‹ AnastaseChapitre 101 sur 407 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

^OMa«e est ruiné. — — U se décide à dler rëclauiei* U succession de sa mura àNaxie. — U s'crobarque. — Calme et lempêlc. — On vctitjeier un juif à la nirr. — Anastase le sauve el le mei à cootribniion. — Arrivée à Chios. — AisDTsis accneil qui lui est fait par sa faaBiUe. — r II est cliassé par son père.

Ma bourse» épuisée par l'achat journalier d'une gaieté qui Semblait me fuir, partagea bientôt le vide que j'éprouvais partout. Je reconnus en ce moment que les embarras pécuniaires étaient un excellent remède contre l'humeur noire. On n'a pas k temps de songer au chagrin, quand on est obligé de s'occuper à chercher des moyens d'existence. Il était pourtant indispensable de penser à rétablir mes ûnances; et, pour y parvv^nir, je commençai une spéculation toute nouvelle qui n'aboutit qu'à dessécher le reste de mes ressources; mais j'en fus dédommagé par l'énergie qu'elle me rendit, et qui m'était nécessaire pour mwe des projets plus brillants. C'est ce qu'il s'agit d'expliquer*

Bda mélancolie , et mes efforts pour m'en guérir par des pratiques superstitieuses, n^'avaient mis en contact avec un {xr^ soonage qui avait depuis long-temps échangé la société des hommes pour un commerce habituel avec les esprits, et qui» renonçant à toute communication avec les habitants de la terre, ne s'occupait qu'à cultiver la connaissance des différentes régions des cieux. On aurait pu dire que la seule conversation iamilière que se permît mon ami le derviche était avec les étoiles. Les renseignements exacts qu'il avait sur tout ce qui se passait dans le firmament lui doimaient cependant des idées si lumineuses sur toutes les affaires de ce globe levreslvc ^ CY\i\\ éuit surprix et mortiùé de voir que ni les polenla\s , \ù vwvtttvc? les parUculiers, ue s'empressassent de lui demander sçs3lV\s\c^x

il en donnait aussi volontiers que le font ceux qui n'ont pas la plus petite étoile à leur disposition. Et au fait, qui aurait été plus capable que mon denriche de diriger toutes les choses d'ici-bas? Il savait composer des sentences cabalistiques capables de déconcerter la magie la plus subtile et de détourner les plus malignes influences d*un mauvais œii ^ ; il pouvait dire, à une seconde près, Tinstant le plus propice pour toutes choses, soit pour livrer une bataille, soijt pour prendre une dose de rhubarbe. Quant au cacul des nativités et à la prédiction du beau temps et de la pluie, le calendrier de Ve«ise lui-même devait le céder en exactitude à mon derviche. Personne n'ignore que d'innombrables esprits malfaisants planent dans Fair , toujours aux aguets pour s'introdpire dans la bouche de quiconque a le malheur de bâiller ; que de là ils passent dans le gosier, descendent ensuite dans l'estomac, et causent de terribles ravages dans toute l'économie intérieure : il avait le talent de les expulser avec le plus grand succès. Se préparant à prendre un vol encore plus élevé, il était à la veille , lorsque je fis sa connaissance , de faire une découverte qui promettait d'inépuisables richesses à celui qui voudrait s'associer à lui pour cette spéculation. Elle consistait à reconnaître, par la d<^mangeaison des doigts, les monceaux d'or qui sont ensevelis sous les arches de Backtché-Kioui ^, les ruines de la Grèce, les pyramides d'Egypte; constructions que les ignorants regardent comme des aqueducs, des temples, des mausolées, mais que les adeptes savent être des monuments des^ tinés à couvrir les trésors secrets des Pharaon , des Constantin et des Soliman. La valeur exacte de ces trésors une fois connue, quoi de plus facile que d'abattre les bâtiments qui les cachent ?

Mais, avant que ce projet pût s'accomplir, d'autres ressources s'offrirent à moi; elles étaient moins éblouissantes sans doute, mais plus sûres, et la maind'Eblis* n'y paraissait point

Un jour que je me promenais sur le quai avec un ami qui

1. Les Grecs conservent encore celle superstition si ancienne :

u Ncbcio quis tencros oculus milii fascinât agnos. » iVjrgile.) B.

î2. Magnifique aqueduc, construit pnr le? onipcreurs grecs, pn's tlu village qui porie ce ncyn, el qui, encore aujoiircl'lmi, fournil ah)ondanimeril de l'eaw à Conslunlinopie.

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