‹ Anaphylaxie par voie sous-cutanée: Le phénomène d'ArthusChapitre 17 sur 40 · AGE · texte numérisé non relu

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« des follicules aux différents stades d'évolution. Tout « le reste de la pièce est formé par une nappe conti- « nue de cellules lutéiniques, englobant dans sa messe « les vaisseaux et quelques trabécules de stroma ova- « rien. Il s’agit là, à mon avis, bien qu’il n’y ait point «datypie cellulaire très marquée, d’une formation « tumorale ayant envahi la totalité de lovaire. »

Nous nous contenterons de souligner ces faits en faisant la remarque suivante : Les Hybrides sont inféconds.

L’anaphylaxie provoquée par inoculation sous-cutanée est-elle héréditaire ou, au contraire, les petits de femelles très sensibilisées, ne sont-ils plus capables de réagir positivement aux injections locales de sérum ? Sont-ils immunisés ?

La seule femelle dont nous avons pu utiliser les petits a été la lapine n° 30 qui, on s’en souvient, a reçu 8 injections de sérum sans jamais faire le phénomène d’'ARTHUS, ces injections ayant été faites pendant sa gestation. Les petits sur lesquels on put expérimenter 3 où 4 mois plus tard firent tous le phénomène d’Ar- THUS avec les mêmes caractères et dans les mêmes conditions que tous les lapins traités antérieurement.

La réaction aurait-elle été différente si la lapine avait été fortement imprégnée par l’albumine hétérogène et avait fait un phénomène d’ARTHUS avant son

entrée en gestation ?

° ___ Dans la production des réactions, c’est moins le nombre des injections que l'intervalle de temps entre deux injections successives qui intervient

Ce sont beaucoup moins les doses de sérum inoculées et le grand nombre d’inoculations faites que l’intervalle de temps entre ces injections successives qui compte dans la précocité d'apparition des différentes manifestations anaphylactiques et dans le degré de leur gravité.

C’est ainsi qu'on peut traiter deux animaux par la méthode des injections rapprochées répétées en faisant à l’un 1/2 cc. de sérum de cheval et à l’autre 8 à 10 ac. chaque fois, les résultats n’en diffèreront pas ; car en effet ils ne sont pas dûs à une accumulation du sérum dans l’organisme. De même on peut avoir, après trois injections, des accidents plus graves qu'après 10 ou même 20 injections. Tout dépend de l’intervalle de temps laissé entre deux inoculations successives.

Pour que la deuxième injection soit agissante, nous voulons dire pour qu’elle donne une réaction locale, i} faut qu'elle soit faite quand de sang manifeste son pouvoir précipitant, lequel apparaît généralement vers le onzième jour et persiste des temps très variables suivant les animaux. Faite avant cette période, elle s'ajoute simplement à la première et faite très tard, bien après la disparition du pouvoir précipitant, elle est beaucoup moins grave et renouvelle simplement l’action de la première injection. En effet, dans ces conditions, le pouvoir précipitant réapparaît, On

ST es

conçoit qu’une troisième injection suivant encore l’intervalle de temps auquel elle sera pratiquée à partir de la deuxième injection, pourra soit renouveler cette deuxième injection, c’est-à-dire refaire apparaître le pouvoir précipitant disparu, soit renforcer cette deuxième injection, c’est-à-dire permettre au sérum d’avoir un pouvoir précipitant beaucoup plus intense. On observe un accident plus ou moins grave suivant le temps où a été faite cette troisième injection.

Les inoculations successives entretiennent donc fatalement le pouvoir précipitant, mais on comprend maintenant qu’elles le renforcent plus ou moins. Et il n’est pas besoin d’une longue préparation pour avoir un lapin à sérum très précipitant. \

C’est le cas du lapin N° 35, chez lequel trois injections de sérum de cheval sont pratiquées à intervalle de 12 jours et qui fait une réaction locale importante dès la deuxième et une eschare grave à la troisième inoculation.

C’est encore le cas du lapin N° 14-31 qui fait une eschare très grave après la troisième injection, puis un début de cachexie après la quatrième. Il ne reçoit que 6 injections en tout ct présente une curieuse tumeur du maxillaire accompagnée d’une cachexie progressive fatale, alors que de nombreux autres animaux ont pu recevoir 12, 15 ou même 20 injections sans accidents très graves autres que des eschares répétées et de dimensions moyennes, variant de la surface d’une pièce de 2 francs à celle d’une paume de main, en même temps que l’état général paraissait se main-

tenir,

mn =

Naturellement, chez les deux lapins précités, le sérum s’est montré très fortement précipitant.

Nous rappelons que l’importance de l'intervalle de temps entre les injections avait été observée par VON PIRQUET et SCHICK.

Nous reprenons ici les résultats rapportés par LE- MAIRE et d’après lesquels ses lapins n’ont pas fait d’accidents locaux, mais sont tous morts rapidement cachectiques, en faisant remarquer que les auteurs ont employé, du sérum antidiphtérique. Nous restons persuadés que le complexe sérum étranger + toxine microbienne, est bien différent du sérum de cheval normal. Bien que, chimiquement, il n’y ait aucune possibilité de vérifier cette assertion, biologiquement il est bien évident que sérum normal et sérum anti-toxique sont deux albumines différentes. Ge point ne nous paraît pas discutable.

Dans le but de voir quelles seraient les modifications apportées dans nos résultats si nous rapprochions beaucoup les injections, nous avons traité deux animaux par la méthode des injections toutes les 48 heures et un par la méthode des injections toutes les 24 heures.

Si on consulte les observations, on peut voir que le lapin N° 18-28 inoculé avec 2 cc. de sérum de cheval toutes les 48 heures, fait un premier accident local léger après la quatrième injection, un deuxième accident persistant après la 5° et supporte en tout 8 injections sans faire d’eschare, mais la croissance est arrétée, le poids reste stationnaire, il y a début de cachexie rapide et l’animal meurt brusquement 16 jours

De POSE,

après le début du traitement. Donc au moment où, théoriquement, les précipitines apparaissent dans le sérum, c’est-à-dire du 10° au 12° jour, nous avons eu le premier accident persistant (5° injection). Les 6° et 1° injections donnèrent des placards indurés avec co- Ioration rouge vif, puis rouge foncé de la peau, mais au lieu d'évoluer vers l’eschare disparurent brusquement. Quant à la huitième injection faite la veille de la mort, elle ne donna iieu à aucune réaction locale (Voir paragraphe XI, « Influence sur l’état général »).

Le lapin n° 20, traité dans les mêmes conditions, fait une eschare après la 6° injection, c’est-à-dire 11 Jours après le début du traitement, donc au moment de lapparition des précipitines. Chacune des autres injections donnera des abcès caséeux (1) ou des infiltrations en même temps que la croissance de l’animal sera interrompue et que s’installera une cachexie progressive. L’animal étant dans un état précaire, on interrompit le traitement après la 14° injection. Il présentait une curieuse lésion cutanée peut-être liée à la cachexie. 36 jours après le début du traitement, le lapin était mort.

Cette méthode d’injections rapprochées toutes les 43 heures paraît très nocive. Le sérum du lapin n° 20 fui toujours trouvé très précipitant, à partir de l’ap-

{1) Nous disons une fois pour toutes que le terme : abcès caséeux he préjuge en rien de la nature microbienne ou autre de ces formations, mais suivant le sens étymologique donné par le dictionnaire nous voulons simplement dire qu’il s’agit de substances plus ou moins analogues à ldu fromage.

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