‹ Analyse spectrale des corps célestesChapitre 15 sur 20 · MESURE DE L'ÉCLAT INTRINSÈQUE DES NÉBULEUSES · texte numérisé non relu

MESURE DE L'ÉCLAT INTRINSÈQUE DES NÉBULEUSES

Il me semble que des observations d’un autre genre peuvent nous fournir d’autres informations sur la nature des nébuleuses. Si les changements physiques de grandeur nécessaires à la conversion de ces corps gazeux en soleils sont actuellement en voie de progrès dans les nébuleuses, ce développement devra certainement êtro accompagné de variations marquées dans Yintensité intrinsèque de leur lumière et de leurs dimensions.

Cela posé, puisque le spectroscope nous montre que ces corps sont des masses continues de gaz, il devient possible d’obtenir une mesure approchée de leur éclat réel. On sait d’ailleurs qu'aussi longtemps qu’un corps éloigné conserve des dimensions sensibles, son éclat demeure inaltéré. Par une méthode photométrique nouvelle ( voyez Note M), j’ai trouvé que l’intensité intrinsèque de la lumière de trois des nébuleuses gazeuses, en

prenant pour unité la lumière d’une bougie de blanc de baleine brûlant en raison de cent cinquante-huit grains par heure, était :

Nébuleuse n°4628, ttjt de l’intensité'de la bougie;

Nébuleuse annulaire de la Lyre, ^ôVï;

Nébuleuso Battant de cloche, tstît*-

Ces nombres expriment non pas seulement V éclat apparent , mais l 'éclat réel ou absolu de ces masses lumineuses, à l’exception toutefois de la diminution que peut leur faire subir le pouvoir d’extinction dont l’espace cosmique ( voyez Note N) serait doué, et l’absorption de notre atmosphère. Il est évident que de semblables observations faites à des intervalles considérables de temps pourront montrer si la lumière de ces astres subit soit un accroissement, soit une diminution, ou se trouve assujettie à des variations périodiques. Si la nébuleuse Dumb-Bell, Battant de cloche, dont la faible lumière ne dépasse pas la vingt-millième partie de celle d’une bougie, est, suivant l’opinion reçue, un soleil en germe , il est à peine possible de se former une idée du nombre immense de fois dont sa lumière devra croître pour que cet astre, dont la lueur est actuellement plus faible que celle d’une petite bougie, puisse arriver à rivaliser avec la splendeur éblouissante de notre Soleil.

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