‹ Anatole de Courde de Montaiglon, 1824-1895; notice biographiqueChapitre 5 sur 5 · Voici la transcription de l’acte de décès · texte numérisé non relu

Voici la transcription de l’acte de décès

Mairie de Tours.

c L’an mil huit cent quatre-vingt-quinze, le trois septembre, à dix heures du matin, MM. Charles Hérelle, âgé de soixante-neuf ans, associé d’agent de change, demeurant à Paris, rue Jouffroy, 74, et Denis Thiault, âgé de cinquante- quatre ans, régisseur, demeurant à Fondettes (Indre-et-Loire), c Ont déclaré que Anatole de Gourde de Montaiglon, âgé de soixante-dix ans environ, professeur honoraire de l’Ecole des chartes, chevalier de la Légion d'honneur, célibataire, domicilié à Paris, place des Vosges, g, né à Paris (Seine), fils de feu Auguste de Gourde de Montaiglon et de feue Geneviève-Simoneite Fouquet, son épouse, est décédé le i*' septembre, à six heures du soir, rue Saint-Pierre, 12, petit hôpital Saint-Gatien. »

ANATOLE DE MONTAIGLON

ignora d’abord quand et oü auraient lieu les obsèques, et beaucoup craignirent de ne pouvoir, en l’accompagnant au cimetière, lui apporter un suprême témoignage d’affection et de regrets.

On ne tarda pas à savoir que le général Gonse, son cousin, se chargeait de faire célébrer à Paris la cérémonie funèbre. Le 20 septembre avait lieu le service à l’église Saint-Paul- Saint- Louis, et les restes de celui qui fut un honnête homme dans toute la force du terme étaient déposés dans le caveau du Père- Lachaise, où l’attendait une mère tendrement aimée.

Quatre discours, rappelant les titres du savant et les qualités de l’homme privé, étaient lus sur la tombe par M. Paul Meyer, directeur de l’École des chartes, au nom de l’École, par M. Henry Havard, représentant le ministre des beaux-arts, par M. Giry, président de la Société des anciens élèves de l’École des chartes, et enfin par M. Ulysse Robert, président en exercice de la Société des antiquaires de France. Si la Société de l’histoire de l’art français ne fit pas entendre sa voix, comme on s’y attendait peut-être, dans ce concert de louanges posthumes, elle n’en avait pas moins témoigné, d’une façon sensible, la part qu’elle prenait à la perte de celui qui resta son président dévoué durant vingt-cinq années.

Il nous a semblé qu’il y avait mieux à faire qu’à venir répéter sur cette tombe, après d’autres voix autorisées, les banales formules de regret et d’éloge qu’on ne refuse jamais à un mort, et prolonger ainsi la durée d’une cérémonie pénible. C’est dans le but de réparer ce silence volontaire que nous avons consacré ces pages à celui à qui nous avions voué depuis longtemps une profonde affection et qui justifia si bien par son existence tout entière la belle devise inscrite en tête de cette notice.

P.-S. — En dehors de sa bibliothèque, dont nous avons dit la cession et qui se trouve maintenant installée rue Vaneau, n° Sq, dans un local où les anciens amis du propriétaire sont libéralement admis à travailler, Anatole de Montaiglon laissait un grand nombre de portefeuilles bourrés de notes, de renvois, d’articles découpés dans les journaux, parfaitement classés sous un certain nombre de rubriques propres à rendre lés recherches commodes ;

car c’est un fait remarquable que, dans l’apparente confusion de cet appartement, encombré de papiers souvent inutiles (c’est ainsi qu’on a retrouvé les épreuves et les bonnes feuilles d’ouvrages publiés depuis longtemps), régnait un ordre admirable. Nous pensons qu’il n’est pas sans intérêt de conserver ici le souvenir de ces manuscrits originaux avec des indications permettant à ceux qu’ils pourraient intéresser d’y recourir au besoin.

Dix paquets et onze gros dossiers, où se trouvait réuni tout ce qui se rapportait à Paris et à son histoire, ont été acquis par la bibliothèque de la ville de Paris.

Deux portefeuilles sur Guy Patin, avec un lot de pièces originales du quinteux médecin, appartiennent maintenant à la bibliothèque du Collège de France.

Pour éviter la perte ou la dispersion de cinquante et quelques liasses ou portefeuilles sur les peintres, les sculpteurs et les architectes français, sur les statues équestres, les bagues, sur Michel- Ange, Eugène Delacroix, Bernard Palissy, nous nous sommes assuré ce lot important, et nous comptons prendre des mesures pour sauver définitivement ce qui mérite d’être conservé.

Voici enfin la liste d’un certain nombre de dossiers sur divers sujets acquis pour la bibliothèque de la ville de Tours : Histoire de France (5 liasses); Histoire et politique (lo articles); Histoire de la calotte (i portefeuille); Bibliographie (i dossier); Variétés littéraires (17 liasses) ; Victor Hugo (i carton); le Roman comique (i carton); La Fontaine (i dossier); Rabelais (i dossier); le Port- Royal de Sainte-Beuve (i carton) ; Variétés archéologiques (8 ballots) ; Mont-Saint-Michel (2 portefeuilles) ; Critiques de salons de peinture (i article); Benjamin Fillon (2 cartons); Variétés scientifiques (4 ballots); Mémoires et articles (14 cartons); Notes manuscrites (8 cartons); un dossier de Notes concernant l’École des chartes et un autre concernant l’École de Tours.

Tous les manuscrits, on le voit, sont à l’abri des aventures, et la plupart peuvent être dès aujourd’hui consultés par les travailleurs.

Jules Guiffrey.

ANATOLE DE MONTAIGLON

Un dernier hommage, dont le retard apporté à cette publication nous permet de dire quelques mots, vient d’être rendu à la mémoire d’Anatole de Montaiglon, en prouvant que son souvenir est resté cher à la plupart de ceux qui l’ont connu.

Le 9 novembre 1896, des parents, des amis, des élèves se réunissaient autour de la tombe du Père-Lachaise, couverte pour la circonstance de couronnes et de gerbes de fleurs. Une souscription, qui avait rencontré partout un accueil très sympathique, avait permis d’ériger sur le tombeau de famille une stèle, surmontée du moulage en bronze de la tête de celui dont on honorait la mémoire, avec cette inscription : A Anatole de Montaiglon^ ses amis.

M. le comte Henri Delaborde, secrétaire de l’Académie des beaux-arts, et M. le vicomte Henri de Bornier, de l’Académie française, se sont faits les interprètes émus des sentiments des assistants, venus au cimetière par une froide journée d’automne pour rendre un suprême témoignage d’affection à l’ami et au maître. Une relation imprimée de cette modeste et touchante cérémonie en perpétuera le souvenir pour ceux qui ont gardé à la mémoire d’Anatole de Montaiglon un culte fidèle.

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur.

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