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irrégulière fort curieuse (voir photographie page 79) et s'entoure d’une colïerette blanche. Le placard épaissit considérablement, se plisse, se rétracte très lentement. Il est extrêmement dur, de consistance ligneuse. Après élimination de l’eschare, il reste une plaie superficielle déjà presque cicatrisée. D’autre part, le 18 novembre, on a pratiqué la septième injection de sérum de cheval à la base de l’autre oreille. On a eu, cette fois, un volumineux œdème qui ne s’est résorbé que très lentement, en même temps qu’apparaissait, en un point voisin de la base de cette oreille, une plaque rouge foncé hémorragique transformée bientôt en une petite eschare sèche de la grandeur d’une pièce de deux francs. Une onzième injection ayant été faite sous la peau de la face externe de la jambe gauche, on obtient une grosse induration avec adhérence de la peau et du tissu cellulaire aux plans profonds. Cette induration qui est accompagnée d’une rougeur vive de la peau, intéresse: tout le membre inférieur gauche et'cette lésion donnera rapidement une plaque de gangrène humide ayant environ la surface d’une pièce de deux francs, puis il se produira, dans les plans profonds, un abondant liquide œdèmateux qui infiltrera toute la région, en même temps que l’eschare humide s’étendra, allongée dans le sens du tibia. (Voir page 143.)
Si l’on se reporte à l’observation du lapin n° 18 (voir page 79) on peut voir que le premier accident escharifiant est obtenu à la quatrième injection de sérum faite sur la peau du dos, au niveau des lombes. L’eschare est de la largeur d’une paume de main.
Chez le lapin n° 99, nous avons pratiqué une injec-
tion de sérum sous la peau de l'extrémité de loreille droite. Nous avons obtenu une oreille toute entière infiltrée par un œdème peu abondant. La peau présenta de curieuses lésions ressemblant à un eczéma suintant : un liquide sirupeux s’écoulait sur les deux faces de l'oreille, collant les poils qui bientôt tombèrent puis, apparurent, en deux points éloignés, deux mpetites plaques d’eschares sèches assez rapidement éliminées. Une autre injection faite sur la nuque donne une magnifique lésion en collier.
Chez le lapin n° 27-82, enfin, nous obtenons une IC sion bien plus curieuse encore. Ayant fait l'injection à la face interne de l'oreille gauche, donc dans une région très cartilagineuse, nous assistons à la formation d’une eschare dont l’élimination entraînera une perte de substance étendue de telle sorte que le lapin présentera une oreille ajourée. (Voir photographie, page 79.) La même injection avait encore donné une autre lésion beaucoup moins importante de gangrène humide à la base de cette même oreille.
Nous mentionnerons encore :
Le lapin n° 0, qui présenta, à la troisième injection de sérum, une eschare importante en collier autour du cou.
La lapine n° 43, qui fit également une eschare de l'oreille après la neuvième injection.
Et enfin, le lapin n° 35, chez lequel la quatrième injection de sérum laissa une eschare en bande partant du cou et traversant toute l'oreille Tongitudina-
lement, avec perte de substance à l’extrêmité de cette dernière.
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Ïl est donc bien établi qu'aucune région du revêtement cutané et, en particulier, l’oreille, ne font exception dans la production des accidents locaux graves. Bien entendu, la technique a toujours été la même.
La production des accidents locaux, ni le degré de gravité de ces accidents ne sont donc pas sous la dépendance de la région inoculée, Il n’en est peut-être plus de même quand il s’agit de la forme des lésions chténues, en particulier des eschares ? Nous n’avons pas élucidé cette question et, nous basant sur ces essais, nous dirons donc que les accidents locaux du phénomène d’ARTHUS peuvent être obtenus avec la même facilité en n’importe quel point du revêtement cutané.
7° ___ Car:ctères des lésions observées
Chez les lapins anaphylactisés l'injection sous-cutanée répétée ‘de la protéine antigène, détermine donc des œdèmes et infiltrations, des dégénérescences, des abcès caséeux (renfermant un liquide sans odeur, crémeux, épais, qui rappelle le mastic), et enfin des lésions de gangrène cutanée humide ou sèche selon, peut-être, le degré d’anaphylaxie.
Rappelons ici que nous avons déjà dit que le degré de -gravité des lésions cutanées est en raison directe de l'intensité du pouvoir précipitant du sérum.
Toutes ces lésions ont été décrites par Maurice ARr- 1Hus et ce que nous allons dire de leur aspect macro et microscopique ne sera, en partie, qu'une confirma-
tion des observations dé cet auteur, mais on y trouvera quelques faits nouveaux intéressants.
