Atlrologne
1 La Porte da 3aràîa, uae des portes de Constantinople.
je leur donnai une potion qui devait forcer Soliman et Zélidah à garder le lit au moins une cou|de de jours» me promettant de profiler de cette occasion pour aller ra'informer de la santé de leur belle prisonnière; mais des incidents imiHré?us dérangèrent ce pian brillant.
Le visir, mécontent de ce que Yacoub ne parvenait pas à lui rendre à quatre-vingts ans la v^ueur qu'il avait eue à trente , avait 9 sans en rien dire à mon maître, appelé à son aide un nouvel allié ; c'était précisément Thomme dont Yacoub craignait les yeux de lynx plus que les lunettes de tous les monnedgims de l'empire, un Franc, médecin en chef du sérail Un matin qu'il arrivait d'un air triomphant , apportant une fiole pleine d'eau de savon et de cannelle qui aurait, dLsait-ii, la vertu de ressusciter le défunt mufti lui-même , la première chose qu'il aperçut sur le seuil fut le visage refrogné du redoutable triestain ^ ; |il crut voir la tête de Méduse. Il eut pourtant la présence d'esprit de laisser tomber la fiole pour la briser ; et, feignant d'être désespéré de cet accident , il partit précipitamment , sous prétexte d'aller réparer ce malheur en préparant une seconde potion , mais avec la bien ferme intention de ne plus approcher de la porte du i^acha. Cela lui servit peu. Le rusé triestain, qui, à la sortie de Yacoub, lui avait fait la plus terrible grimace que j'aie jamais vue, sachant que nous pratiquions indûment la médecine, nous dénonça au président du collège des hakims. Le visir, de son côté, d'autant plus piqué d'avoir été joué, qu'il se promettait plus de plaisir à mettre aux prises le savoir d'un docteur franc avec la science d'un médecin juif, mit son crédit dans la balance contre nous, et nous fûmes condamnés à une punition exemplaire.
Comme nous réfléchissions sur le malheur que nous avions eu d'avoir affaire à un pacha moins imbécile que nous ne l'eussions cru , une bande de myrmidons de la police envahit notre boutique» Ils commencèrent, suivant leur usage, par avaler tout ce qui se trouvait dans nos fioles , pour leur servir de préservatif contre les maladies à venir. Cette manière d'agir et ses promptes suites nous avaient donné un peu de répit ;