ALPHABET HIÉROGLYPHIQUE
(Cf. les numéros d'ordre eorrespondans dans les planches A, B, C, etc. .^)
(1) A. \ oiv Ir Lettre à M. Dacier *^ ( i et a variantes calligraphiques linéaires). Ce caractère représeute un épenfier, si les dessinateurs n'ont pas confondu cet oiseau avec Y aigle. Quelquefois il a la valeur de B (cf. infra) .
(3) Ay o. Ce caractère représente un aigle, en langue égyptienne et copte AHÔM , AKHÔM. Voir la Lettre à M. Dacier. ( i et 3 var. calligraph. linéaires.)
(5) A^ E. Caractère représentant une poule (en copte ^p^z^ai } ,
ou un oiseau quelconque , opvd^cov , Ep:^ • Lettre à M. Dacier ( i var. calligi*aph. linéaire).
* Afin de preTcnir toate espèce de confnsion dans les citations, soit des planches numérotées de cette manière, soit des antres ^i les suivent, numérotées arec des chiffres arabes, H faut faire attention qoe, qnant aux planches A , B , G, etc. , on n'a fait nsage des fermes nnmériqnes carrées i , 2,5, etc., que pour rappeler le numéro dVrdie de chaque signe hiéroglyphique phonétique dans leur série : quant aux planches notées avec le chiffre arabe , on a (ait nsage des formes numériques susdites pour citer le numéro d^ordre des pbnches mêmes. Dans tout autre cas, soit pour citer les groupes qui se rapportent particulièrement à tel ou tel autre parmi les hiéroglyphes qui font partie de notre série de caractères phonétiques , soit pour citer les groupes qui entrent dans lé cadre particulier de chaque planche notée arec chiffre arabe , on a toujours fait ustge des formes ordinaires i , a, 3 , etc.
**' Tai cni pouToir m'abstenir de citer les faits particuliers sur lesquels repose la yaleur indiriduelle des signes phonétiques de notre série qui font partie de Palphabet hiéroglyphique étaUi dans la L^Ure a M. Daeier, L'autorité irrécusable des faits rapportés dans cette Lettre rend superflue toute antre Justification.
(4) A, E, o. Caractère représentant un jonc ^ en copte 2.KE , OKt. Voir Lettre à M. Dacier.
(5) A, o^ ô. Caractère représ^itaait un bras : il répond exactement à l'N et au J^ des Hébreux. Voir Lettre à M. Dacier.
(6) A. Même caractère que le précédent en union avec l'image d'un casse-tête , la plus ancienne des armes égyptiennes , comme le montrent les bas-reliefs historiques de Beni-Hassan. Ce caractère , qu'on a employé dans les noms propres étrangers pour exprimer aussi les sons Yi et eu (cf. Lettre à M. Dacier) , se rencontre rarement dans l'expression hiéroglyphique des mots égyptiens en qualité de ÛQne phonétique .
(7) o, ô. Ex. : ANTONiNS (i) , uom propre de l'empereur Antonin à Denderah : la première variante calligraphique de ce signe nous est offerte par le même nom tel qu'il est tracé sur les monumens d'Esneh {cï. Monumenti delF Egitto , etc., publiés par M. Rosellini, Mon. stor.f pi. xxviii, 13 b du vol. a). La seconde entre dans l'expression du titre impérial autocrator, oùroxparcop , donné« sur les monumem de Denderah, à l'empereur Domitien. Cf. Sait, Essajr, e^c, pi. ii, n** 17*
(8) 0,0, 00. Groupe qui a quelque ressemblance avec le précédent et qui parait même en être la forme primitive : il fait partie du nom d'Antinous (antinoos ou antinos) (i) sculpté sur Tobélisque du Monte PinciOy dit Barberini.
(9) o, ô. Caractère représentant un nœud de corde (cf. Monumenti deir Egitto^ etc. \^Mon. ciçf., pi. xlïii, i.])- Voir Lettre à M. Dacier ( i et 2 var. callig. linéaires),
(10) A, ô. Ex. : OM (kah) (a). Nom d'une région mythique, au chap. 9 (II* part., x' sect.) pap. T. I ; (3) var. du pap. R. C.
