DO
très lumineux, beaucoup plus que les tubes à gaines, et qui, offrant un minimum de surface métallique à l’intérieur, ont beaucoup moins de chances que les tubes de Plücker ordinaires, d'apporter des impuretés (gaz occlus., etc.) dans le spectre.
J’ajouterai qu’ils offrent une bien moindre résistance au passage du courant que les tubes à gaines, chose très à considérer dans le cas de bobines à faible puissance.
J'ai noté les raies qui n'avaient pas été vues dans le tube, ce qui n'indique pas nécessairement qu’elles soient étrangères au soufre, les conditions de résistance du circuit et d'intensité lumineuse n'étant pas les mêmes à l'air libre et dans des tubes différents.
J'ai gardé, pour la désignation des groupes de raies, les lettres grecques employées par M. Salet dans son mémoire. Elles dénomment les groupes les plus importants et suivant leur ordre de réfrangibilité. J’y ai seulement ajouté, sous les indications + et, deux groupes, de trois raies rouges chacun, facilement visibles dans les minéraux.
Si je me suis attaché à mesurer avec toute la précision dont je disposais les longueurs d'onde des raies du soufre dans les conditions où je devais opérer pour leur recherche dans les sulfures, c'est que j'avais constaté avec regret la discordance entre les mesures des différents expérimentateurs, et aussi entre le nombre, l'importance même des raies, données par chacun d’eux.
Au point de vue de la pureté des matières employées, et par suite, de la sécurité dans l'attribution des raies, le travail de M. Salet doit être mis en première ligne, mais je le crois inférieur pour l'exactitude des mesures à celui de M. Hasselberg, qui opérait d’ailleurs avec une plus forte dispersion.
Examinons maintenant dans leur ordre de refrangibilité
otre
croissante les principaux groupes et les raies dont ils sont formés, tels qu’ils se présentent dans le spectroscope à deux prismes.
Le groupe S$ qui se présente comme une faible bande rouge avec un seul prisme, se résout facilement en trois raies dont la première, assez faible, ne figure pas dans le mémoire de M. Salet; les deux autres sont bien visibles. L'ensemble paraît une répétition du groupe suivant.
Le groupe S4 est beaucoup plus vif; il est très facile à voir dans les minéraux, sauf dans les sulfoantimoniures où il est mêlé à deux raies de l’antimoine ayant la même intensité.
Le groupe Sz est formé de quatres fortes raies et de deux moins vives, mais bien visibles. L'ensemble est très vif et vient immédiatement après le groupe 8 de l'air (567.8), (567.3), (366.6). Les raies de Sa sont plus fortes que les raies de la même région de l'argent, raies données seulement par ce métal lorsqu'il est présent en grande quantité; cette comparaison est facile à faire dans l’Argyrose. La présence de l’antimoine amenant les deux fortes lignes Sbe (563.8) et Sb£ (556.6) laisse cependant les quatre principales raies du groupe Sa très distinctes avec deux prismes, mais assez difficiles à isoler avec un seul. Même observation pour l’arsenic dont la forte ligne verte (565.1) n'éteint pas le groupe Sa. Mais la présence du plomb s’ajoutant à celle de l’antimoine ou de l’arsenic, en amenant la raie intense P1y (560.8) ne laisse plus guère distinguer facilement que les deux ou trois raies les plus réfrangibles du groupe,
Le groupe SB est un des plus vifs et des plus caractéris-
tiques du soufre. Bien distinct avec un seul prisme, il est formé de quatre raies dont les deux dernières sont très
voisines et séparables seulement avec deux prismes. Même en présence de l'argent dont la raie éclatante Aga (546.4) s’intercale dans le groupe, celui-ci est encore très visible par ses trois raies les plus réfrangibles. Avec l’arsenic et l’'antimoine, et la plupart des métaux, 6e groupe reste isolé et inaltéré dans son aspect.
- Le groupe Sy, formé de deux raies parfaitement accusées et très vives. C’est à mon avis le plus facile à reconnaître, il reste isolé des raies métalliques les plus fréquentes. La présence de l’arsenic vient seulement intercaler la raie (533.0) bien au milieu des deux lignes Sy et n’en affaiblit pas l'éclat, dans les sulfoarséniures les plus arsénifères.
