SUPPORT
Dans mes premières recherches j'avais employé, pour maintenir en regard les deux fragments de minéraux destinés à donner passage à l’étincelle, le dispositif décrit et figuré page 148 du Traité de Spectroscopie, de M. Salet. C'est-à-dire que les deux échantillons d'essai étaient tenus par deux pinces « bruxelles » opposées et fixées chacune, par une petite presse à vis de laiton, à une forte pince en bois à ressort, mobile le long d’une tige verticale cylindrique solidement fixée dans un socle pesant. On peut ainsi, en déplaçant les pinces, modifier la hauteur de l’étincelle et sa distance explosive.
Dans ces conditions, un réglage précis est difficile à cause du vacillement des pinces de bois à ressort, le long de la tige; de plus on est forcé de prendre des échantillons d'essai trop gros, qui s’échappent ou se brisent sous la pression des pinces bruxelles.
Pour éviter ces inconvénients, M. V. Chabaud (') a con: struit sur mes indications, avec son habileté accoutumée, un support métallique qui m'a donné des résultats satisfaisants. Une tige verticale carrée, de laïton, porte une cré-maillère sur laquelle se meuvent, au moyen de pignons,
(1) Successeur d’Alvergniat frères.
deux coulisses, où peuvent glisser des tiges horizontales d’ébonite. L’extrémité de chacune des deux tiges d’ébonite porte une tête métallique dans laquelle se fixe par une mâchoire et une vis, la base carrée d’une pince à bouts de platine, ouvrant par pression, semblable à celle qu'on emploie dans les essais de fusibilité au chalumeau. On peut ainsi régler, avec précision, l’'écartement des minéraux maintenus entre les pinces à bout de platine, et le modifier lorsque la durée de l'expérience, en usant les échantillons essayés a augmenté la distance explosive. On a avantage à maintenir celle-ci inférieure à un millimètre pour augmenter l'intensité des raies et arriver à éliminer presque complètement le spectre de l'air décrit plus loin. On peut aussi déplacer la position de l’étincelle par rapport à la fente du spectroscope, au moyen d’un écrou de serrage dans lequel glisse la base cylindrique qui termine la tige verticale, carrée seulement sur la course des crémaillères.
Est-il besoin d'ajouter que les têtes métalliques des deux tiges d’ébonite, ou les pinces à bout de platine elles-mêmes, sont reliées au moyen de bornes serrefils ou de simples crochets aux deux conducteurs venant de la bobine et du condensateur.