‹ AnastaseChapitre 63 sur 407 · Primat ^ec d*un district · texte numérisé non relu

Primat ^ec d*un district

1 Sur les )K>rds du lac Phonia, en Morée, entre le lac Stympfaate et la ^te da Styx, à nne journée et demie de Calavryta , en allant de ceVVe Àet • avilie, par un ruàe chemia de montagnes, à Coriniher^ B.

86 MÉMOIRES D'UN GAËC.

nous-mêmes.... » — • « h moins, ajouta ma mère en secouant la tête, qu*il ne soit mort ou ruiné ! »

» Il fut décide que nous nous rendrions près de lui. Laissant notre patrimoine an vayvode, pour le récompenser de nous avoir livrés aux brigands, nous dîmes adieu à notre terre natale, qui ne nous avait jamais paru avoir tant de charmes qu'an moment où nous la quittâmes. Mon père se Gait, pour nos frais de route, sur la charité qu'il était sûr que la Providence inspirerait à tous ceux que nous rencontrerions , et ma mère prétendait qae notre voyage ne se terminerait pas sans quelques nouveaux malheurs. Figurez-vous d'abord un homme déjà avancé en âge , chargé des faibles débris de sa fortune , qui ue consistaient qu'en quelques vêtements, ensuite une femme pâle et maigre» affaiblie par une longue maladie, portant dans ses bras un enfant encore à la mamelle , et en tenant par la main un second qui pouvait à peine marcher , tandis que je formais l'arrière-garde entre mes deux sœurs âgées « l'une de dix , et l'autre de douze ans* Noos ne demandions pas la charitCt nous n'y étions pas habitués; mais nous paraissions si misérables qu'on nous la faisait souvent sans que nous eussions besoin de l'implorer, et nous donnions en retour tout ce que nous avions à donner : nos bénédictions.

» Mais les malheurs qu'avait prédits ma mère ne tardèrent pas à se réaliser, et ce fut sur elle qu'ils tombèrent d'abord. Le troisième jour de notre marche, épuisée par la iatigue et le chagrin, elle s'arrêta tout à coup, s'assit sur une pierre au bord de la roule, et, nous déclarant qu'elle n'avait plus la force de marcher 9 elle nous invita à l'abandonner. Je conrus à elle , et, lui jetant mes bras autour du cou , j'essayai de l'encourager k faire de nouveaux efforts; mais, me regardant avec des yeux que la tendresse maternelle animait seule encore : « Mon cher Anagnostiy me dit-elle, souvenez-vous des dernières paroles de votre mère ; Ne craignez rien de vos ennemis, mais méfiezvous de vos amis. » A ces mots , sa tête se pencha sur sa poitrine; elle n'existait plus!

» Ce fut If premier événement que mon père ne put d'abord envisager sons un aspect avantageux. Il pleura long-temps près 'i'<'lle ; après quoi , ayant creusé une fosse à quelques pas du

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