Au sujet de la lésion grave constituée par l’eschare, nous avons remarqué des degrés que l’on peut traduire ainsi que le fait NicoLLE, en disant qu'il s’agit d’une vitesse de réaction différente ; la plaque violette, l’eschare humide et l’eschare sèche n’étant que trois degrés d’une même réaclion.
En effet, nous avons toujours remarqué une difrérence nette entre l’eschare sèche et l’eschare humide, cette dernière se manifestant chez les animaux à sérum moins précipitant. Elle peut être très étendue, mais elle s’élimine beaucoup plus rapidement et Jaisse généralement une plaie moins anfractueuse, souvent sans caséum, même si elle s’est formée au niveau des flancs et, en tout cas, cette ulcération se répare toujours beaucoup plus vite que celle laissée par l’eschare sèche. Cependant, celle-ci, qui met le plus souvent plusieurs semaines pour s’éliminer, peut présenter de grandes variations qui dépendent sans doute, de la région où a été faite l’inoculation.
C’est ainsi qu’une eschare sèche de l'oreille s’éliminera encore plus lentement. Ce fait est peut-être en relation avec la disposition histologique et anatomique des tissus, à moins qu’il ne s’agisse d’une question de circulation ou de leucopoïèse ; la plaie, dans ce cas, sera très superficielle et déjà presque cicatrisée quand l'eschare tombera.
Un fait nous a frappés : c’est la forme que prennent ces lésions ; le plus souvent, plus ou moins circulaires on ovalaires, elles peuvent affecter des formes bien
différentes : autour du cou, nous avons eu de véritables colliers obtenus par une seule injection faite en un point de Ja nuque, et sur les oreïlles de curieuses étoiles à 3 ou 4 branches. Sur le flanc, chez un animal, nous avons pu observer une vaste nécrose en lunette constituée par deux surfaces chacune de la grandeur d'une paume de main et séparées par un pont de tissu sain ayant environ un centimètre de large.
On objectera que la forme des lésions doit dépendre beaucoup de la pesanteur. Mais ceci n’est vrai qu’en partie : faisant ure injection au niveau des flancs à la partie supérieure, nous avons en effet toujours observé la lésion un peu plus bas, quelquefois tout à fait dans la région abdominale, quelquefois partant du point inoculé et entourant l'hémithorax correspondant d’un véritable demi-cerlble. Donc, visiblement, comme si le sérum, au lieu de se résorber sur place, s'était écoulé vers le bas. Maïs ceci ne suffit pas à nous expliquer la forme des lésions, en particulier de celles de l’oreille où, par exemple, faisant une inoculation au niveau de la base, il en résulte, au contraire, une eschare bizarrement festonnée qui remonte plus ou moins vers lextrémité supérieure de l'oreille. (Celle-ci étant restée droite pendant toute l’évolution de la lésion gangréneuse.)
«+ La topographie des téguments intervient-elle donc dans la forme des lésions ? Faut-il incriminer la distribution vasculaire, lymphatique ou nerveuse ? Ce sont les deux premières qui, logiquement, paraissent en cause. Citons l'exemple du lapin n° 23 qui, au niveau de la patte postérieure gauche, fait une lésion
allongée dans le sens du tibia, donc des vaisseaux et des nerfs.
Signalons qu'après une eschare de l'oreille, chez un animal, nous avons pu constater par transparence la disparition absolue de tout le réseau artériel et veineux à ce niveau ; seuls persistaient les vaisseaux marginaux sur les bords de l'oreille qui n'avaient pas été touchés par la nécrose cutanée.
Quant à la dimension de ces eschares, nous l'avons vue varier de celle d’une lentille ou d’une pièce de 50 centimes, à celle de deux paumes de main. La plus eu moins grande étendue de ces gangrènes signe le degré de gravité de la réaction anaphylactique et paraît directement en rapport avec l'intensité du pouvoir précipitant du sérum.
NicoLLE distingue les toxines à eschare sèche et les toxines à eschare humide. Par exemple, la ricine, lebrine, la crotine et le poison diphtérique qui tuent toujours les animaux, engendreraient des eschares sèches, tandis que les venins de vipèridés et de colubridés et divers poisons microbiens qui ne tuent pas toujours, engendreraient des eschares humides. Si la dose de poison est très faible, toujours suivant cet auteur, l’eschare humide peut être remplacée par ce qu'il appelle le type « V », c’est-à-dire une simple tache violette.
(Nous ne saurions épouser les vues des auteurs concernant la pathogénie de ces accidents.)
Mais nous trouvons intéressant de noter que ces lésions, déterminées par des poisons très divers, « toxines solubles, toxines solides », venins, toxines végéta-