CHAPITRE XXXV
Anastâse trônve son H(s Alexis. — Un poète italien l'enfiagc à se présenter à la Convention fraïu/aise comme représentant de la Grèce affranchie.-^— Il se joint à iVné liartilè de kîe[)htes. — Sa première expëdition. — Il se réunit à uoa caràvàtate qUi se ï*end à Alep. — Il rfencoitlre d)es adoratenrit die Satan. — Aventares Je l'Arménien Maillai Moursa.
Le pénible chapitre ^t terminé « te chapitre auiqûel je ne sungeiaiB qu'avec effroi; et que je n'ai pu écrire sans honte. En u^çant ces dernières pages , ma main s'arrêtait inTotoiitaire'' ment, et mes doigts pouvaient à peine conduire ma plume ; mais je voulais, par un aveu sincère de mon injustice, de mescrimes^ offrir àr la mémoire de mon Ëupbrosyne le seul sacrifice qui fût en mon t)ouvoir; Maintenant , après avoir accompli cette pénitence aussi juste que sévère^ je commence à respirer plus librement , et je vais reprendre avec moins de répugnance la suite de mes mémoires. Je ne sens pourtant que trbp vivement que le lecteur impartial ne peut regarder mon repentir et mes remords que comme utie bien faible expialioà de mes fautes^ et que l'horreur que je dois lui avoir inspirée m'accbmpagnera jusqu^à la fm de ma relation»
Après avoir appris le triste destin de l'infortunée Ëuphrosyne, il me restait une autre tâche bien sacrée à remplir; c'était de connaître le sort de l'être non moins à plaindre auquel elle avait donné le jour. J'ignorais s*il avait suivi sa mère au tombeau, ou s'il lui avait survécu pour partager les malheurs de son père. Sophie n'étant plus là pour rendre mes recherches infructueuses, je parvins à découvrir le misérable toit sous lequel Kuphrosyne avait rendu le déifier soupir^ et je trouvai entre les bras des pauvres gens qui habit^iieul te\. ^à\& >\tL OcS^ftSisifKs^
enfant que leur charité avait adopté. Je n'avais pas besoin de preuves matérielles pour reconnaître en lui mon fils; ses traits, et surtout ses yeux , me rappelaient trop vivement ceux de sa mère. Dans les haillons qui Tenveloppaient , je reconnus les restes du dernier vêtement d*£uphrosyne , d*une robe çni avait été jadis un riche tissu d*or et de pourpre, et q^ii, maiatenant ternie et dépouillée de son ancien lustre , semblait un emblème frappant de la destinée de celle qui l'avait portée.
Je pressai mon fils contre mon cœur, je l'embrassai tendrement, je Tarrosai de mes larmes. On aurait dit qu'il reconnaissait son père , car il poussa de grands cris et se détourna avec effroi. Je dis à ces bonnes gens que mon intention était de les débarrasser de ce fardeau. Mais , malgré leur pauvreté , ils étaient tellement attachés à Tenfant, ils me prièrent si vivement de ne pas l'arracher de leurs bras, que je pris le parti de le confier à leurs soins. Jr leur donnai une somme suffisante pour les tirer de la misère, en les mettant à même d'entreprendre un petit commerce , et je plaçai tout ce qui me restait entre les mains d'un négociant sur l'honneur duquel je croyais pouvoir compter, et qui devait tous les trois mois leur en payer les intérêts. M'étant aquitlé de ce devoir, il ne me restait plus qu'à trouver des moyens d'existence pour moi-même. La loi turque, il est vrai , n'accorde pas au créancier vindicatif le plaisir de faire enfermer son débiteur pour toute sa vie entre quatre murailles , et de le mettre ainsi dans l'impossibilité de pouvoir jamais le payer ; mais , en Turquie comme ailleurs , on peut mourir de faim même sans être en prison.
On me demandera peut-être pourquoi je n'eus pas recours à Spiridion dans ma nouvelle détresse. Je ne pouvais supporter l'idée de réclamer un service quand j'étais hors d'état d*^en rendre. « Il vaut mieux , » pensais-je , « devoir ma subsistance à mon courage qu'à la compassion humiliante des autres. « Fatigué de la vie, ne cherchant qu'à bannir toute réflexion, je formai le projet de me joindre à quelques-uns de ces membres audacieux de la société qui , s'érigeant en souverains dans un certain district, imitent les monarques du monde, et lèvent des contributions sur les voyageurs qui passent sur leurs terres. La profe^ion de bandit n'e^t uuW^m^Tvv. ^^Quaraute en Turquie.