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CHAPITRE SEIZIÈME

nemi le plus acharaé, d'Ibrabim , du scheik-el-bricd ; il saute à bas de son dfêVal épnîsé , court vers cette demeure dai^lense pour lui, se précipite vers la porte, se Iraîe un chemin à travers les pages étonnés qui cherchent en vain à s'opposer k son passage, et v» droit iia saint des. sahits, k l'appartenient des femmes; il repousse à droite et à gauche les eunuques, les esclaves et les gardes chargés d*en défendre l'entrée , force h porte prohibée» se perd dans<un labyrinthe de chambres et àt corr^s , et se trouve enfin dan» le centre OBéme du sanC'* tuaire.

» Là , coniptétement épuisé par la faligue et par le sang cfite plusieurs blessures lui o&4^ fait perdre, Hassan Djeddawi s'nrrele eoÛD, jette sur un riche tapîs son sabre ensanglanté ; et, voyant devant lui la iéninie la plus puissante de toute TÉgyple, la sœur d'Ali , la veuve de l^homet , réponse d*f brahtm , quf, h sonarrivée, s'était levée muette de surprise, il se jette à ses preds, saisit le bas de sa robe brodée , et implore sa toute-puissante protectrôn.

» Que pouvait faire Asch-i ar quand* un fils adopcif de son frère, un ârère de son premier mari, s'humiliait devant elle, et la suppliait de lai sauver la vie ?

» Elle jura de le protéger tant qu*il resterait en sa présence, et, en sa présence, personne n'eût osé lever la main contre Ittr. Ibrahim n»eme, son n)ari, consentit à respecter l'existence de Tennemi dont il avait juré la mort tant qu'il serait à l'ombre de ce toit hospitalier.

» Mais Mourad arrive, Mourail qui avait poursuivi Ri-issnn foute la journée. Mcmrad, furieui de voir que sa victime Ini soit échappée, demande qu'on la lui livre, ou menace d'abandonner le parti d'Ibrahim. Le scheik*el-bcled chancelle, et enfin il consent à flétrir son honneur d'une tache , pour satisfaire la vengeance de son coHègue. Au mépris des lois de l'hospiralité , il donne ordre à Hassan de sortir de sa demeure et lui promet une sauvegarde pour se rendre sur les frontières d'Egypte. Le bey n'était pas dans une situation à pouvoir faire ses conditions ; il est donc obligé d'accepter celte offre spécieuse , et part accompagné d'une nombreuse escorte; mais quelle est de nouveau sa consternation quand il apprend en roule qu'on le C9n^

duit précisément dans cette ville d*Ârabie dont il porle le nom et qu*il a autrefois livrée au pillage! L'abandonner à la fureur de la populace de Djedda, c'était le dévouer à une mort plus cruelle que celle à laquelle il venait d'échapper. Cependant, à la moindre résislance aux volontés de ses ennemis, Tordre avait été donné de le massacrer sur-le-champ : il feignit donc de se soumettre à son sort et se laissa conduire tranquillement à Suez , d*où on le fit embarquer pour La Mecque. En mer, il aurait pu tuer par surprise quelques-uns de ceux qui étaient chargés de sa personne, mais les autres l'auraient aisément terrassé; il imagina un meilleur plan : dans l'ombre de la nuit, tandis que tout l'équipage était plongé dans le sommeil, il tomba à l'improviste sur le pilote , et , lui appuyalit un pistolet sur la poitrine , il le força de se diriger en silence vers la côte d'Afrique, et d'entrer dans le port de Cosséir. Là, au premier cri qu'il fit entendre , il trouva unf foule de bras prêts à se lever pour la défense d'un fils d'Ali ; il débarqua , gagna Akmim à marches forcées , et de là se jeta dans le désert. En quelques jours il trouva les tentes des Arabes , ses anciens alliés , et se vit en sûreté sous leur protection. La nouvelle de son évasiou miraculeuse se répandit de toutes parts : elle arriva au Caire; et les partisans qui lui restaient encore dans la capitale, en partirent insensiblement et allèrent rejoindre leur chef.

0 Ismaîl, en arrivant à Constantinople, avait trouvé la Porte trop occupée de la guerre.avec l'Autriche pour s'engager dans de nouvelles hostilités contre l'Egypte. Se lassant de perdre son temps à attendre inutilement, et son argent à faire des présents dont il ne retirait aucun fruit, il se décida à se rembarquer, prit terre à Demé, et, traversant l'oasis de Séwa, alla rejoindre Hassan près des cataractes. Celui-ci avit trop peu gagné, en abandonnant Ismaîl, pour ne pas faire la moitié du chemin vers une réconciliation. Un mécontentement commun cimenta pour celle fois l'union des deux beys; ils convinrent de jeter le voile de l'oubli sur le passé , et se jurèrent pour l'avenir une fidélité inviolable.

» Celle promesse,» continua l'Osmanli, «a été inviolablement observée jusqu'à présent. Depuis trois ans et plus, ces deux intrépides vétérans vivent ensemble en possesi^ion paisible

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d'£s-Souaii , dernière place du Saîd de ce côté des cataractes. Trop faibles pour inquiéter leurs rivaux , maîtres du Caire , et trop près des frontières de la Nubie pour qu*on les craigne, on les sarTeille, mais on ne les attaque point. Â l'exception de leur petit district, toute l'Egypte, sur les deux rives du Nil, est soumise à Ibrahim et à Mourad. Ces deux chefs jouissent au Caire d'une autorité absolue, et imposent aux provinces un joug bien pesant ; mais il pèse également sur chacun , et il paraît préférable aux horreurs d'une guerre civile. Les habitants désirent la continuation d'une oppression qui les empêche d'être déchirés au milieu d'une lutte entre des rivaux qui se disputent la souveraine puissance. »

Ici finit la longue narration de TOsmanli , ou, pour mieux dire, ici se terminent les événements dont il me traça le tableau. Son récit et notre voyage se terminèrent presque en même temps. Déjà l'on voyait s'élever à droite les immenses pyramides, et à gauche le château du Caire. Chaque passager commença à rassembler son bagage, et, à peine une demi-heure s'était-elie écoulée, que nous jetâmes l'ancre à Boulak. Chacun de nous se rendit où ses affaires l'appelaient. Mon nouvel ami et moi nous prîmes le chemin du Caire , où nous arrivâmes en nous promenant.

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