ly 7*) ^6 groupe hiéroglyphique doit être grammaticalement séparé en deux parties bien distinctes , le mot schÎsgh conferriy et le pronom affixe de la troisième personne du pluriel SBiv eux, par lequd ce mot se termine. Je compare la racine égyptienne sghîscb à la racine copte ajCUa|[ » qui a la forme passive c^Hoj ( schîsch ) , a la signification de con^^enir^ consentir j etc. (par analogie conferre^ accorder). Notre texte fait mention dans la partie précédemment expliquée de dons faits en or^ argent^ blé, etc. ; ces dons, est-il dit maintenant, sont conférés ou accordés au temple dApis. Ainsi, à part même l'analogie du copte ajKa$9 il est impossible, d'après le sens général de la phrase dans laquelle il figure , de ne pas reconnaître dans notre mot SCHÎSGH la signification ai accorder, conférer, etc., ou une signification analogue. Au reste , la traduction grecque du passage dont il s*agit ici emploie une expression tout-a-fait semblable , xopnyyyroEç, ce; âturo^uceou etc., conferens in ipsum (Apieïum) auri, etc.

Je me hâte de passer au pronom affixe, sen, que j'ai dit être celui de la troisième personne du pluriel. On reconnaîtra ce même pronom plusieurs autres fois dans le courant de notre texte égyptien ^ ; je tâcherai d'expliquer ici une fois pour toutes les différens cas de son emploi. Mais il m'est impossible de placer dans son véritable jour la question de cette forme grammaticale sen, sans exposer la théorie générale des pronoms égyptiens.

Dans le copte , il existe deux classes de pronoms bien distincts quant à leur forme : les uns sont employés toujours isolément , les autres en qualité à'affixes. Les pronoms isolés sont les plus généralenîent usités, ils représentent à eux seuls le sujet de la proposition» Ce sont les suivans :

&hK ou £>noK. • . moi. . . . 5hî^ ou 5î^0l^. • . . nous.

KnrK ou inoK . . toi. . . . K^ainr^K vous.

hTOq lui. ... hT:00Y i^ ou elles.

KnrOC elle.

* Voir lignes UI , 8; VUI, 17, $9; IX, fa; X, 99» etc.

( "6) L'emploi des pronoms affixes est beaucoup moins fréquent : les textes coptes n'en offrent d'exemple qrfe pour un petit nombre de mots. La forme de ces pronoms consiste presque toujours dans une seule lettre , k Tinstar des pronoms affixes de la langiie arabe ou hébraïque. Voilà le tableau de ces formes pronominales et leurs variantes.

S (var. ^) moù

K foï(ma8C.).

£. (var. te) toi(fém.). ^ Singulier.

« Ivi.

C elle.

1\. (var. tK, nnE,K) . . • nous.

t:K, t:ek (var. tet:«) , "vous. \ Pluriel.

OT (var. ce) ilsovLelles.

La Grammaire hiéroglyphique de Champollion nous donne de même la forme de deux classes de pronoms comme existant dans l'ancienne langue égyptienne. Parmi cqs pronoms aussi, les uns sont isolés, les autres sont affixes j les diverses formes de pronoms coptesque je viens de mettre sous les yeux ne paraissent être qu'une transcription exacte des formes hiéroglyphiques découvertes par Champollion , dont voici la lecture : (cf. les deux tableaux des pronoms égyptiens , et leurs principales variantes , d'après la Grammaire hiéroglyphique , k la planche 42 ^•

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