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Place de l'œuvre de Tolstoï. — Education cl Premières atteintes du scepticisme. Perte — Athéisme et fatalisme. — Plus d'autori l'homme est dans l'organisme. Le problème née. Désespérance. Sympathie universel!* sibilité.
De Tanarchie morale conduisanl chie sociale, nous avons un vivani dans Tolstoï. A cet égard, Tétude curieuse et étrange figure trouve ic naturelle. C'est une sorte d' « illu de notre doctrine. D'autant que pei négative a eu de nos jours pareil sèment.
Le comte Léon Tolstoï est un des les plus féconds et des penseurs hardis de la Russie à Theure préser avoir donné au public une vingtai lûmes, la plupart traduits en franc se lasse pas d'envoyer aux revu des articles où se manifeste toute de sa foi philosophique. A en <
Il semble cependant qu'on peu ces courants divers à deux pr les uns aboutissent à ce qu'on nihilisme y les autres tendent à ce gne, dans un sens large, Tappc quiétisme.
Il faut, tout d'abord, rendre à rite de Tolstoï ce témoignage qi ses livres, qu'il a mis en pratiqi un certain point, ses doctrines. C un littérateur de métier qui écrit pour l'art, ou désir de se dis besoin de vivre. Gomme, d'ailleu répandu dans un grand nombre sonnages, il n'est pas malaisé c truire sa pensée intime et sa ph morale.
Léon Nicolaïevitch Tolstoï 9 septembre 1828 (nouveau style) Poliana, dans le gouvernement de la meilleure et de la plus richi A^ Russie. Encore jeune, il mère. Il a écrit, de celle-ci, dan
Quand elle souriait, la joie se réout autour d'elle. Si je pouvais t entrevoir ce sourire dans les mo- Ticiles de la vie , je ne saurais ce que le chagrin. » Elle le laissait 3 d'un père, gentilhomme aimable iid air, « connaisseur en tout ce ure commodité et agrément », )tique et viveur.
né avec une figure assez disgra- Je suis resté laid, écrivait-il étuje continue à m'en désoler. »
le certaine gaucherie à se présociété, de la sauvagerie dans le Il est curieux de voir la place lent dans les romans de Tolstoï inages aux accès soudains de timi- •ougeurs faciles. Se croyant rebuté, mce de bonne heure à prendre é en grippe. Il se laisse aller aux îolitaires et aussi à des mouvextravagante bizarrerie, îla, une grande tendresse de cœur, it que tout le monde fut heureux it. « Oh ! le doux temps de mon
enfance, où je m'endormais en mes petites couvertures, le visag gné de larmes d attendrissement t-elle piétiné si lourdement sur <iue je ne doive plus jamais co larmes et ces transports ? Ne n t-il que le souvenir ? » Parlant d' avec un camarade d'école : « »
penser sans tristesse, écrit-il, à Tnents frais et purs, à cette tendresi et désintéressée, qui mourut $ épanchée et sans avoir éveillé d
A quinze ans, son père l'envc en compagnie de son frère aîn versité de Kazan. Il y achevait troisième année, qu'il prend la d'abandonner l'Université et de crer à la vie rustique. Il s'établ terres patrimoniales dlasnaïa visite ses moujiks, s'intéresse à tence et à leurs travaux, médite de Mais bientôt il s'aperçoit qu'il n prend pas et n'en est pas com
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f tions. Puis, en 1857, après un
I courte durée dans ses domaines
à voyager. Il visite ainsi la Sui magne et la France, l'Italie et W En 1859, il était de retour à lasn et y fondait une école modèl Après quelques succès, Tolstoï de son œuvre, abandonne tout e Moscou. C'est là qu'il se maria.
Il eut le bonheur de trouver AndréeAvna une compagne air vouée, modeste. Dès lors, il se fix( Poliana. Bientôt son foyer se p tour à tour treize enfants venaie dre place ; neuf survivent à l'henr C'est dans cette existence patri; écrivit Guerre et Paix y Anna deux des chef-d'œuvre de la russe, et ses autres nombreux livres, articles de revues et de joi
Dès son adolescence, Tesprit Tolstoï s'attacha aux troublants de la destinée humaine.
