NOT
les accidents locaux résultant des injections répétées de sérum étranger.
Dans la thèse de Lemaire (Paris 1906-7) les auteurs faisant à des lapins, tous les 5 et 6 jours, des injections de 2 à 6 cc. de sérum de cheval antidiphtérique, disent n’avoir jamais observé aucun accident local, ni œdème, ni induration, mais un amaigrissement progressif suivi de cachexie et mort. Voici leurs résultats :
Lapin : 8 injections - mort en 54 jours
LE an Te TE HD AT M ne 49 — ne 6 æ 2e 211 ee
‘ Autopsie : viscères anémiés.
Les auteurs ont employé du sérum antidiphtérique, donc très vraisemblablement plus toxique que le sérum normal. En tout cas, bien différent de ce dernier. Notons dès maintenant que, suivant lalbumine employée, les résultats sont extrêmement variaibles.
Nous remarquons que cette absence d’accident local coïncidant avec une cachexie rapide suivie de mort, vient confirmer une de nos observations, à savoir que, dans une certaine mesure, les accidents locaux et les accidents généraux paraissent en rapport inverse.
Nous verrons plus loin que l’aspect des lésions locales d’Arthus, leur date d’apparition et leur gravité même sont très différentes si on modifie l’intervalle entre les injections, en particulier si on emploie la méthode des injections très rapprochées toutes les 24 heures ou toutes les 48 heures. (Voir page 161.)
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Donc, quand on pratique chez des lapins mâles des injections de sérum de cheval normal de 1 à 5 cc. sous la peau ou intramusculaires, à des intervalles de 5 à 7 jours
1° Tous les sujets font le phénomène d’Arthus ;
2° Tous font, en général, un accident local grave c’est-à-dire à processus escharifiant et celui-ci se produit à la troisième ou quatrième injection.
Nous verrons plus loin (voir page 174) qu'il n’en est plus de même si on opère sur des sujets femelles ; l'état de gestation en effet paraît modifier considérablement les réactions anaphylactiques locales.
FRE Infiuence de la race et de l’âge
Nous avons essayé de reproduire le phénomène d’Arthus chez des animaux d’âge très différent et aussi, dans une certaine mesure, sur des lapins de race différente, comme on peut s’en rendre compte par la lecture des observations. (Voir chapitre VI.)
Certains de nos animaux avaient, entre 3 et 7 mois, d’autres 3 et 4 ans, nous avions des lapins de race commune et des lapins appartenant aux races con: nues chez les éleveurs sous le nom de « Blanc du Bouscat » et de « Géant de Vendée ». Parmi nos lapins communs, nous avions également des animaux de robes très différentes. Nous avons abouti à ces résultats :
1° Le phénomène d’Arthus se produit aussi facilement et avec les mêmes caractères chez le jeune
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que chez l’adulte ou l’animal très âgé ; chez le lapin commun que chez le lapin de race sélectionnée.
2° Il se produit avec la même grande régularité, c’est-à-dire qu’on observe généralement une eschare après la troisième ou quatrième injection chez tous ces divers animaux.
Donc le facteur « race », ni le facteur « âge », n’interviennent dans la production du phénomène d’Arthus. S'il y a de faibles variations dans la plus ou moins grande précocité des accidents, elles ne peuvent être qu’individuelles et régies par des facteurs autres (peut-être l’état des sécrétions endocrines, l’état du système nerveux).
Différents auteurs trouvent cependant des variations dans la production des phénomènes anaphytactiques suivant les races.
C’est ainsi que A. Brior ayant fait à des lapins 31 injections de sérum de 3 ce. dans le péritoine et les ayant éprouvés au 17° jour, tous font le phénomène d’'ARTHUS, mais disent les auteurs, Ja race a une importance, les lapins se rapprochant du lapin sauvage (?) étant plus sensibles.
Nous trouvons également, dans un récent article consacré à la maladie du sérum, que certaines races humaines seraient plus sensibles que d’autres au sérum de cheval. Les Indiens, par exemple, ne feraient que très rarement la maladie du sérum.
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3c __ Les réactions sont différentes suivant les espèces et suivant les albumines introduites.
