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Bourgery et Jacob. Atlas d'anatomie

3. Disse, Lage der Harnblase. in Analomis:he Hefte de Merkel et Bonnet (Wiesbaden, 1891). T. Ï, page 8.

dépression verticale, destinée à loger la crête médiane de la face postérieure de la symphyse, venant s'ajouter à la dépression horizontale précédente (Luschka, loco citato Pansh), (1). En arrière et en haut, les anses d’intestin grêle viennent déprimer la paroi supérieure ; en arrière et en bas, le rectum, la prostate, chez l’homme ; le vagin et l’utérus chez la femme se projettent dans La cavité vésicale.

Tous ces faits sont faciles à constater, en injectant la vessie d’un sujet au suif avant d'ouvrir l’abdomen, et en extrayant le moule après le refroidissement du suif.

On peut objecter que ce sont-là des formes cadavériques. Henle, Cruveilhier et d’autres anatomistes estiment que l'examen direct de la vessie sur le cadavre ne saurait rendre compte de l’aspect qu’elle présente sur le vivant. Sur le vivant, en effet, Ja vessie est plus ou moins dilatée, mais sa capacité est toujours en rapport avec le contenu, la paroi réagit sur le liquide qu'elle renferme : une pression localisée en un point, se reporte sur les points voisins, de sorte que la vessie conserve une forme régulière. Henle estime même qu'il est impossible de dire si sur le vivant la vessie est aplatie d'avant en attière sous l'influence de la pression des anses intestinales. Dans un cas, sur une coupe de sujet congelé probablement dans la rigidité cadavérique,

1. Pansh. Grundriss der Anatomie des Menschen : « Les organes pois ns

pubis, rectum et intestin, quand ils sont tendus S'impriment sur la vessie. »

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= 98 — Henle a vu la vessie, modérément distendue, présenter une forme globuleuse. C’est cette forme qu'il figure et son dessin est reproduit dans la nouvelle édition de Cruveilhier (r).

Il faut remarquer cependant que cette opinion de Henle ne s'appuie que sur une supposition : il dit lui-même que le sujet congelé était probablement en rigidité cadavérique, mais ne l’affirme pas.

Une seconde objection à l'opinion de Henle peut se tirer de l’examen même des figures de Legendre et de Bourgery : on voit sur un certain nombre de planches, la vessie représentée avec une surface parfaitement lisse; si on se reporte au texte, on verta que la vessie a été dans ce cas artificiellement surdistendue.

La forme dela vessie résulte de deux facteurs: la réaction de la paroi sur le contenu et la pression qu’elle subit de la part des organes voisins.

Or, la paroi réagit sur son contenu de deux manières : par sa contractilité pendant la miction, ou, quand le besoin se fait sentir; par son élasticité dans l’intervalle : met-on en jeu la contractilité ? La vessie présente aux organes voisins, une paroi tendue, plus résistante que leur paroi propre : c’est ce qui se passe, surtout, vis-à-vis de l'intestin grêle. La vessie prend alors la forme d’un ovoïde ou d’une pyramide, légèrement aplatie d'avant en arrière, comme l'a dit Sappey.

1. Cruveilhier. Traité d'Anatomie descriplive, 1871, T. Il, page 332.

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On peut donner comme preuve de ce fait une remarque faite par M. Guyon, que Duchastelet a consignée dans sa thèse, en lui donnant un tout autre sens. Sur le vivant, pendant une lithotritie, lorsque le sujet a été préalablement endormi, si on cesse de donner le chloroforme et que le sujet commence à se réveiller légèrement, la vessie se contracte. Or, jusque-là non perceptible à l’hypogastre, l’organe vient tout à coup faire saillie au-dessus du pubis. Par conséquent la paroi vésicale ne se tend réellement que pendant uue contraction du muscle. A ce moment elle ne réalise cependant pas la forme d’une figure géométrique régulière, car le muscle est inégalement réparti dans la paroi vésicale. Une grande sangle antéro-postérieure embrasse dans sa concavité une partie de la face postérieure, le sommet et la face antérieure. Cette sangle conprime le liquide et le fait refluer sur les parties latérales. Ainsi la vessie est notablement aplatie d'avant en arrière, c’est sous cette forme que Parsons (1) et Rutty l'ont figurée: On se rend parfaitement compte du fait en explorant avec un instrument métallique sur le vivant une vessie modérément distendue pendant une contraction. La forme de la vessie à ce moment intéresse d’ailleurs peu le chirurgien; c’est pendant la contraction que l’on doit craindre la rupture: et c’est dans l'intervalle des