(11) A. Voir Lettre à M. Dacier (i var. callig. linéaire). Ce signe représente un morceau de viande , puisque dans les listes de. noms d'offrandes il sert souvent de déterminatif au mot ab'(2), qui e«t le
copte &fi , 5^q^ viande.
(12) ô, o, A, î. ( I et a var. calligraph. linéaires) : n* 5 et 4 variantes très-usitées , sur les. -moDumejis de toute espèce 1 du nom de HAP , HAPi , AiTEcç , par lequel on désigne le second des quatre génies desmortft« Ce caractèrene parait être qu'une forme linéaire de l'image d'une espèce de niveau (n° 5) , qui en égyptien recevait le nom de, îpi
(7) ouèpi 1 oon^ftrable au o^pte cun 9 tJSï(\ (aa passif Kir^) 9 numerare,
reputarCy rependere, etc.
(15) i> t- Voir Lettre à M. Dacier.
(14) A , I. 'Voir Leiire à M. Dacier.
-(15) A, Ce caractëre représente un irait ou javelot : il fait partie du nom au lion j labO'(i)^ tel qu'on le lit au-dessus de l'image de ce quadrupède publiée k la planche xlvvii, i {Mon. ciV. ^ des Monumenti deïV Egitio , etc. Le mot labo est comparable
au ?<g.6o ou >.2>&OS copte (le IVlh des Hébreux et le tyj des Arabes),
qui désigne la lionne , et, suivant Akerblad {Nouveau journal asia^ tique y avril i834)i le lion aussi.
(16) A. Caractère représentant une tige : i et 2 variantes du nom du dieu Anubis, en égyptien anp (lege anepo) (inscriptions du tom* beau de Rhamsès V dans la vallée de Biban-el-Molouk. )
(17) A, E, (i var. calligr. ). Tige avec la fleur d'une espèce de lotus : ( :a et 3 ) variantes du mot eau^ abu^ dans les inscriptions du tombeau de Abamsès V.
(18) A, E, ou, u. Ex. : AH ouEH ^1). C'cst T&^E OU t^E des Coptes,
qui dénote le bœuf on taureau; en effets l'image de ce quadrupède sert de déterminaiif au mot cité ( Inscriptions d'un mur du palais de Kamak relatives aux conquêtes de Tboutmosis III ^ au Louvre). J'ai assigné à ce caractère la valeur aussi de oyou u d'après les exemples qu'on va lire dans Tarticle suivant (19)-
(49) o, ou^ u. Caractère représentant un lièvre. Champollion attri* hua d'abord à ce signe la valeur d'un s, mais j'ai déjà eu occasion de démontrer, d'après Torthographe hiéroglyphique du nom de la nécro* pôle de Tbèbes, duva&uvouv, tel qu'on le lit dans VAntigraphon de Gray, et tel que la commission franco-toscane en Egypte l'a trouvé transcrit sur les monumens qui restent sur l'emplacement de la né^ cropole même (cf. ma Campagne de Sésostris, etc., pag. ^19, seqq.), j'ai démontré, dis-je^ qu'il n'a pu avoir d'autre valeur phonétique que celle de ou ^ u ou o. Les variantes suivantes en sont une nouvelle preuve : oun. t (i)^ a,u cbap. ^2 (U* partie, i'* sect. ) , pap. R. C; (a) var, du pap. T. L et alibi. Ce mot est la transcription hiéroglyphique du copte OY^OY • 7( , heure; c'est pour cela que le pap. T. 1. (s) ajoute
(8) les déiermincuifs génériques des mots exprimant une division quelconque du tems ^ une étoile et le soleil.
