‹ Anaphylaxie par voie sous-cutanée: Le phénomène d'ArthusChapitre 9 sur 40 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Etude Expérimentale : Technique

Notre but étant tout d’abord d’étudier les réactions locales observées par ARTHUS, nous avons, naturellement, choisi le lapin, qui se prête admirablement à ce genre d'expérience. Comme on le verra, nous avons également fait un essai sur des cobayes, afin de voir les différences des réactions, dans les mêmes conditions, chez deux espèces animales différentes.

TECHNIQUE GENERALE. — Nous avons pratiqué presque exclusivement des injections sous-cutanées qui ont, naturellement, été faites en prenant toutes les précautions aseptiques d'usage; nous avons toujours employé une seringue et une aiguille préalablement portées à l’ébullition pendant quelques minutes ; la peau a toujours élé désinfectée au niveau où on

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devait pratiquer l'injection. Le poil a été soigneusement coupé le plus près possible de la peau, mais jamais rasé, car ainsi on peut produire une irritation légère qui viendrait troubler linterprétation d’une réaction locale faible.

Nous n’avons, du reste, jamais constaté de phénomènes infectieux consécutifs à une injection. Nous avons fait surtout des injections de sérum de cheval, pour lesquelles nous avons utilisé le sérum de cheval normal ordinaire, qu’on trouve dans le commerce en petits flacons de 10 cc. préparés par l'Institut bactériologique de Lyon. Les flacons utilisés dataient généralement de 3 à 4 mois. Les injections ont d’abord été faites sous la peau des flancs, puis en n’importe quel point du revêtement cutané : peau de la nuque, des lombes, des cuisses, des pattes antérieures et postérieures, des oreilles, étc.., quelques-unes intra-musculaires.

Chez la plupart de nos animaux, les injections ont été faites tous les 5, 6 ou 7 jours, suivant la méthode d'ARTHUS ; deux sujets ont été traités par injections toutes les 48 heures, un sujet par injections toutes les 24 heures ; quelques-uns ont reçu des injections à intervalles plus longs, un mois ou plus, ou à des intervalles irréguliers.

Pour le sérum de cheval, nous faisions en général 2 cc. par injection, mais nous avons fait également 1 cc. 5 et 10 ce. Chez un animal, nous avons essayé la sensibilisation au moyen de 1/200% de ce.

Nous avons pratiqué aussi des injections d’ovalbumine, pour lesquelles nous avons employé la techni-

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que indiquée par ARTHUS : on ajoute au volume total du blanc d'œuf 2 volumes d’eau salée à 1 %, préalablement bouillie et refroidie. On bat vigoureusement le mélange, de façon à rompre les membranes de l'œuf et on laisse reposer quelques instants pour permettre à ces membranes de se séparer de la liqueur albumineuse.

L'animal est examiné dans les heures qui suivent l'injection. Il est l’objet d’une observation attentive, le poids est toujours noté le jour de l'injection, nous le reprenons les jours suivants, le plus régulièrement possible ; la peau de l’animal a toujours été soigneusement examinée, en particulier au point où a été faite l’inoculation.

Si l’animal meurt, nous pratiquons l’autopsie et nous cherchons à établir les causes de cette mort.

Chaque fois que nous l'avons cru utile, nous avons fait faire l'examen histologique de certaines pièces ; nous avons également fait photographier des lésions d'aspect un peu spécial ou qui paraissaient suffisamment curieuses pour intéresser.

Voulant examiner le sérum de nos sujets, nous avons dû faire de nombreuses prises de sang, pour lesquelles, suivant nos besoins, nous avons pratiqué la ponction de la veine marginale de l'oreille ou la ponction cardiaque qui permet de retirer facilement et sans aucun inconvénient pour l'animal, quand elle est bien faite, d'assez grandes quantités de sang.

Pour certaines expériences, pour lesquelles nous voulions recueillir de notables quantités de sérum, nous avons pratiqué la ponction de fa carotide, après

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laquelle nous avons dû faire la ligature de cette artère.

Les quelques autres opérations exécutées au cours de ce travail : greffes, inoculations, extirpations de tumeurs, cultures sur bouillon, etc, ont été faites suivant les techniques et les règles habituelles.

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