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32 ANARCHISME KT SOCIALISME priété el toute la paperasse gouvernementale. C'est surtout Kropotkine qui attribue une énorme mportance à ces autodafés. On dirait un bureaucrate révollé ! Mais plus la conscience de classe du prolétariat se développe, et plus il incline vers l’action pohtique en laissant de côté les émeules, si fréquenies dx temps de son enfance. ILest plus difficile de pousser à une émeute es ouvriers de l'Europe occidentale, arrivés à un certain degré de développement politique, que les paysans russes, par exemple, crédules et ignorants. Le prolétariat ne goûltant point la lactique des émeutes, force était aux «compagnons » de la remplacer par l'action individuelle. C'est surtout après la tentative insurrectionnelle de Benevent, en Italie (1877), que les bakounistes se mirent à glorifier la propagande par le fait ; mais si nous jetons un coup d'œil rétrospectif sur le temps qui nous sépare de la tentative de Benevent, nous verrons que cette propagande a pris une tournure toute spéciale : très peu d'émeutes, et des émeutes tout à fait insignifiantes ; beaucoup d'attentats nersonnels contre les édifices publics, contre les per-
‘sonnes et même contre la propriété... «individuellement
héréditaire». Il ue pouvait en être autrement.
Nous avons déjà vu de nombreuses révoltes du peuple qui voulait obtenir des réformes urgentes — dit Louise Miche!, interviewée par un correspondant du Malin à propos de l'attentat de Vaillant. — Qu'est-il arrivé ? On a fusillé le peuple. Eh bien ! nous trouvons que le peuple a été assez saigné ; il vaut mieux que des gens se sacrifient et commettent, à leur propre risque, ces actes de violence qui ont pour but de terroriser gouvernement et bourgeois (1).
C'est ce que nous venons de dire, quoique en termes un peu différents. Louise Michel a oublié de dire que les révolles, occasionnant la saignée du peuple, figuraient en tête du programme des anarchistes jusqu à ce
que ceux-ci se persuadèrent non pas que les soulève-
1) Reproduit dans le Peuple, de Lyon, 20 décembre 1893.