‹ Analyse Spectrale Directe des MinérauxChapitre 12 sur 88 · SOUFRE · texte numérisé non relu

SOUFRE

Pour obtenir le spectre du soufre, on avait cru, jusqu'ici, qu'il était nécessaire de faire passer l’étincelle d’induction soit dans un tube excitateur contenant des vapeurs de soufre à la pression ordinaire, soit dans un tube de Plücker avec une faible pression, soit enfin dans un tube à gaînes illuminé par les effluves de la bobine, bref en opérant à l'abri de l'oxygène de l'air, pour éviter l’inflammation de la vapeur de soufre par létincelle. Ayant constaté la présence des groupes de raies vertes du soufre dans les spectres de plusieurs minéraux sulfurés, j'ai cherché à m'assurer que l’on pouvait obtenir le spectre de lignes du soufre dans les conditions ordinaires de température et de pression, C’est-à-dire à l’air libre, afin de comparer à celui des sulfures, le spectre ainsi obtenu.

J'ai donc fait éclater l’'étincelle de la bobine entre deux fils de platine, ou entre deux baguettes de charbon de cornue recouvertes de soufre pur, fondu et refroidi. Lorsqu'on opère sans condensateur, le soufre s’enflamme en donnant un spectre continu et peu lumineux, mais en interposant dans le cireuit induit un condensateur de 40 à 30 décimètres carrés de surface polaire, pour une bobine capable de donner de 3 à à centimètres d’étincelle, j'ai obtenu le beau spectre de lignes très net figuré Planche I, vu avec un seul prisme. C’est bien le même que signalèrent d’abord Plücker et Hittorff et qu'étudia M. Salet (Ann. de Chim. et de Phys., 4 série, t. XXVIII, p. 37), le mode de production, beaucoup plus simple, seul diffère.

Après avoir constaté la coïncidence du spectre ainsi obtenu avec les groupes de raies fines que j'avais attribuées au soufre dans plusieurs sulfures ({), j'ai entrepris l'étude plus détaillée du spectre du soufre au moyen du spectroscope à deux prismes décrit précédemment. Pour cela, j'ai repris l'étude successive du spectre de ce métalloïde, obtenu directement dans l'air, et du même spectre produit dans un tube clos, légèrement chauffé, et renfermant de la vapeur de soufre à faible pression.

M. Victor Chabaud a construit ce tube sur mes indications avec son habileté accoutumée, en lui donnant la forme générale des tubes à gaînes de M. Salet, mais en faisant arriver le courant dans le tube au moyen de deux électrodes de platine, noyées dans le verre, qu'elles ne dépassent pas, mais dont elles viennent atteindre la surface à l'intérieur du tube, en n'y présentant qu'une section de métal libre égale à la section droite du fil électrode, de moins de 1 millimètre de diamètre environ. On à ainsi des tubes

(1) Comptes Rendus, séance du 2 juillet 1894.

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