‹ Anaphylaxie par voie sous-cutanée: Le phénomène d'ArthusChapitre 29 sur 40 · SEE · texte numérisé non relu

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00e De la lecture d> ce tableau, il ressort nettement que :

a) Un lapin en état d'anaphylaxie a toujours un sérum précipitant.

b) Ses accidents locaux sont d'autant plus graves que son sérum est plus fortement précipitant,.

Nous poserons done que : pour avoir des accidents cutanés graves, il faut avoir un sérum très précipitant. Il semble bien, en effet, qu'un certain degré de précipitation soit nécess‘ire pour que l’animal fasse des réactions locales marquées. C’est aïnsi qu'on n’observera Jamais d’eschare ni même d’abcès caséeux chez un animal dont le sérum est précipitant faible, (Voir le paragraphe suivant). Et ici la lecture du tableau précédent nous apprend encore que ;

c) Les animaux femelles qui ne faisaient pas d'accidents locaux, avaient malgré le grand nombre d’'injections reçues un sérum peu précipitant. (1)

d) L’intensité de la réaction de précipitation dépend moins du nombre des injections que de l'intervalle de temps entre deux injections successives.

Le pouvoir précipitant s'accroît cependant avec le nombre des injections, mais il sera d’autant plus fort que les injections successives auront été faites à (des

(1) On remarquera ici que les cobayes qui ne font en généra! bas de réactions cutanées aux injeetions répétées de sérum ou en tous cas des réactions très faibles, n’ont jamais dans ces conditions un sérum très précipitant.

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intervalles de teinps tels que leurs effets auront pu s'ajouter.

Après une seule injection de sérum étranger, le lapin possède un sérum capable de précipiter le sérum hétérogène, et nous avons trouvé que cette propriété apparaissait autour du 11° jour.

Quand on pratique la 2° injection de sérum, 5, 6 ou 7 jours après la première, le pouvoir précipitant n’existe pas encore et c’est la raison, croyons-nous, pour laquelle on n’observe jamais la plus petite réaction locale. (Ces points seront développés dans le paragraphe suivant).

La précocité d’«pparition de ce pouvoir précipitant ne paraît pas non plu dépendre de la quantité de sérum injecté. Koss, M&ss et BrRowN font seulement 0,1 de cc. de sérum et trouvent la réaction de précipitation également le 11° jour. Et que cette première injection soit de 1 cc., de 5 cc. ou (de 40 ce. le pouvoir précipitant se manifeste toujours du 10° au 12° jour.

Chez certains animaux, la réaction de précipitation se maintient à peu près invariable pendant fort longfemps.

Chez d’autres, au contraire, elle devient très faible à certains momerts. Peut-être, y a-t-il des périodes d’anti-anaphylaxie comme chez le cobaye, une immunité au moins relative.

Mais à aucun moment, bien que notre expérience portât sur plusieurs mois, nous n’avons vu disparaître cette propriété acquise par le sérum de l’animal imprégné par une a!bumine hétérogène.

Quant à l’action chimique exercée par l’antigène sur

le sérum animal, voici une observation toute récente que nous venons de faire au laboratoire et qui est peutêtre susceptible d'éclairer ce point :

Le sérum normal ne précipite pas par addition d’acide chlorhydrique normale (voir paragraphe suivant) mais il précipite par addition d’acide chlorhydrique concentrée et les conditions de cette réaction nous ônt paru symétriques de celles de la réaction de l’antigène sur l’anti-sérum.

On a par exemple :

Antigène + Anti-sérum — précipité HCL + sérum normal — précipité Précipité (antig. + anti-sérum) + Excès d’antigène — ppté dissous

Précipité (HCL + sér. normal) + ÆExcès d’'HCL — ppté dissous

Précipité (antig. + anti-sér.) + Excès d’anti-sér. — la précipitation augm, Précipité (HCL + sér. norm.) + Excès sér. norm, — toute la mas-

se précipite peu à peu

On voit donc que HCI et antigène paraissent agir grosso modo de façon identique, à une différence d’intensité près : c’est-à-dire qu’en ce qui concerne l’antigène, la précipitation est très variable suivant le degré de la modification qui a été apportée par cet antigène à l’anti-sérum.

Mais il y a mieux, l’antigène s’est montré capable de

dissoudre le précipité formé par addition d'HCI :

Anti-sérum + HCL — précipité

Précipité (anti-sérum + HCL) + Antigène en excès — ppté dissous

Nous ne déduirons encore rien de précis de ces expériences faites au moment de terminer notre thèse. Des essais ultérieurs diront ce qu’il faut en penser.

Cependant dès maintenant nous croyons que ces faits sont indépendant de la fonction acide.

En effet, si par exemple, le sérum normal précipite également avec un autre acide tel que NO'H, le précipité obtenu cetle fois ne se dissout plus dans un excès d'acide.

D'autre part, on peut ajouter impunément de l’acide acétique pur dans un sérum sans observer jamais aucune précipitation

Signalons encore ici que le précipité se fait dans l’anti-sérum.

C’est l’anti-sérinn qui est précipité par un petit volume d’antigène.

Nous insistons sur ce point car on trouve dans beaucoup de manuels classiques, si ce n’ést dans tous, que c’est le sérum des animaux sensibilisés qui acquiert la propriété de précipiter lPantigène, Cela n’est pas exact.

C’est comme 5i on disait : c’est l’urine albumineuse qui précipite l’acide azotique.

Donc de même qu’il ne convient plus d’employer les mots précipitines et anti-corps qui font illusion et ne représentent rien, de même il y aurait lieu de se débarrasser de l’expression : pouvoir précipitant de l’antisérum, car, en réalité, l’anti-sérum a acquis la faculté

non pas de précipiter, mais d’être précipité,

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