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que le socialisme se place sur le terrain de la lutte de classes. Les socialistes utopistes n'en avaient aucune notion tant soit peu précise. Et en cela ils étaient en relard sur les fhéoriciens «de la bourgeoisie, leurs contemporains, qui comprenaient très bien au-moins la signification historique de la lutte du tiers-état contre la noblesse.
Si chacune des « conceptions nouvelles » sur fa nature humaine semblait fournir des indications très précises sur Forganisation de la « société future », le socialisme scientifique est très sobre de détails de ce genre. La structure sociale dépend de l’état des forces productives. Quel sera cet état au moment où le prolétariat prendra en main le pouvoir ? Nous ne le savons pas. Tout ce que nous savons maintenant, c'est que les forces productives qui sont déjà à la disposition de l'humanité civilisée réclament impérieusement /a socialisation des moyens de production el une organisation unilaire de la production. Cela nous suffit pour ne pas nous désorienter dans notre lutte contre la « masse réactionnaire ». |
Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui entraîne toutes les autres ; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.
Ces paroles, écrites en 1848, ne sont inexactes pour notre temps que sur un point : elles mentionnent des. « partis ouvriers » indépendants du parti communiste ; il n’y a plus maintenant de parti ouvrier qui ne suive, de près ou de loin, le drapeau du socialisme scientifique, ou, comme il est dit dans le Manifeste, du communisme.
Ainsi, encore une fois, le point de vue des socialistes utopistes, comme de la science sociale tout entière de leur temps, était la nature humaine ou un principe. abstrait quelconque dérivé de cette notion. Le point
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de vue de la science sociale et du socialisme de notre
temps est celui de la réalilé économique el des lois immanentes de Son évolution.
On peut donc facilement se faire une idée de l’impression que font sur les socialistes modernes les arguments des théoriciens de la bourgeoisie qui répètent sans cesse la vieille chanson de l’incompatibilité de la nature humaine avec le communisme. C’est comme si l'on voulait combattre les darwiniens avec des armes tirées des arsenaux scientifiques du temps de Cuvier ! Et, ce qui est plus digne d'attention, c'est que cette vieille chanson nest pas dédaignée même par des « évolutionnistes » comme Herbert Spencer ! Que voulez-vous ? la plus belle fille du monde ne peut donner quete qu'erté ait).
Voyons maintenant quel rapport il peut y avoir entre le socialisme moderne et ce qu’on appelle l’anar-
Chisme.