‹ Anatole France, l'autobiographeChapitre 7 sur 8 · POSTFACE · texte numérisé non relu

POSTFACE

Faire un résume de cet ouvrage c'est ce que j' aimerais faire dans cette postface. Hélas le résumé d'une étude comme celle-ci est chose difficile sinon impossible. Je dirai donc comment J'ac procédé et ce que J'ai eu l'intention de faire resso\ir.

En lisant il y a quelques années les livres de France^ Je fus frappé de retrouver dans chaque livre de lui le même caractère dans les personnages principaux. Je trouvais que Bonnard ressemblait à Bergeret et que celui-ci à son tour ressemblait , dans X ses traits essentiels du moinsy a Coignard. Apres avoir presque tous les livres de France je me suis mis à lire les ouvrages qui parurent souvent sur la vie d'Anatole France ^ar des amis qui ont vécu avec ou fréquenté le Maître^ comme ces gens aiment le nommer. J'ai lu ainsi les souvenirs de G-sell,de Le Goff,de Calmettes,de Segur,de Brousson,de Corday,de Mme.Pouquet ,de Sandor Keméri,etf plusieurs autres. Ainsi pendant plus d'une année Je n'avais relu aucun ouvrage de Francemmais lisant et relisant ces mémoires de ses amis Je m'étais créé un France à moi Comme thèse de cette étude alors Je me suis décidé à essayer une comparaison du France que j'avais d'après des souvenirs et de celui qui a écrit sous le nom d'Anatole France, et qu^i se décrit continuellement dans son oeuvre.A mon plus grand plaisi/^ Je retrouvais mon France dans tous les livres de lui que J'ai relus depuis. France est toujours dans son aeuvre, tantôt direct^. ment ;tanto£ indirectement. Je me suis limité dans cette thèse à parler seulement des livres où les personnages orincipaux ressembles par ds points caractéristiques au Maître lui-même, comme Bonnard, Coignard, Bergeret ,Brotteaux des Ilettes , Pierre Nozlère,Jean Servien,Nicias. Je me suis même limité à ces sept

personnages quoique .1 1 âM&isrtïï aimé décrire un"Paul Vence"dans "le Crime" et un "Deschartres"dans "le Lys Rouge" et Jacques Tournebroche"dans"la Rôtisserie" et plusieurs autres encore. Cependant j'étais convaincu que les sept personnages traités feraient une analyse assez minutieuse de l'âme de France* car après tout ce que &t voulu faire <§Jest une étude de cet homme mystérieux et compliqué.

Ces sept personnages, portraits d'un même Individu doivent se ressembler beaucoup. Malgré cette difficulté de devoir se répéter, j'ai tâché d'amener un peu de diversité en décrivant dans un personnage un trait de caractère qui dans,, autre, quoique présent, se fait moins sentir. Par. ex. , dans Bonnard j'ai voulu montrer avant tout France, l' âme calme et laborieuse dan^ "le Ci^é des Livres"; Dans Bergeret c'est avant tout l'homme en publique, l'homme qui s'intéresse à tout, a des vues sur tout et les communique à ses amis; Dans Bergeret j'ai voulu montrer

aussi l'homme France en famille. Daa\s Pierre Nozière nous avon«"û France enfant et dans Servien nous avons France .jeune homme; Dans Nicias j ai voulu^un France erotique et sceptique a outrànce et dans Brotteaux des Ilettes le critique de la société.

France fut unique dans son genre d' écrire. Personne n'a donné comme lui dans cette sorte d'autobiographie indirecte, qui le rendait fameux. L' imagination riche mais insubordonnée de France n'a Jamais pu créer un roman à thèse à la Bourget.Son intelligence vaste et subtile a embrassé tout ou presque tout et 11 a rendu ses impressions qû' il a eues venant en contact avec cette infinité de choses autour de luil'La VieLittéraire',' "L'Ile des Pingouins" et "Jeanne d'Arc"sont des articles sur la littérature et sur l'histoire d'un homme intelligent et sensible qui pense profondément et sent finement et rend ses pen-

aées et s es sentiments dans une forme très cfcarmant^vPas de système, pas de principes établi» comme Chez un Brunetlère, Dans les livres dont je parle dans ma thèse un personnage fictif ■est celui quijrend ces pensées et ces sentiments dans une fornucharmante et France oubliant souvent son porte-parole s'identifie tellement à lui qu1 il lui prête même tout son tempérament et tout son caractère et tout son passé;c' est ceci que j'ai surtout voulu démontrer.

France, depuis sa mort en 1924, a été le point d'attaques de nombreux auteurs et critques.Ils ont aimé à le détruire, à l'anéantir. Ceux-là pour la plupart sont des gens médiocres qui n'ont pu ou n'ont voulu voir en France qu'un destructeur haï-^- — sable^'de toutes les institutions humaines, Oui, France fut d^-structuer hardi et osé, mais au fond la destruction de France n'était pas, comme l'ont cru la plupart de ses assaillants , par plu s* plaisir. N' oublions pas que France a toujours révé un meilleur monde pour les générations futuresfun monde dépourvu de tous les préjuges et de toute l'hypocrisie qui font de notre monde actuel un lieu peu heureux et misérable. Ses moyens parurent farouches mais ne l'en voulons pas trop parce que son but fut toujours honnête. Son scepticisme m'a souvent rendu malheureux,son Ironie inlassable m'a souvent irritée et révoltée mêmJ*— r mais heureusement j'ai toujours pu voir que France 4é doutait de auelaue chose qu' il estimait mal et encombrant le bonheur du futur ât qu' il^ raillait que des choses iniques. J' espère pouvoir contribuer par une oetite étude au Redressement de cette grande âme du dix-neuvieme et de notre vingtième siècle.

&&&&&&&&&&& Fin.

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