(20) ^^9 ^* C'est la nasale a des Arabes. Ce caractère exprime la
voyelle an dans le nom de Tempereur Antonin, AifTONiNS, déjà cité au n° 7 , et trouvé sur les monumens d'Esneh. Au Typhonium de Denderah^ dans l'orthographe du même nom impérial^ notre caractère ne parait exprimer que la voyelle a; cf. antonîns (4). Souvent, dans l'orthographe des noms propres étrangers mêmes , cette image de IW/ humain, ou ses variantes , n'est employée que comme déterminatif àe la syllabe an : on n'a qu'à comparer le nom du favori d'Hadrien y Antinous , tel que nous l'avons déjà cité au n"* 8* U parait que AN fut le nom de cette espèce à'oeil ou image dœil (cf. IWZseul n** 4g) : le Rituel gnostique du musée de Leyde (col. IX et X) m'a offert la forme hiératique et démotiqiie (5) de notre caractère toujours transcrite par la syllabe grecque av. Les n°* 1^2, 5 , sont des variantes calligraphiques.
(21) A, o. Ex. ; OG (i) mot qui se lit au chap. 5 (I'" partie, sect.i .), et au chap. 17 {ib.) papyrus R. P. : le papyrus R. T. porte aux mêmes endroits la variante n"" 2. Dans les exemplaires hiératiques du Rituel, notre caractère est toujours remplacé, soit par la forme hiératique du bras (cf. suprà 50> ^^^* P*^ '^^ signes 3, 4> 5, qui sont les formes hiératiques de V hiéroglyphe précédent, t aigle (cf. suprà 2.).
(22) A, E, î, I. Ex. : SEBÎ (i), variante orthographique du nom égyptien du chacal inscrit au-dessus de l'image même de Tanimal. Elle a été copiée par la commission franco-toscane, parmi d'autres variantes du même nom , dans les peintures des tombeaux de Memphis, de l'Eptanomide et de la Thébaïde. D'après la valeiir fixe des autres élémens qui composent ce nom , il ne peut être lu que SEsi , qui est en effet l'hébreu UNT, dérivé lui-même de la racine copte CCI\& , cfecipere , callidus esse. Mais la valeur phonétique du signe en question ( une enseigne surmontée dune flamme) est mise hors de doute par l'orthographe hiératique (2) du nom hiéroglyphique de la ville d'Abydos , tel qu'on le trouve sur tous les monumens qui lui appartiennent (3), et tel qu'on le lit , avec une transcription grecque interlinéaire , dans le Rituel gnostique du musée de Leyde, à la page 8, lig. 7. D'après la valeur assignée au signe f enseigne , on devrait lire ce nom
(9) paf.EBOT ou ABOT (kàh) , Abydos (ville) ^ et en effet la transcription grecque porte aSor. Au reste , la valeur phonétique du caractère en question paraît se rattacher à sa valeur primitive symbolique : il sert très-souvent dans les textes de toute espèce à rappeler l'idée d'orient^ en égyptien ESE&nr, SE&nr.
(25) A, E, I, î. (5) Variante avec le déterminatif ^g^c^ro/j^ du même nom du chacal (sebî, sbb)^ cité précédemment (n^ 22) et copiée dans les mêmes endroits. Les variantes calligraphiques de ce caractère, notées i et a, se rencontrent à chaque pas sur les monu* mens de toute espèce : la dernière parait représenter soit un maillet [cf. Monumenti deir Egitto {Mon. civ.) pi. XLV^^^ç.], soit une espèce d'instrument qu'on voit quelquefois entre les mains des personnages de distinction ou des fonctionnaires publics figurés sur les monumens (cf. les vignettes du papyrus hiéroglyphique appartenant au déf. Amenhemwa, préposé à la maison du roi à Thèhes^ au cabinet des antiques).
