‹ AnastaseChapitre 172 sur 407 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Voya^re d'Anastase pour se rendre à son gonvernemeut. — Ses rencontres. — La terreur qu'il inspire en arrivant. — Tributs qu'où lui paye. — Maladie de sa femme Khadidge'. — il part pour le Caire et arrive après sa mort. — Dispositions de guerre. — Plan qu'il propose. — Le plan contraire est adopté. — Ils sont obligés de lever le camp.

Suivant Tusage , je voyageai à petites journées, (ihaque matin , au moment du départ, les esclaves chargés du soin de mes tentes prenaient l'avance afîn que je les trouvasse prêtes à me recevoir en arrivant le soir dans l'endroit où je devais passer la nuit. Pour varier l'uniformité de ma marche , je m'amusais quelquefois à me déguiser, soit en paysan , soit en voyageur syrien , tantôt en Barbaresque , tantôt en Arabe enveloppé de son abbah^ Mes fidèles serviteurs cherchaient à me dissuader de celte fantaisie , en m'exprimant leurs inquiétudes pour la personne précieuse de leur cher maître ; mais leurs arguments mêmes étaient pour moi un nouveau motif pour n'y pas céder, parce que je les soupçonnais de ne pas être désintéressés. Je voulais voir tout ce qui se passait ; et , s'il est vrai que l'œil du maître soit le meilleur pour tout apercevoir, le costume qui le distingue n'est pas le plus propre à faire des découvertes. J'étais souvent récompensé de mes peines. Dans un village, les schérifs , me prenant pour le pourvoyeur du kiachef , m'offrirent de superbes volailles pour que je jurasse que la famine y régnait ; dalis un autre , les notables, m'honorant du titre d'in-

|. Espèce de manteau^

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