188 lE NIHILISME DE TOLSTOÏ
« Pendant toute une année, écrit-il de ce ; Souvenit's, je vécus dans un •al absolu, enfoncé en moistions abstruses de la destinée L vie future et de l'immortalité ésentaient déjà à moi, et ma 3nce d'enfant travaillait avec
de l'inexpérience à éclaircir blêmes que le génie humain, laborieux efforts, arrive seulesans parvenir à les résoudre, les systèmes philosophiques, éduisait autant que le sceptiit un temps, il me conduisit in de la folie. Je me figurais de moi il n'existait rien ni 3 le monde, que les objets
des objets, mais des appaes par moi durant le moment itais attention, évanouies dès
d'y penser. En un mot, je !>chelling que les objets exis-
eux-mèmes, mais par leur le moi. Il y avait des minutes ence de cette idée obsédante,
I j'arrivais à un tel degré d'égarement que je I regardais brusquement derrière moi, dans
Tespoir d'apercevoir à l'improviste le néant là où je n'étais pas.
« O esprit humain ! Pauvre, pitoyable ressort de l'activité morale ! »
Mais, ce ressort, Thomme le fortifie par un exercice sagement conduit. 11 est naturellement de bonne trempe , quoique frangible : l'évidence même nous le crie.
Comment la raison humaine aurait-elle cette crainte de se perdre dans la folie, si elle n'était parfois en possession d'un état sain, si elle n'était par constitution capable d'atteindre au vrai ? Dans Tolst-""'* — ---dans tout sceptique, il y avait la fléchie assistant à l'invasion sur domaine de l'imagination et de la C'est à la raison à se ressaisir t( Tolstoï ne semble pas l'avoir moins avec méthode et calme, c'est par là seulement qu'il aur riger ce que lui-même nomme de raisonner ».
vant pas de mots, tu te jetais ? terre en oleurant ! »
Évidemment, « avec sa rage de ra Tolstoï ne pouvait adopter comn cette foi qu'il enviait. Mais aussi se forger une foi que la raison contrôler et s'imaginer que telle ei table, Tunique foi ? La foi chrétienn sur la raison, demande ses fonder raison.
A la mort de sa mère, il pleure les funérailles, il fait les signes de c giques ; mais la prière ne jaillit p; cœur. Il gémit de ne plus croire aux e éternelles. Et cependant, « dans 1 plus reculé de la salle, se cachant ( porte ouverte de Voffice, une vieil aux cheveux gris et au dos voûté nouillée. Les mains jointes et lesye elle ne pleurait pas : elle priait, s'élevait vers Dieu ; elle lui deihan réunir bientôt à celle qu'elle avait a que tout au monde, et elle espéra ment que Dieu l'exaucerait bientôt
En quelques circonstances, ce
vient rafraîchir son âme : par jour où, jeune homme, il va mettre sa conscience en règle, ir, un vénérable religieux. On ns une petite cellule du monasprie d attendre quelques ins-
res donnaient sur une muraille mte seulement de quelques pas.
ïtres et la muraille était un petit as. Aucun son du dehors ne is la cellule; tellement que au silence, le tic-tac régulier du raissait presque un bruit vio-
ne parlait d'une vie nouvelle, oi jusqu'à ce jour, d'une vie de irière,de bonheur tranquille, passent, me disais-je, les années ;t toujours seul, toujours paitoujours que sa conscience est 3ieu et que sa prière est enten-
î même, par instants, deressen-
tir tout ce qu'il y a d'émouvant dans les cérémonies du culte :
« Un digne et respectable vie avec la douce onction qui pénè l'ame de ceux qui prient. Les i du sanctuaire se refermèrent, i rideau, lentement tiré, une voi murmura quelques paroles. Les cha se remplirent involontairem et une douce et énervante ém tout son être.
«Enseigne-moi ce que j'ai à fa moi à me résister, enseigne-n me corriger pour toujours », j
« Le diacre, sortant de Yh plaça devant les portes sain longs cheveux de dessous la d; faisant un grand signe de cj solennité :
« Prions en paix le Seigneur ! .
ajoutait mentalement :
« Prions sans différence d sans haine, unis tous ensen amour fraternel ! — Prions; i accorde la paix du ciel et L
disait le diacre, et Natacha lui réponfond du cœur : « Prions pour obtenir des anges, la paix de tous les êtres ils qui vivent au-dessus de nous W. »
ce n'était là que des éclairs fugitifs ; Dituelle disposition d'esprit était celle )us a peinte dans Lévïne, un des per- 9s où il a mis le plus de lui-même. « Il t dur de participer à des. cérémonies ses sans y croire... Pendant la preaesse à laquelle il assista, Lévine fit mieux pour se rappeler les impreseligieuses de sa jeunesse qui, entre
dix-sept ans, avaient été fort vives ; îussit pas. Il entreprit alors de consiîs formes religieuses comme un usage vide de sens, à peu près comme l'habi-
faire des visites ; il n'y parvint pas Lge. Car si, à l'exemple de la plupart contemporains, il était absolument vague, au point de vue religieux, et
Guerre et la Paix, Paris, t. II, p. 282.