‹ Anaphylaxie par voie sous-cutanée: Le phénomène d'ArthusChapitre 21 sur 40 · NT VE · texte numérisé non relu

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les, etc...», nous les avons toutes observées après de simples injections de la même albumine : ici le sérum de cheval normal.

Et nous ne pensons pas que leur caractère ou leur aspect et dimensions soient déterminés par la quantité de poison administrée, au moins dans une certaine mesure, mais qu’ils dépendent surtout de la plus ou moins grande modification chimique que cette albumine a pu apporter au sérum de l’animal et qui se traduit par le plus ou moins grand pouvoir précipitant de ce sérum.

Voici ce que nous avons observé après une injection à processus escharifiant :

24 heures après l'injection, Paspect macroscopique de la région est très modifié. Il consiste en une masse molle, diffuse, de volume variable, au niveau de laquelle la peau est rouge vif. Dans les heures qui suivent, la coloration se modifie. Il se forme en un point une plaque plus ou moins ovalaire, hémorragique, de couleur rouge foncé, qui s'étend concentriquement et s’entoure d’un bourrelet que l’on apprécie d’abord par la palpation. Puis cette plaque est souvent bordée par une collerette blanche plus ou moins sinueuse. Mais celle-ci peut faire défiaut. Le troisième jour, la plaque centrale est violacée, puis devient noirâtre en même temps qu’elle s’épaissit et durcit, se plisse et se rétracte, tirant sur les tissus voisins qui sont légèrement œdématiés. La masse profonde, molle, qui constitue la région à peau rouge ou bien a disparu, ou bien s’est limitée nettement, formant un nodule ou un placard de consistance assez dure.

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Ceci est la réartion que nous avons constatée le plus souvent et qui aboutit à l’eschare sèche. Mais quand on doit avoir une gangrène humide, les modifications sont plus rapides et différentes : le deuxième jour déjà, la peau est violacée en un point et donne, au toucher, une sensation de velours. Cette plaque violette présente, par la suite, quelques points hémorragiques et devient nettement humide, mais ne forme jamais le placard noir et plissé de la lésion précédente.

L’eschare une fois formée s’élimine lentement, surtout si c’est une eschare sèche et surtout si elle s’est formée dans une région ne renfermant que peu de tissu cellulaire sous-cutané (région cartilagineuse de loreille). Elle peut commencer à se détacher sur un de ses bords au bout de & à 10 jours, mais il est possible au’elle ne soit pas encore éliminée après 2 mois.

L’eschare étant éliminée, il persiste une ulcération anfractueuse à fond tapissé de caséum. Dans le cas particulier d’une région cartilagineuse on a seulement une plaie très superficielle et rapidement cicatrisée.

L'ulcération qui succède à une eschare sèche se répare moins vite que celle d’une eschare humide.

La masse caséeuse qui occupe le fond de l’ulcération est molle, blanchâtre, légèrement jaune et ne répand pas d’odeur spéciale.

M. NOEL qui a examiné histologiquement un nodule caséiforme, nous a communiqué les résultats suivants:

€ Ces fragments sont constitués par du tissu fibreux « dense fasciculé ménageant des espaces libres, sor- «tes de géoles (voir figure 1) au sein desquel-

«“ les existent des cellules conjonctives à proto-

LR ES

plasma légèrement acidophile, voisinant avec des leucocytes polynucléaires éosinophiles et des lymphocytes.

« Ailleurs, au fur et à mesure que l’on se rapproche de la partie la plus interne du fragment, ces géodes augmentent en nombre. Le tissu fibro-conjonctif apparait un peu comme un réseau à mailles épaisses. Les espaces libres sont remplis par des cellules conjonctives criblées de petites vacuoles plus où moins arrondies donnant au protoplasma un aspect spongieux.

« Le noyau occupe, en général, la partie moyenne de la cellule. L’aspect offert est celui d’une cellule conjonctive qui se charge de graisse ; il rappelle

« ce que l’on voit dans la cytostéatonécrose.

« Tout à fait en bordure ‘du fragment (voir figure 2) du côté interne, le tissu fibro-conjonctif a pratiquement disparu, et il n’existe plus que les éléments décrits ci-dessus. Ceux-ci, libérés de toute connexion, apparaissent arrondis à noyau central avec un protoplasme bourré de petites vésicules analogues à celles rencontrées dans les spongiocytes de la cortico-surrénale. »

Maurice ARTHUS, qui a étudié de très près les alté-

rations microscopiques de la peau, produites par cette

lésion escharifiante, les décrit ainsi :

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