‹ Anaphylaxie par voie sous-cutanée: Le phénomène d'ArthusChapitre 18 sur 40 · REA SS · texte numérisé non relu

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parition de l’eschare. Celui de l'autre animal n’a pas éié examiné.

Pourquoi cette gravité singulière dans ces deux essais ? Il faudrait multiplier les expériences.

Au contraire, si on fait les injections toutes les 24 heures, l’animal les tolère remarquablement. C’est ainsi que le lapin n° 24 reçut pendant 50 jours consécuütifs 50 injections sous-cutanées de 1 cc. de sérum de cheval. Il fit un premier accident local le 4° jour sous dla forme d’un placard dur persistant, puis il présenta de nouveaux placards de plus en plus importants à chaque injection, jusqu’à la 12° qui, elle, donna une minuscule eschare. Ici encore nous voyons que cet accident plus grave semble coïncider avec l’apparition d’un pouvoir précipitant net. Par la suite, l'animal fit d’autres placards indurés, des petits nodules et encore trois eschares plus importantes que la première après les 28°, 35° et 36° injections. Le poids ne monta que très lentement mais il n’y eut jamais arrêt absolu de la croissance et l’animal ne fit pas de cachexie.

Signalons qu’au début de l'essai, il portait sur le dos un petit abcès consécutif, très probablement, à une plaie septique accidentelle (le pus de cet abcès examiné au microscope révèla la présence de bacilles longs (?) dont le diagnostic resta indéterminé ).

Durant tout le traitement, cet abcès augmenta beaucoup de volume et s’ulcéra formant un point ulcéré d’épaisses productions cornées concentriques. Ayant été cureté, il se reproduisit avec les mêmes caractères et, par la suite, lorsque le traitement fut interrompu, il diminua rapidement de volume en même temps que

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l’ancienne ulcération se limitait peu à peu. À un certain moment, alors que cet abcès était en voie de régression, une nouvelle injection isolée de sérum ayant éte pratiquée, l’abcès subit nettement une nouvelle poussée.

Nous faisons malgré nous un rapprochement entre le rôle que paraît avoir joué cet abcès et la vieille méthode qui consistait à entretenir une plaie pendant ie cours d’une infection, dans le but d'effectuer, en quelque sorte, un drainage des principes toxiques.

En tout cas, l’évolution de cet abcès fut nettement sous la dépendance de l’imprégnation sérique. La peau, à son niveau, était toujours rouge et chaude, surtout quelques heures après les injections.

Après l'interruption du traitement, en même temps que lentement diminuait cet abcès, le poids de l'animal remontait rapidement et les reliquats des nombreuses injections qui formaient dans les deux flancs deux énormes masses lobulées, accompagnées d’infiltrations caséeuses diffuses, fondaient peu à peu. Le 22 avril, c’est-à-dire 112 jours après cette interruption, le lapin est en excellent état de santé. Son poids est de 3.355 gr. mais il présente toujours dans les deux flancs des paquets de petits nodules mous et mal délimités.

Nous regrettons de n’avoir pu répèter cet essai chez un lapin qui n’aurait présenté aucune lésion locale accidentelle intercurrente, car ainsi un doute persiste. Cependant si la méthode des injections quotidiennes permet également de sensibiliser l'animal, il paraît bien que les injections très rapprochées n’ont pas une tuxicité aussi grande que celles faites à de plus grands

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intervalles en particulier toutes les 48 heures, Peutêtre l'animal arrive-t-il à se désensibiliser.

D'autre part, le sérum de ce lapin, examiné à plusieurs reprises, a toujours été trouvé précipitant nioyen, malgré le grand nombre d’injections.

NICOLLE rapporte avoir pratiqué des injections sériques quotidiennes sur un lapin à la dose de 1 cc. par inoculation sous-cutanée, L'expérience dura 27 jours. I observa un œdème qui devint persistant à partir du 6° jour et volumineux à partir du 12°, mais il ne vit jamais apparaître de nécroses locales. Comme on le

voit, nos résultats sont différents.

6° - Les réactions observées sont-elles en relation avec la région inoculée ?

Dans sa note présentée à l’Académie en 1903. ARr- THUS dit que les modifications profondes du tissu cellulaire sous-cutané et la plaque de gangrène ne se produisent qu’à la suite d’une injection pratiquée sous la peau thoracique ou ventrale et que, en particulier, injection faite sous la peau de l'oreille n’a produit qu'un œdème volumineux.

Dans son livre « De l’anaphylaxie à l'immunité », le même auteur répète encore, mais avec moins de certüitude, que l’on n’obtient pas d’eschare au niveau de l'oreille « en général », dit-il cette fois. Cette proposition nous avait étonnés. Quel rôle, en effet, la topographie du revêtement cutané pouvait-elle jouer dans l’apparition des accidents locaux, et nous fimes immé-

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diatement des injections en n’importe quel point de ce revêtement cutané et, en particulier, au niveau de l'oreille.

Or, nous avons toujours obtenu les mêmes accidents locaux avec la même facilité.

Bien certainement, si l'injection est pratiquée dans une région Cartilagineuse, l’eschare sera un peu différente. Lors de son élimination, il n’y aura plus ulcération mais plaie très superficielle, toujours sans caseum, le tissu cellulaire sous-cutané étant ici très réduit.

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