Groupe S3. Les trois fortes raies qui forment ce groupe, sont comparables en intensité à celles des deux précédents, mais elles sont souvent éclipsées en partie soit par les raies intenses du cuivre qui ne laissent subsister que la plus réfrangible (520.1), soit par celles du plomb qui ne permet de voir que la moins réfrangible (521.9). L’arsenic et l’antimoine n’empêchent pas la vue de ce groupe.
Entre les groupes S3 et Se se trouvent quelques raies bien visibles dont la présence confirme celle du soufre lorsque ses principaux groupes sont en partie masqués par les raies des métaux.
Le groupe Se est formé de raies assez fortes, qui seraient caractéristiques dans le vide, car elles sont bien distinctes dans le tube, mais en présence de l’air elles se mêlent aux raies du groupe Aer «, nombreuses entre (504) et (499) environ. Dans la plupart des cas, elles se réduisent à Aer 500.5) et (500.2), mais une circonstance facile à produire peut ramener tout le groupe entier, par exemple l’augmentation de la distance explosive des deux pôles, et alors
le groupe Se se confond dans celui de l’air. De plus, la présence du plomb amène celle de la très forte raie Pbe (500.5) qui vient ajouter à la confusion. Le groupe Se ne doit donc être considéré que comme une indication et non
une certitude de la présence du soufre.
Raies SC, Sn, S0. Ces lignes bleues sont assez fortes et faciles à voir avec un seul prisme, dans le soufre, que ce soit dans le tube ou à l’air libre. Dans les sulfures, leurs intensités ne paraissent pas toujours constantes par suite de la position des raies métalliques qui peuvent en diminuer l'éclat; elles varient entre : « assez bien visible » et « très bien marquée ».
Le groupe Su est formé de quatre fortes raies bleues, dont l'éclat n’est cependant pas très vif. Elles sont si peu visibles dansles minéraux que, malgré une recherche attentive, je ne puis être certain de les y avoir identifiées, car, dans la partie du spectre où elles se trouvent, beaucoup de minéraux donnent faiblement des raies du fer avec lesquelles on pouvait les confondre. Je crois cependant bien pouvoir affirmer les avoir trouvées, notamment dans le cinabre et l’argyrose.
Le spectre du soufre étudié par Hasselberg, qui opérait sans doute avec un appareil polyprismatique assez absorbant, s'arrête à Su. Je n'ai pu connaître de son mémoire (t) que ses mesures qui me paraissent faites avec beaucoup de précision.
J'ignore les conditions dans lesquelles il a opéré, car le fascicule où a paru son travail, introuvable en librairie, ne figure dans aucune des bibliothèques de Paris.
(1) Hassezserc. — Mélanges phys. et chim. du Bull. de l'Acad. de Saint- Pétersbourg, t. I. 1880.
on
Le groupe Sr est formé de quatre raies plutôt fortes et de deux raies plus faibles. Elles diminuent beaucoup d'éclat dans le spectroscope à deux prismes et ne sont visibles dans le tube qu'avec une très forte étincelle. Leur présence dans les minéraux, ou plutôt leur visibilité dans les conditions où j'opérais, est encore plus douteuse que celle du groupe Su.
Groupe Se. Je n'ai pu le voir qu'avec le spectroscope à un prisme et l’étincelle éclatant dans l'air entre les baguettes de platine ou de charbon soufrées. Je n’en donne pas les mesures ici, m'étant borné à constater l'exactitude des trois premiers chiffres donnés par M. Salet (418.0), (416.2), (415.5).
En résumé, les raies les plus caractéristiques du soufre, dans les minéraux, sont :
En première ligne :
Le groupe S4 dans le rouge.
Les groupes 4 Sy ? dans le vert.
Sd
En seconde ligne :
Le groupe Sp dans le rouge.
Les groupes dans le vert.
ST Les lignes | Sn dans le bleu.
Spectre du Soufre.