‹ AnastaseChapitre 47 sur 407 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

dnisant les plus grandes affaires hors de chez lui , il finissait toujours , dans sa maison , par obéir jusque dans les petites. Seulement, pour sauver son honneur, il avait l'air de faire volonlaireuieut ce qu'il faisait par nécessité.

Un soir, après avoir commis de nouveau la faute, qui m'avait été bien souvent pàrdonnéè , de m'être absenté toute la journée , je rentrai un peu lard , m'attendant à recevoir une mercuriale de mon maître ; mais , au lieu de s'emporter suivant son usage, Mavroyeni me demanda du ton le plus tranquille quelle raison m'avait retenu dehors. Je vis sur-le-champ que j'étais perdu. C'était ainsi qu'il s'exprimait toujours quand il avait résolu de cesser toute relation avec la personne à qui il parlait , parce qu'il pensait qu'en ce cas les reproches et la colère étaient une dépense inutile. Je composai cependant une petite histoire qu'il écouta avec beaucoup de patience ; après quoi, me montrant la porte du doigt , il m'invita à sortir et à ne jamais rentrer chez lui.

Jeje connaissais trop bien pour me flatter qu'il révoquât une sellpice prononcée de cette manière. Je ne songeai donc qu'à faire ma retraite avec dignité. Après un profond salut, qui annonçait moins le respect que l'indifTérence avec laquelle je recevais mon congé , je me retirai, portant la tête si haute que je la heurtai contre le haut de la porte.

iMais , en dépit de cette indifférence affectée , j'étouffais de colère, et je me croyais victime d'une injustice ; car, en faisant mon examen de conscience, je ne faisais attention qu'à la dernière goutte qui avait débordé , sans réfléchir que le vase était déjà plein.

Je n'ai pas besoin de faire observer que ce qui me paraissait

ie comble de l'injustice fut regardé par les autres comme un

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