‹ Anaphylaxie par voie sous-cutanée: Le phénomène d'ArthusChapitre 11 sur 40 · DAT AE · texte numérisé non relu

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Bt nous dirons, dès maintenant, qu’un animal dans l'organisme duquel on introduit par une voie autre que la voie gastrique, une albumine étrangère, n’est plus un animal normal.

Il se produit chez lui un désiquilibre humoral, une modification qui, ñous ne craïgnons pas de le dire, le met en état d'infériorité vis-à-vis des agents extérieurs,

La deuxième injection de sérum normal étranger faite à un intervalle de 5 à 7 jours, paraît également inôffensive. Elle se résorbe moins rapidement que la première, en 24 heures généralement ; quelquefois il persiste encore une petite induration le deuxième jour, mais rarement, du moins dans les conditions réalisées dans ces expériences, c’est-à-dire avec des doses de 1 à 5 ce, de sérum de cheval normal faites à intervalle de 5 à 7 jours.

Quant à la troisième injection, généralement ses effets paraissent lbient différents. Localement, elle ne se résorbe plus et le lendemain de l'injection on a, non seulement une induration, mais une rougeur de la peau qui augmente les jours suivants, devient violacée, puis noire, et donne l'accident grave classique, l'eschare, qui peut être sèche où humide. Quelquefois, ce résultat n'est obtenu qu'après la quatrième injection, et la troisième donne seulement une induration avec rougeur vive de la peau, rougeur qui s’alténue en même temps que l’induration se résoud, au bout de 3, À ou 5 jours. (Voir le détail des observations page 123 et suivantes).

Nous avons été frappés par la régularité presque

mathématique avec laquelle se produit le phénomène d’ARTHUS local, pourvu qu’on opère chez des lapins mâles ; bien entendu, il faut réaliser des conditions d'expérience à peu près identiques.

Sur 16 lapins mâles traités, nous avons eu : :

8 fois l’eschare à la troisième injection, et 5 fois l’eschare à la quatrième injection.

Un lapin ne fit une première eschare qu’à la sixième injection, mais les inoculations successives avaient été faites à des intervalles de temps légèrement irrégudiers et puis, surtout, à partir de la troisième injection, il y eut un début de cachexie.

Un autre lapin (le seul dans ces conditions) reçut 6 injections sans faire d’eschare, mais la deuxième mit 5 jours pour se résorber et toutes les autres donnèrent des empâtements et infiltrations œdémateuses, jusqu'à la sixième qui laissa un nodule caséiforme et fut suivie, cinq jours après, d’une mort brusque, (Voir lapin C, page 153).

Enfin, un dernier lapin ne fit une eschare qu’à la septième injection, mais il eut des accidents locaux inportants à partir de la troisième, De plus, on note que la première injection de sérum avait été seulement de 1/200° de cc. (Voir lapin 30, page 155.)

Si nous recherchons les résultats des auteurs, nous voyons que Maurice ARTHUS ne signale pas non plus d’exceptions à la production de cette réponse locale et parle également de résultats mathématiques, mais il dit que l’accident escharifiant se produit généralement après la septième injection. Il peut se pro-

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duire avant, mais il se peut aussi que les premiers accidents n'apparaissent qu'après la septième injection. Il semble donc que les résultats obtenus par Arthus, bien que très constants, aient été assez irréguliers dans leur précocité d'apparition. Ce fait nous paraît important à noter, car nous n’avons rien observê de semblable et les différences obtenues viennent peut-être des sérums employés et aussi d’une autre cause concernant les lapins femelles, nous voulons parler de la gestation.

Nous trouvons d’autre part les travaux de Maurice NICOLLE (Annales de l’Institut Pasteur, 1907, page 128) qui dit que les résultats obtenus n’affectent point la régularité indiquée par la description d’Arthus. Certains de ses sujets ne font que des œdèmes moyens, jamais d’eschares, quel que soit le nombre des injections ; d’autres présentent des différences réactionnelles très marquées d’une injection à l’autre. Mais les expériences de Nicolle ont été faites dans des conditions assez défavorables puisqu'il a opéré sur des lapins décimés par une maladie contagieuse, et à notre avis, leur intérêt n’est que très relatif. En effet, il paraît difficile d’interpréter des résultats chez ces animaux dont les réactions étaient certainement très modifiées. Comment apprécier parmi les troubles observés, la part qui revenait aux désordres engendrés par l'introduction de Palbumine étrangère et celle qui revenait à la maladie préexistante ou acquise au cours du traïitement ?

Nous pensons, du reste, que des lésions anciennes peuvent, peut-être, constituer des points d'appel pour

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