(24 et 25) A f E. Ce caractère complexe , si Ton remarque surtout sa forme pure (i) que le papyrus T. I. nous a fourni au chap. i5 (II* partie, sect. i), parait être une variante calligraphique du signe précédent , n* 22* Quant à sa valeur phonétique , elle lui est sans doute identique : que l'on compare l'orthographe :2 et 5 du mot abot cité sous le numéro d'ordre susdit (22) » avec notre n^ 2 et 3 qu'offre le papyrus T. 1. à l'endroit précité, et le papyrus T. C. au chap. 8. (IP Partie, sect. x). Le T. K. remplace dans tous ces cas le signe n® 24 par l'hiéroglyphe n*" 25 > dont on vient de découvrir la valeur a, E , I, (cf. la variante notée 4)f etc. Quelquefois dans les manuscrits on rencontre notre caractère sous une forme plus simple, n**25: je crois même que c'est là sa forme véritablement exacte, puisque je remarque que généralement , lorsque la forme 24 & été employée pour exprimer la voyelle a ou e du mot ebot, abot, la consonne t (la main ou le segment de sphère) , qui constamment entre dans celles parmi les variantes orthographiques de ce mot qui ne font pas usage du signe 24 ^ est supprimée (cf. :2 et 4 du n"" 24) : l'image du reptile qui fait partie du caractère complexe n^ 24 sert elle-même a représenter la consonne t (voir infrà). Cette opinion acquiert un degré
encore plus haut de probabilité, si Ton observe que la variante notée i sous le n"" 25 7 ("celle qui nous montre la forme simple en question à la place de la forme complexe), porte en effet, au défaut du reptile y le segment de sphère t. Au reste , quant au signe n*" 24, tout complexe qu^il est, on ne peut pas cependant douter de son emploi fréquent comme simple représentant des voyelles a, etc* D'abord les exemplaires du rituel en écriture hiératique le remplacent presque toujours par la forme hiératique du signe n"" 22 (cf. 25 $ 3.), ensuite les manuscrits et surtout les stèles ne manquent pas d'exeftiples de l'orthographe hiéroglyphique de notre mot abot dans lesquelles la consonne T a été exprimée soit par la main^ soit par d'autres homophones, en même tems que la voyelle a y est représentée par le signe complexe en question : cf. var. 4 du n"" 25» tirée d'un tableau peint du musée de Turin ^ : les var. i et 2 on les trouve au R. G. et au R. T. chap. 1 (II*part. scct.x.).
(26) A, E. Ce caractère, ou sa variante, représente l'image d'un ciseau de tailleur de pierre ou de charpentier [ cf. Mon. delP Egitto {Mon, ciç., pi. XLVI5 II)], (i, 2.) Variantes dumot égyptien ebô ou ABÔ, ivoire j qu'on lit souvent dans les inscriptions historiques, et entre autres parmi celles qui portent les listes des contributions imposées par le pharaon Thoutmosis 111 à divers peuples d'Asie, sur un mur du palais de Karnak conservé au Louvre. Une troisième variante (3) qu'offrent les mêmes inscriptions porte, à la place du signe hiéroglyphique en question, le caractère précédent n« 25 (v. supra) : le signe que cette variante eb reçoit pour déterminatifre^présenie une sorte d'instrument qu'on remarque souvent dans les textes à la suite des noms des divers produits de la sculpture
* Que Ton obserre dans cette dernière rarianle le signe contrée qui fait anssi partie du caractère complexe. Cette variante calligraphique dn hiéroglyphe n» 24 ne pent s*eicp1iquer qu'en admettant ropinion qne je riens d'émettre , eVst-à-dire que notre caractère 24 est une manière d^'écrire identique à celle du signe n* 22. J'ai dit à propos de ce signe qu'employé isolément et dans une acception sjrmhotique , il exprime dans les textes l'idée d'orient ou contrée orientale : or ce n'est que par suite de cela que U Tariante calligraphique qu'offre le groupe 4 du n<^ 28 a pu, par une espèce d'affectation de la part du scribe , être figurée en union arec le caractère hiéroglyphique contrée»
*^ Quant à la signification que j'ai donnée au mot ebô ou abA , quoiqu'on ne la trouve pas dans les lexiques coptes, elles n'est pas moins exacte ; je n'en yeux d'autres preuTes que les suivantes. Parmi les