contractions qu'il faut intervenir. >

1. Parsons, Description de la vessie urina're, Paris, 1743, page 58.

Dans l'intervalle des contractions la vessie réagit sur son contenu par l’élasticité de ses parois. IL est facile par conséquent de déterminer par l'injection au suif d’une vessie de cadavre quelle est la forme de la vessie; l'élasticité propriété physique des tissus persistant après la mort. Plusieurs conditions cependant sont nécessaires pour arriver à un résultat précis : Agir sur une vessie qui ne soit pas en décomposition cadavérique. Agir sur une vessie qui n'ait pas été distendue au moment de la mort de manière que les limites de l'élasticité n'aient pas été dépassées. Injecter une quantité de suif égale à la capacité moyenne de la vessie, car si on la distend artificiellement, on arrive à donner aux parois une rigidité telle qu’elle déplacerait les organes qui normalement s’impriment sur elle.

Dans ces conditions la vessie est aplatie d’avant en arrière, et sa paroi est soulevée d'’arrière en avant au niveau de la ligne médiane par le rectum chez l'homme, par l'utérus et. lé-vagin Chez a femme. J'ai pu m'assurer que telle était la forme de l'organe et injectant au suif à l'Ecole Pratique un sujet avec toutes les précautions que j'ai indiquées plus haut. Le moule extrait de la vessie est représenté fig. 4.

Il a l’aspect d’un ovoïde à grosse extrémité tournée en arrière, déprimée. Cette dépression n’est pas très marquée ici, mais le rectum était absolument vide. Elle est plus äccentuée quand le rectum est rempli de matières fécales dures.

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Sur quatre autres sujets que j'ai examinés à ce point de vue, j'ai de même rencontré des vessies réagissant sur leur contenu, et fortement déprimées par le rectum plein. La vessie sur une coupe horizontale aurait eu dans ce cas l'aspect d’un ménisque concavo-convexe à bords épaissis, la face postérieure concave embrassant le rectum. Et ce n’est pas là une déformation secondaire de la vessie. Debierre (1) a vu sur un embryon humain de 6 centimètres c’est-à-dire d'environ 12 semaines communiqué par M. Remy, la vessie présentant la forme d’un fer à cheval embrassant la face antérieure du rectum (comparer fig. 3). Luschka a d’ailleurs également constaté une dépression rectale. C’est elle qui donne à la vessie, vue par sa face postérieure, une certaine ressemblance avec une feuille de trèfle, dont le pédicule manqueraïit, suivant la comparaison de Henle ou avec un cœur de carte à jouer, comme le dit Barkow.

Sur le cadavre de la femme, j'ai obtenu des moules, portant une large empreinte, résultant de la pression de l’utérus, mais jamais je n’ai rencontré de sujet dont la paroi vésicale ait gardé une élasticité de sorte que je ne puis apporter une conclusion ferme. Par analogie avec ce qui se passe chez l'homme, ïil est probable que cette dépression existe de même sur le vivant. Berry Hart d’ailleurs a montré que l’utérus gravide déprimait fortement la

1. Debierre. Thèse d'agrégat. d'anatomie. Paris, 1883, page 30

vessie au point de la transformer en une sorte de ménisque convexe-concave.

Ces conclusions sont confirmées par les faits cliniques. Belmas (1) nous dit que le rectum, distendu par des matière fécales durcies, peut faire saillie dans la cavité vésicale et donner lieu à trois sortes d'erreur : 1° On peut prendre cette saillie pour celle d’un calcul. Rutti crut, dans un cas, avoir constaté la présence d’une pierre; à lautopsie, on s’assura qu’un amas de matières fécales durcies en avait imposé (?) Je cite ce fait pour être complet, mais je me permets d’ajouter un grand point d'interrogation. En admettant qu’une semblable faute fût possible, l'analyse exacte des sensations perçues devrait bientôt éclairer le chirurgien ; 2° Un calcul logé sur les côtés de cette saillie peut s’y dissimuler ou bien devenir difficile à extraire : 3° Quand on sonde et qu’on explore certains malades ; après avoir introduit l'explorateur métallique, si on essaye d'explorer la face postérieure avec le bec tourné en bas, on voit que pour franchir la ligne médiane il faut abaisser légèrement le pavillon de l’instrument. Chez la femme l’abaissement doit être encore plus considérable. Dans un cas chez l'homme, il m'est arrivé de prendre cette saillie pour une tumeur. Cette erreur est facile à éviter, comme la précédente en étudiant la nature du contact et son

étendue. Il est bon toutefois, de connaître de cette

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