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CHAPITRE VINGT-SIXlfeME

inai^ touchée; mais la dernière signature de mon ami! que pouvais-je avoir d*aussi précieux? Mes meilleures réflexions venaient ordinairement trop lard, et je cherchai vainement à retrouver un seul fragment de ce billet.

Je pressai contre mes lèvres le portefeuille de Spiridion. « Dernier souvenir du seul ami que j'aie jamais eu, «m'écriaije : « tu ne me quitteras jamais ! tu resteras toujours sur mon cœur t Deviens mon égide contre les passions qui y régnent, et préserve-moi de nouvelles erreurs ! »

Je repris le chemin de la ville, et, en me retrouvant au milieu des hommes, je sentis mon chagrin s'augmenter. Qu'avaisje besoin de rester plus long-temps dans mon pays natal? comment supporterais-je les 'regards de mes compatriotes, malmenant que j'étais abandonné de mon ami? « Ah! » m'écriai-je, « puisque je n'ai plus ni guide, ni appui, fuyons Chios comme un lieu de honte et de désolation. Partons pour l'Egypte, pour Alger, pour la France, pour quelque contrée où les hommes cherchent à acquérir de la renommée en se détruis saut les uns les autres; le tumulte des armes peut seul remplir le vide que. j'éprouve ! » .

D'après cette résolution, au lieu d'attendre plus long-temps la liquidation de la succession de mon père, je vendis mes droits à un spéculateur, moyennant une somme qu'il me paya comptant. Cette opération, en me tirant d'embarras, en causa beaucoup à mes frères, car ils eurent affaire à un homme qui ne leur fit pas grâce d'un para. En attendant, je laissais Constantin avec une épaule cassée, Eustathe avec la hanche démise : ce fut la seule consolation que j'éprouvai en partant.

Je m'embarquai pour l'île de Chypre, où je pensai que je pourrais joindre la flotte turque lorsqu'elle se rendrait en Egypte; et, à l'instant démon départ, j'appelai sur ma tête toute la colère du ciel si jamais je remettais le pied dans l'île qui m'avait vu naître.

De retour chez son père, par la voie de Smyrne, Spiridion tomba dans un état de langueur qui donna des cr intes pour ses jours. Le temps , aidé par la jeunesse et par un bon tempéra* ment, lui rendit enfin la santé, et il recouvra peu à peu le calme et la gaieté. Il reprit alors, pour ne plus l'abandonner, le genre

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(le vie régulier qu'il avait inlcrrompu pour moi. Il épousa onc jeune personne aussi disiinguée par ses charmes que par sa naissance, et devint Theureux père d'une aimable famille.

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