‹ Anarchie morale et crise socialeChapitre 14 sur 18 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

A LA RECHERCHE d'uNE MORALE

Un épisode.

Tâtonnements de la pensée moderne de l'éclectisme au solidarisme. — M. Brochard propose le retour à la morale grecque qui se tiendrait en dehors de l'idée d'obligation : cette idée y existe, mais mal fondée. En tous cas, le devoir ne saurait être, comme le veut M. Cantecor, l'idée d'une autorité qui s'impose par elle-même : il lui faut une base métaphysique. — M Lalande n'accepte pas le reproche du défaut d'entente morale ; mais la morale se volatilise entre ses mains. Anarchie morale à la Sorbonne. — Un enseignement moral distinct pour chacun des deux sexes. — Le mécanisme est impuissant à donner une morale : vaine tentative de M. Bourdeau, réfutation de Spencer par M. Halleux. — L'Ecole de morale : essais de retour à la solidarité. — La Morale chrétienne estelle anti-sociale? — M. Félix Ravaisson voudrait retrouver la pensée constante de l'humanité. — Ce que saint Thomas a ajouté en morale à Aristote. . . 15

CHAPITRK III

Les Morales Positivistes

ou Naturalistes

Deux conditions nécessaires de toute théorie morale : ne pas aboutir à une négation de la morale, montrer le lien des vérités morales avec les divers ordres de vérités. — A. Comte tire la morale de la biologie et de la sociologie. Mais le principe positiviste ramène le fait moral à une forme de la quantité ou du mouvement, le devoir à une nécessité physique, rend inexplicables la subordination des instincts et la! truisme. — La qualification de morale indépendanle va contre l'esprit du positivisme, qui prétend montrer la corrélation des sciences. — Littré fait appel tout ensemble à la biologie et au concept didcntitc. — Taine sépare les vérités spéculatives des vérités pratiques, confond le bien sensible universalisé avec le bien moral. — M. Bcrthelot s'en tient à des formules creuses ou aux lois physiques. Naturisme révolté de Guyau. — L cvolutionisme, avec Darwin et Spencer, ne dépasse pas le positivisme, ni le point de vue biologique, rêve la transformation de légoïsme en altruisme 61

Kant, avec sa doctrine de l'impératif absolu et de la volonté autonome, met le devoir à la place du bien, le pose injustifié et isole. — Le criticisme de M. Renouvier rêve d'allier une liberté hypothétique avec un devoir absolu, est impuissant à passer du désirable à l'obligatoire. — Si Ch. Sccrétan appuie la morale sur une liberté réelle, la solidarité, qu'il lui donne comme matière, manque de

justification métaphysique, tout en confinant au monisme. — « Variations » de Marion et de M. Léon Bourgeois sur la solidarité. Les morales dites collectives ou sociales ne peuvent être qu'une extension de la morale individuelle — Les morales de la pitié et de la sympathie stériles parce qu'elles négligent l'union entre les intelligences, qu'elles font à la vérité sa part, qu'elles manquent des énergies du vouloir. Le retour à l'action, sans vérité objective, est contre nature. Le beau n'est pas moralisateur par lui-même 105

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