CHAPITRE m
Il estliommé cafedgi. — Conseils du vieux Dimos. — Il est chargé d'éloi- {];ner les parents du drogman. — 11 est présenté k Hassan. — Son peu de succès près de lui. — >- Hassan marche contre les Albanais qui assiégeaient Tripolitza. — Anastase est admis à combattre. — Ses prouesses.
— Il est complimenté par Hassan. — Hassan envoie contre le Magne. — Cruautés d'Hassan. -— Il est rappelé et quitte Nauplie en novembre 1779.
— Anastase s'embarque avec Mavroyeni pour Constantinople. — Son activité à bord. — Sa chute devant Chios. •— Ses premières impressions en apercevant Constantinople.
Admis parmi la suite de cet important tergiuman S on me fit bientôt changer mes misérables Têtements de mousse pour une ample benisch ^ de drap fin qui traînait jusqu'à terre. Ce fut la première marque de ma promotion ; mais je ne pus m'empêcher de regretter la perte de ma chevelure noire que je trouvais assez mal remplacée par un vilain calpack * de laine noire d'agneau très-courte. Je jurai que, quelque jour, et à quelque prix que ce fût , je me ceindrais la tête d'un de ces élégants turbans de brocart d'or, ou d'un de ces sch.alls que portaient si fièrement sur l'oreille les tchaouches * du pacha , personnages qu'on rencontrait partout , comme s'ils n'eussent eu autre chose à faire que de montrer leurs belles jambes, leurs vestes roides à force de galons d'or, et leur figure impertinente.
Je me flattais que mon premier apprentissage dans mon nouveau service serait le maniement de la carabine et du sabre. Je fus donc fort mortifié quand, au lieu d'apprendre à tirer sur un ennemi et à fendre la tête d'un rebelle , je me vis réduit à présenter une tasse de café ou une pipe. Un jour, qu'un de mes jeunes compagnons s'amusait à faire de l'esprit à mes dépens, en me raillant sur l'air gauche avec lequel je m'acquittais de mes fonctions, j'entrai dans une telle colère que je lui jetai