‹ AnastaseChapitre 217 sur 407 · CHAPITRE VLNOT-SKPTlfeME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VLNOT-SKPTlfeME

crate de toutes les Russies n*avait pas nianqnô de reprendre en projet dès qu'elle ha ait \u raulorité fcrmeinenl établie entre les luaius d'ibrahiin et de Mourad. Sun but était d*oblenir des beys le port d'Alexandrie, objet de- la plus grande importance pour ses opératioAs maritimes futures contre la Turquie. Kn retour de celte concession, elle offrait de donner à ces chefs turbulents tous les recours dont ils auraient besoin pour secouer complètement le joug du sultan ; et le consul général de tlussie h Alexandrie, nommé Thonus, était chargé de crnduire celte négociation. Il correspondait avc»c les deux chefs du Caire, par Tent-remised'un renégat russe, nommé Khassini, qui s'était élevé au rang de bey, après avoir été mauieluck. 31ais il avait contre lui, dans cette contrée, tous les consuls des antres puissances européennes, qui, amies ou non de la Porte, n'auraient p!s vu de bon œil la Russie acquérir dans la Méditerranée un port aus&i important qu'Alexandrie. Thonus forma le dessein de se débarrasser des obstacles qu*ils apportaient à ce projet , en les obligeant à le laisser seul maître de la place. Une légère difficulté s'était élevée entre iMourad et les consuls, relativement ft quelques réparations à faire à l'hospice des Latins à Alexandrie. A force de souffler sur cette étincelle, le rusé Llvonien parvint à exciter un tel incendie que les consuls ne se crurent plus en sûreté dans la ville, et prirent la résolution de s'embarquer eit masse pour se rendre à Constantinople. Mais. le politique Ibrahim, craignant les suites que cette querelle pouvait avoir, leur dépê( ha un envoyé chargé de réparer , par ses concessions, les imprudences de son fougueux collègue. Les consuls étaient déjà à bord et sur le point de lever l'ancre quand cet exprès arriva, et Thonus eut la mortiflcation de les voir rentrer dans Alexandrie et y reprendre leurs fonctions.

(Cependant les mesures conciliantes d'Ibrahim vinrent trop tard pour empêcher l'intervention de la Porte. i)ès iWigine de cette affaire, les consuls, craignant quelque violence de la part des bcys , avaient fait partir un exprès pour se plaindt*e au sultan de la violation de son hatti-schérif impérial , et Abdoul- Jlamid avait résolu de punir d'une manière exemplaire l'insulte faite par les beys d'Egypte à des étrangers qui étaient sous sa' protection spéciale. S'il eilt convenu à la Porte de rester en

3 ia MÉMOIRES D*UN GREC.

paix avec ses vassaux, les représeiuanis de tous les potentats de l'Europe, eussent-ils été battus de verges par ordre de Mourad jusque dans sa salle d'audience, n'auraient obtenu d'autre réparation qu'une exhortation à l'oubli mutuel des injures ; mais le divan voulait humilier les beys rebelles, et aucun acte de soumission de leur pUrt ne put le contenter. Les consuls, délivrés de toute crainte personnelle , commencèrent à désirer d'empêcher une rupture qui pouvait nuire à leurs intérêts, et ils écrivirent aux ministres de la Porte pour leur dire : qu'ils avaient pris l'alarme un peu trop tôt, qu'ils avalent entièrement oublié tout ce qui s'était passé, et qu'ils ne souhaitaient que le maintien de la paix et de l'harmonie. Celte démarche fut inutile. Hassan, capitan-pacha , qui, dans ses diverses expéditions, n'avait pas encore eu Toccasion de visiter les plaines fertiles de l'Egypte , espérait y trouver une moisson si abondante, sinon de lauriers, «au moins de piastres, qu'il ne voulut pas permettre que l'affaire s'arrangeât, et sous Abdoul-Haniid les désirs de ce favori étaient des lois. Le d^van , en réponse aux protestatious pacifiques des consuls, se contenta de dire : qu'ils étaient trop indulgents et qu'ils auraient satisfaction , en dépit d'eux-mêmes. Il proscrivit les beys, et ordonna un armement contre eux. On maintint cependant une ombre de négociation, qui réussit, jusqu'à un certain point, 5 endormir les craintes des marnelucks, quand tout à coup, le 6 juillet 1786, l'escadre que j'avais vue d'un œil d'envie sur les côtes de Chypre parut devant Alexandrie.

Les clefs de ce port avaient été gardées pour Hassan par son reala-bey *■ , Hammandgi-Oglou , qui commandait les caravelles du grand-seigneur stationnées devant Alexandrie , Rosette et Damiette , pour recevoir les droits dus par les vaisseaux qui sortaient de ces ports. Les forces d'Hassan consistaient en six vaisseaux de ligne, quatre frégates, quelques chaloupes canonuiùres et quarante ou cinquante kirlangilschs et autres petits bâtiments en étatde remonter le fleuve jusqu'au Caire, et commandés par un Turc de Cos^ nommé Tchelebi-Zadé. Ces bâtiments por-

1. Officier supérieur de la qnarine turque, sous les ordres du capitao-pacha.

2. Appelé par^ les Occidentaux Stanco , par une faasse liaison des trois — '- 'S-tin-Co, C'est l'île où naquit Hippocraie. B,

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