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CHAPITRE VINGT-SEPTJÈME. 3î

laicnt six cents Arnautes (Vélitc de Tintéricur de l*£pire, aussi braves que bien armés, et environ cinq mille recrues ramassées dans tous les coins de l'Archipel, et qui n*avaient ni armes, ni courage, ni discipline. A celte petite armée,. le grand amiral ajouta à Alexandrie environ trois mille Maug: abins ou fiarbaresques très-légèrement équipés. Il n'avait point de cavalerie, et c'était ce qui eût été le plus nécessaire conlre des mamelucks; mais les pachas asiatiques, d'Ourfa, d'Alep, de Trablous et autres avaient reçu ordre de diriger sur Belbéis plus de cavalerie que le grand-amiral n'en avait besoin, et d'y attendre ses ordres. Dès qu'Hassan eut débarqué en Egypte, il marcha sur Roselle, où ses bâtiments légers le rejoignirent, et il envoya ordre aux pachas d'Asie d'entrer dans le Delta.

Celte mesure éprouva pourtant une difficulté imprévue. Le pacha d'Ourfa n'était pas encore anivé, et les aulres avaient reçu contre-ordre après le départ d'Hassan de la capitale. Les niiuistres s'attendaient chaque jour h voir la guerre dans le Dor(i,et ils ne voulaient pas épuiser leurs ressources en les employant du cô'.é du sud.

Hassan, trompé ainsi dans son altente, résolut de suppléer à ce qui lui manquait du côté du nombre par la célérité de ses mouvements, et il commença à remonter le Nil le 31 juillet. Les troupes de terre marchaient le long des rives du fleuve , tandis que la flottille s'avançait de front avec elles.

Ix)rsque la nouvelle des opérations du capitan-pacha arriva au Caire, les deux beys se trouvèrent parfaitement d'accord sur la grandeur du danger qui les menaçait , mais ils furent dopi"*on conlraire sur le plan de conduile qu'ils devaient adopter. Ibrahim élail pour la soumission, Mourad pour la résislance ; et , connue ils ne trouvèrent pas de moyen-lerme entre ces deux extrêmes, le premier se relira dans le Saïd pour éviter qu'on ne l'accusât de rébellion , et le second marcha vers la Basse-Egypte pour opposer la force 5 la force.

Le l\ août vit les deux armées se rencontrer près de Mentoubi's. iMourad , à la tête de ses mamelucks bien montés , le corps couvert d'acier et le cœur brûlant de courage, se croyait sûr de remporter une victoire facile sur l'infanterie mal équipée du grand-amiral. Mais il n'avait pas fait enlrcv e\\ U%wvi. d^

compte rarlillcric qui flanquait Tarmée turque placée sur les bâtimens qui remontaient le Nil, ni les marécages qu'il avaiià traverser pour l'attaquer sur les bords du fleuve. Reçu, lors de sa première attaque, par une décharge générale des canons de la flottille, la confusion se mil sur-le champ dans ses rangs, et SCS troupes n'eurent pas mOme la ressource de la fuite. Leurs chevaux , chargés de cavaliers pesamment armés, s'enfonçaient jusqu'au-dessus du jarret dans les rizières qui formaient le champ de bataille , y restaient immobiles , et l'infanterie légère d'Hassan n'avait que la |)eine de massacrer des soldats qui ne pouvaient ni fuir ni se défendre. Le peu de mamelucks qui s'échappèrent prirent la fuite ver le Caire; mais, Ivi vizir ayant refusé de leur ouvrir les portes de la citadelle, ils ne firent que traverser la ville, et allèrent joindre Ibrahim dans la Haute-Egypte.

Hassan entra , sans autre opposition , dans la capitale restée sans défense , et reçut l'hommage de tout le pays. Il prit son domicile dans le palais d'Ibrahim à Kasr-el-Aîni , et rendit à Ismaïl, exilé depuis si long -temps et qui était accouru du Saïd , son ancienne dignité de schc ïi k-el-beled. La loyauté pins douteuse de Djeddawi fut récompensée moins splendidement; et Yeyen-vizir, l'instrument complaisant de quiconque s'emparait du pouvoir, fut destitué, et sa place réservée pour le pacha d'Ourfa, qui avait amené les troupes d'Asie.

Ce personnage , nommé Abdi , avait été pacha d'Alep. Chassé de celte ville par ses propres janissaires, qui n'aimaient pas SOS gardes-du-corps kourdes et turcomans * , il venait d'être consolé de celte perte par le gouvernement d'OurfJ quand il reçut ordre de marcher en Lgypte avec toutes îe> forces du Diarbékir. Comme on ne lui avait point parlé de pn>" visions, il compta, pour la subsistance de son armée, sur le pillage des districts par cù il devait passer; et , ayant à traverser toute la Syrie d'un bout h' l'autre dans sa plus grande longueur, il s'arrangea de manière à faire durer sa marche pendant tout l'été. Cette circonstance, dont je fus informé dans l'île de Chypre , me fournit l'occasion de me dédommager

1. f.es Kouriles cl les Tiircoiuans forment la garde du corps de» pa'"''** fi'Afie, comme les Albanqts Vovn^pvxv ceWc Att?, ^^cVrA* d'F.aro^)C,

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