ÉTOILES VARIABLES
On a trouvé que l’éclat de plusieurs étoiles était variable. D’une nuit à l’autre, d’un mois à l’autre, d’une saison à l’autre, on constate que leur lumière subit des changements incessants, que tantôt elle augmente et tantôt diminue. L’élude attentive de ces étoiles variables, faite par de nombreux observateurs, a prouvé que ces changements continus ne se font pas d’une manière incertaine ou irrégulière. Le plus grand nombre de ces objets célestes si remarquables oscille, croît et décroît suivant une loi fixe de variation périodique particulière à chacun d’eux.
Nous cherchons depuis un certain temps à éclairer de quelque lumière cet étrange phénomène, par l’observation du spectre des étoiles variables.
S’il est vrai que dans plusieurs cas la variation périodique d’éclat se rattache à quelque changement physique survenu dans l’étoile, le prisme nous donnera à cet égard des renseignements utiles. De même, si la diminution de l’étoile a pour cause l’interposition d’un corps opaque, et s’il arrive que le corps opaque soit entouré d’une atmosphère, sa présence pourra nous être révélée, par quelques raies additionnelles d'absorption, dans le spectre de l’étoile observée à son minimum. Nous croyons avoir déjà constaté un changement de ce genre dans le spectre d’une étoile variable.
Béteigeuze est variable, mais à un degré modéré. Or, lorsque cette étoile était à son maximum d’éclat, en février dernier, nous n’avons pas retrouvé un groupe de raies dont nous avions déterminé la position exacte avec le plus grand soin deux ans auparavant.
Nous avons observé les spectres de plusieurs étoiles variables à différentes phases de leurs variations périodiques; mais nos résultats ne sont pas encore complets.
Il est digne de remarque que les étoiles variables dont la couleur est rose ou orangée donnent des spectres analogues à ceux de Béteigeuze et de Pégase.
Comme exemple de ce groupe d’étoiles variables, nous proje-
Fig. 6.
Spectre de l'étoile variable y de Céphée.
tons sur l’écran l’image du spectre de u de Céphée à son minimum [fig. 6).