‹ Anatomie Chirurgicale de la VessieChapitre 11 sur 92 · Heule, Handbuch der Anatomie de Meuschen · texte numérisé non relu

Heule, Handbuch der Anatomie de Meuschen

2. Van Beckowen de Wind. Dissertat. Anatomico Medica de Vesica urinaria et ureleribus. Lugduni Batavorum, 1734.

3. Genouville, Du rétrécisstment blennorrhagique de l'urèthre chez la

femme (Annales des maladies des organes génilo-urinaires. Nov., déc., 1892).

tirs la vessie varie tellement d’un sujet à l’autre que, en face de ces différences individuelles, la différence sexuelle est peu importante, surtout au point de vue chirurgical.

Dans certains cas de rétention, des quantités énormes de liquide peuvent s’accumuler dans [la vessie, c’est dans ces conditions qu’on l’a prise pour une tumeur, comme dans un cas rapporte par Richet. Le cathétérisme éclaire facilement le diagnostic. Sappey cite d’après Franck, le cas d’un malade chez lequel la vessie pouvait contenir 8o livres de liquide. Barkow trouve chez un malade, après une distension, 3.625 grammes. Le malade de l'observation I de lathèse de Duchastelet, rétréci depuis longtemps, avait une vessie dans. laquelle on pouvait faire pénétrer 650 grammes de liquide. Chez les vieux prostatiques on peut trouver 3 Ou 4 litres de liquide à la suite d’une rétention. Dans ces différents cas, l’ampliation de la vessie est possible ; grâce à la lenteur de la dilatation le liquide augmente d’une manière infinitésinale à chaque instant, il y a une sorte d’accoutumance. D'ailleurs chez certains de ces sujets, la contractilité du muscle est fort affaiblie. Chez les prostatiques il y a déjà des lésions de sclérose : le muscle n’est pas assez puissant, pour, en se contractant, élever la pression intra-vésicale au point de provoquer l'éclatement et se laisse forcer.

Dans ses expériences sur le cadavre, M. Pierre Delbet a bien montré la succession des phénomènes

dans ce cas. On æmbplit la vessie, la pression s'élève progressivement, puis tout à coup elle s’abaisse, le muscle est forcé. Si, chez les rétrécis ou chez les prostatiques distendus par obstacle mécanique, la rupture est rare, c’est que si la vessie est suffisante, il arrive un moment où l'uripe force l’obstacle et coule par regorgement, ou bien que l’urèthre périnéal cède et que l’urine s’y épanche. |

Il ne faudrait pas, tirant une fausse conclusion de ces faits, vouloir injecter, quand même, une quantité considérable de liquide dans une vessie sur un homme sain ou à musculature vésicale puissante. Le muscle loin de se laisser forcer se contracterait tout-à-coup et l’organe se romprait.

Une vessie est distendue par une rétention aiguë, on la vide, on retire 8oo grammes de liquide, on l’injecte immédiatement, on ne peut faire pénétrer dans sa cavité que 400 à 500 grammes de liquide. C’est là un fat que M. Guyon a bien mis en lumière. On trouvera dans les tableaux précédents deux cas appartenant à cette catégorie de faits. L’un porte le N° 92, il y avait une rétention de 850 grammes, la capacité vésicale était de 320 grammes; l’autre porte le N° 31; rétention : 850 grammes, capacité : 420 grammes. L'observation II du mémoire de Duchastelet rend compte de ce qui se passe dans ces circonstances. Il s’agit d'une malade entrée à l'hôpital pour un furoncle du pied, chez laquelle se déclare une rétention aiguë, suite de l’alitement. Une sonde est introduite dans la vessie, la tension est de + 30

centimètres d’eau. On laisse écouler 250 grammes, la tension est alors de + 60 centimètres d’eau : à mesure que les fibres musculaires sont moins distendues, leur force contractile augmente.

De nombreuses causes physiologiques peuvent faire varier la capacité vésicale, d’un moment à l'autre. Ces causes et le résultat de leur action ont été étudiées par Mosso et Pellacani (r).

Une d’elles nous intéresse spécialement : l’action du chloroforme.

Mosso et Pellacani ont prétendu que le chloroforme, en suspendant l’action de la moelle et du cerveau, exagérait l’excitabilité réflexe de la vessie et par suite diminuait la capacité vésicale. Sur le malade N° 1, du tableau que j'ai dressé (ataxique), la vessie ne contenait que 40 grammes, cependant ce malade fut lithotritié par M. Guyon qui put faire pénétrer dans sa vessie, sans rencontrer de résistance, 120 grammes de liquide. On pourra objecter que dans ce cas, la sclérose médullaire avait déjà affaibli l’action de la moelle et que le chloroforme n’a agi que sur la contractilité vésicale. Cela prouve au moins que le chloroforme diminue cette contractilité. Au cours d'opérations de taille, j'ai vu M. Guyon injecter toujours facilement dans la vessie de 250 à 300 grammes d’eau boriquée, bien que la capacité prise comme je l'ai indiqué fût sou-

1e Mosso et Pellacani. Sur les fonctions de La vessie. Arch, de biologie ita-

lienne, 1882,

nue

moindre. Pour certaines vessies irritables, le traitement local de l'affection qui produit l'excitabilité anormale de la vessie, prépare le malade à supporter la quantité de liquide nécessaire à une inter vention.

J'ai tenu à entrer dans ces détails pour montrer qu’en face de différences individuelles aussi marquées, 11 est impossible de connaître a priori La quantité exacte de liquide qu'on pourra faire pénétrer dans une vessie. C'est ce que M. Guyon a déjà exprimé quand il a dit : « Agir dans la vessie en prétendant lui faire accepter une quantité rigoureuse de grammes, c’est se préparer à des mécomptes, des difficultés; c’est courir au devant des accidents. Il n’y pas de capacité anatomique, mais seulement une capacité physiologique de la vessie. » On se rappellera d’autre part que M. Guyon a vu la rupture se produire avec 200 grammes. Dans un cas, publié récemment etque nous donnons ici, elle s’est produite avec une quantité moindre qu’on peut évaluer à environ 100 grammes. La paroi présentait il est vrai, une dégénérescence épithéliomateuse, mais n'est-ce pas sur les vessies malades que lechiturgien

est appelé à intervenir.

PS

Page 1