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« Un lapin reçoit sous la peau, tous les 6 jours 5 cc. de sérum de cheval. Après les trois premières injections, la résorption se fait en quelques heures. Après la 4° injection, il se produit dans la zône d’injection une infiltration molle, ne disparaissant pas avant 2 ou 3 jours ; après la 5° injection, l’infilitration qui se reproduit est plus dure, œdémateuse, ne se résorbant qu'après 5 à 6 jours au moins. Après la 6° injection, l’infiltration œdémateuse se transforme très rapidement en une altération profonde du tissu cellulaire sous-cutané, qui donne une masse épaissie, compacte, solide, blanche (masse absolument aseptique et qui n’est pas du pus), persistant pendant des semaines, inaltérée ; après la 7° injetction, les mêmes modifications se produisent, en s’accentuant ; la peau qui recouvre l’empâtement devient rapidement rouge, puis blanchâtre, et se dessèche ; il se produit une plaque de gangrène, dont les tissus s’éliminent très lentement (plusieurs semaines, en laissant une plaie anfractueuse, profonde, se cicatrisant péniblement. L'état général de l'animal est resté bon. C’est là une expérience typique, mais il se peut que les périodes soient moins nettement tranchées, il se peut que la nécrose se produise avant la 7* injection, il se peut que les premiers accidents n'apparaissent qu'après la 5°, la 6',,1a \7 "injection. RER RER RE CARRE ES Notons en passant que les modifications profondes du tissu cellulaire et la plaque de gangrène ne se sont produits qu’à la suite d’une injection pratiquée sous la peau ventrale ou thoracique ;
tnt
« l’injection faite sous la peau de l'oreille n’a pro- « duit qu’un œdème, d’ailleurs volumineux, et assez « longtemps persistant. »
Voilà pour ce qui concerne la description des lésions locales. Poursuivant ses recherches, le même auteur trouve que les manifestations locales de lPanaphylaxie chez le lapin ne sont pas spécifiques, et même que le lapin peut être sensibilisé par des substances telles que la gélatine et le glycocolle.
Plus tard, VON PIRKET et ScHiCK firent à des lapins des injections sous-cutanées dans l'oreille et produisirent un œdème après la 2° injection. Tandis qu’AR- THUS considère que la production de la réaction locale dépend du nombre des injections, Von PIRKET et Scxik pensent que l'intervalle entre la 1" et la 2° injection est le facteur le plus important, et que l’œdème local se produit toujours après La 2° injection, pourvu qu’on attende dix jours entre la 1“ et la 2° inoculation.
Ces auteurs trouvent aussi que le sérum de cheval est spécifique ; une injection de sérum de cheval n'étant suivie d'aucun effet après injection d’un autre sérum et inversement, aucune réaction ne suivant lPingection de sérum de cheval chez un animal sensibilisé auparavañht par d’autres sérums.
Ils constatent également que des lapins préalablement inoculés par le sérum de cheval réagissent localement après l’injection de sérum provenant de lapins en état d’anaphylaxie active.
En 1906, un fort intéressant travail de MarFaAN et
LemaiRE (« Les accidents séro-toxiques »; Thèse Pa-
tre
r:s, 1906) nous apprend que les accidents cutanés constatés après les injections séro-toxiques paraissent en étroite relation avec l'apparition de précipitines dans le sang du sujet inoculé, que ces précipitines apparaissent du 7° au 12° jour, après la 1" injection, que les injections successives entretiennent le pouvoir précipitant du sérum, et qu’en réalité la 1" injection de sérum anti-diphtérique, même ne provoquant aucun accident, n’est pas complètement inoffensive, puisau’elle s'accompagne d’une importante baisse de poids. |
Puis, NICOLLE, en 1907, publie une étude sur le phénomène d’ArrHus. Mais ses expériences ne nous apprennent rien de bien nouveau, et l’auteur reconnaît lui-même qu'elles sont sujettes à caution, puisque tous les animaux sur lesquels il expérimente sont décimés par des épidémies de pasteurellose qui, bien certainement, viennent modifier leurs réactions locales ou générales.