Si la question de race est indifférente, il n’en est plus de même quand on fait intervenir la notion d’espèce. Ainsi, le cobaye répond d’une façon tout à fait différente de celle du lapin aux inoculations par des albumines étrangères. On dit que le cobaye est très sensible au sérum de cheval. On connaît le phénomène de THÉOBALD SMITH, qui n’est autre que la manifestation séro-anaphylactique du cobaye.
Le cobaye se sensibilise très facilement au sérum de cheval, d’autant mieux même que linjection préparante est plus faible (LUMIÈRE). C’est ainsi qu'avec une première inoculation sous-cutanée de 1/200° ou 1/400° de cc. de sérum, on a, au bout de 12 à 15 jours un choc anaphylactique mortel si on pratique une deuxième injection intravasculaire.
ROSENAU et ANDERSON disent même qu'ils ont pu sensibiliser des cobayes avec des doses plus faibles encore. WELLS opérant avec une ovalbumine pure aurait réussi à sensibiliser le cobaye au moyen de 0,000.000.05 de cette substance.
Pour notre part, voulant essayer d’obtenir des réactions locales, nous avons traité des cobayes dans les mêmes conditions que nos lapins. Nous avions trois lots de cobayes :
— un premier lot auquel nous faisions tous les 7 jours 2 cc. de sérum de cheval en injections souscutanées,
SR ee cobaye N° 2128 — poids 400 grammes
UD 0 An SU A iles Le JU PR D O0 de
Les trois premiers, présentèrent, après ia premiére injection, un nodule dur gros comme un pois qui persistait encore le septième jour. Puis ils supportèrent 12 inject'ons sans présenter aucune réaction locale mais un amaïigrissement important.
Les trois derniers n2 firent jamais aucun acideni aux points d’inoculation mais leur croissance fut arrêtée et le poids à la fin de l'essai, qui dura 91 jours, était à 50 grammes près le même qu’au début.
— un deuxième lot de 6 cobayes auxqueis nous faisions tous les 7 jours 2 cc. d’ovalbumire au 1,3.
Le cobaye n° 1646, dont le poids était de 320 grammes, présenta une induration à la première injection et un nodule dur persistant assez longtemps après la troisième injection.
Après la sixième le poids n’est plus que de 260 grammes, puis l’animal supporte en tout 13 inmjections sans autre accident.
Le cobaye 1647, dont le poids était de 400 grammes, supporta 14 injections au cours desquelles il présenta : après la quatrième une baïsse de poids de 75 grammes, après la cinquième un nodule dur assez volumineux et persistant longtemps, et après la douzième une masse indurée avec adhérence profonde
et qui finit par disparaître,
CBS Ur EE
Le cobaye 2133, dont le poids était de 340 grammes, mourut brusquement trois jours après la deuxième injection. L'æutopsie montra seulement des zônes hémorragiques dans les deux poumons.
Le cobaye 2134, dont le poids était de 365 grammes, manifesta un amaïgrissement après deux injections et après la quatrième injection sous-cutanée, il eut un léger choc avec baiïllement, hoquets convulsifs, prurit nasal violent et hérissonnement. 15 minutes après l'injection, les oreilles étaient congestionnées et rouges. Puis il reçut 11 injections et n’eut jamais aucun accident local, ni général.
Le cobaye 2136, dont le poids était 380 grammes, reçut 11 injections au cours desquelles il présenta un petit nodule peu persistant après la quatrième.
Le cobaye 2129, dont le poids était 600 grammes, fit un petit nodule après la deuxième injection, une masse diffuse après la quatrième et après la neuvième il mourut brusquement. L’autopsie révéla des zônes hémorragiques dans les deux poumons, assez analogues à des infarctus et un état particulier du sang. Au niveau de certaines incisions nécessitées par lautopsie, le sang coulait encore un peu, bien que l'animal fut mort depuis au moins 17 heures, et sur place le sérum se sépara rapidement du caüllot formant un liquide qui resta coloré en rose (laquage), infiltra les tissus et, en quelques minutes (15 environ) se prit en une sorte de gelée analogue à la gelée de groseilles.
—- un troisième lot comprenant 6 cobayes mâles :
À trois d’entre eux nous fimes tous les 7 jours 2 ce, d'ovalbumine au 1/3 :