Retenons cependant que cet auteur arrive à produire l'anaphylaxie passive chez le lapin ; après injection, à des lapins neufs, de grandes quantités de sérum provenant de lapins sensibilisés, il obtient un œdème local en injectant à ces mêmes lapins neufs du sérum de cheval. En 1920, Nicolle, dans son livre « Antigènes et Anticorps », note plusieurs faits intéressants pour nous, mais qui ne concernent pas directement le phénomène d’ArTHUSs. Il en sera fait mention, à l’occasion, dans le cours de ce travail.
Depuis 1907, la plupart des auteurs se sont intéressés surtout aux chocs anaphylactiques par voie intra-
vasculaire, et ont prêté peu d’attention aux réactions lacales, et cela, d’autant plus, que le plus grand nombre de travaux ont été faits sur des cobayes et non sur des lapins. |
Cependant, Paul LEWIS, reproduisant le choc anaphylactique sur des cobayes, remarqua que chez ceux qui survivaient, il se produisait souvent par la suite des réactions locales caractérisées par de larges zones d’œdème (?),
En 1910, Kxox, Moss et BRowN, étudiant les réactions sous-cutanées des lapins au sérum de cheval, montrent qu’on peut déceler un état anaphylactique engendré par de très petits doses de sérum, au moyen d’un test cutané pour lequel il faut également de très petites quantités de sérum. Ils trouvent que la réaction apparaît de 10 à 15 jours après la 1" injection et persiste au moins 3 mois, et que l’apparition des précipitines dans le sérum de ces animaux a dieu synchroniquement. Enfin, cette réaction locale s’est montrée négative chez les descendants des lapins injectés.
Nous mentionnerons ici un fait rétrospectif, qui, vu à la lumière du phénomène d’Arthus, nous intéresse directement : C’est le phénomène de Koch, que son auteur décrivait ainsi, en 1891, dans le numéro du 15 janvier de la Deutsche Medizinische Wockhenschrift (page 101).
« Si on inocule à un cobaye sain une culture pure de « bacille (de Koch), la plaie se ferme ordinairement et « semble guérir dès le premier jour, Ce n’est que vers « le 10° ou le 15° jour qu’apparaît, au point d’inocu- « lation, un nodude dur qui s’ouvre bientôt et produit
« un ulcère persistant jusqu’à la mort de l'animal.
« Or, les cobayes déjà infectés depuis quatre à six semaines et qu’on réinocule de nouveau, se comportent très différemment. Chez eux, il ne se forme « pas de nodule au point de réinoculation; mais, dès « le lendemain ou le surlendemain, ce point devient « dur et prend une coloration rouge violacée, puis « noirâtre, sur une étendue de 5 millimètres à 1 cen- « timètre. |
« Les jours suivants, la peau se nécrose ; elle ne « tarde pas à s’éliminer et laïsse à sa place un ulcère « superficiel qui guérit rapidement de façon défini- « tive, sans que les ganglions voisins soient tuméfiés.
« Aïnsi, les bacilles tuberculeux inoculés agissent, « vivants, autrement sous la peau d’un cobaye déjà « tuberculeux que sous celle d’un animal sain.
« Cet effet curieux n’est pas spécial aux bacilles « vivants. Il se constate également avec les bacilles « tués, soit par chauffage par ébullition, soit par « chauffage chimique. » |
C’est bien là, il semble encore, de l’anaphylaxie à manifestation locale.
Enfin, bien qu’ils ne renferment pas d’étude spéciale sur le phénomène d’Arthus, nous citerons ici les ouvrages d’Auguste LUMIÈRE : « Le problème de Panaphylaxie » et « La vie, la maladie et la mort, phénomènes colloïdaux », où sont consignés des travaux faits depuis de longues années et qui aboutissent à la conception d’une belle théorie des phénoménes vitaux, et grâce à laquelle Panaphylaxie, en particulier, reçoit enfin une explication satisfaisante,