‹ Anatomie Chirurgicale de la VessieChapitre 91 sur 92 · Guyon. Leçons Cliniques · texte numérisé non relu

Guyon. Leçons Cliniques

4. Poppert. Zur Casuistik der Blasenhalsklappen. Arch. von Langenbech

fur klinisch. Chirurgie, 1" fascicule, page 52. Voici cette observation.

Aulopsue: — On trouve une vessie très hypertrophiée.

L'orifice vésical de l'urèthre est recouvert par un repli musqueux transversal en demi-lune qui naît au niveau de la circonférence postérieure du col et au-dessus de lui formant un véritable clapet.

Le repli muqueux est épais à sa base et contient des faisceaux musculaires qui appartiennent manifestement au sphincter de la vessie. La hauteur est de 3/4 de centimètre, son bord libre a 1 centimètre 1/2. Latéralement il se perd dans la muqueuse du col vésical, L'auteur renvoie à sa figure sur laquelle la valvule est un peu raccourcie parce que la pièce s’est rétractée dans l'alcool. Sur la pièce fraiche, en regardant d’en haut, on ne voyait pas le col, lequel était entièrement recouvert par la valvule. En la relevant on apercevait le col normal. Prostate normale, peu augmentée de volume. Tissu friable. Coloration bleu rouge. Pas de rétrécissement de l’urèthre, Rein hypertrophié présentant trois fois le volume normal. La capsule était facile à enlever. Surface irrégulière, Bassinet dilaté. Uretère dilaté. Rein renferme des abcès.

Poppert ajoute que l'augmentation de volume de la prostate avait fait songer chez ce malade à une hypertrophie ou à une inflammation chronique. On a également, pensé à un rétrécissement situé dans Ja prostate. On a méconnu la valvule, On avait l'intention d'intervenir par la taille si le malade ne fut pas mort. Cette intervention l’aurait sauvé. AR De l'examen histologique de la pièce, Poppert conclut qu'il s'agissait d’une valvule congénitale. Dans cette hypothèse voici comment on peut expliquer la conservation de la miction jusqu'à cet âge. La vessie en se remplissant se dilatait au niveau de son fond, ce qui tirait la valvule en arrière et rendait la miction possible. Un jour soit que la vessie eût cessé d'agir sur la valvule, soit que celle-ci ait augmenté de volume, le malade a été pris de rétention, accident qui a amené la mort.

La muqueuse qui environne le col est d'une richesse remarquable en veines. Gillette (1) a décrit

1. Gillette, Les veines de lu vessie, Journal de l'anatomie, 1809, page 470.

La rachats UE rise

dans cette région un fin plexus circulaire d’où parteut des troncs veineux dont les uns suivent la direction antéro-postérieure des freins du vertu montanum tandis que les autres vont gagner les parties latérales de la muqueuse vésicale on le bas-fond. Elles sont souvent le siège d’un état variqueux.

Par $a face profonde la muqueuse repose sur la tunique musculaire sous-jacente. D’après Cloquet, il existerait une couche celluleuse sous-muqueuse qui unirait intimement musculeuse et muqueuse. Mais la plupart des auteurs admettent au contraire un tissu cellulaire lâche permettant aux deux tuniques de se mouvoir l’une sur l’autre. RS EU A

C'est ainsi que d’après Quain la muqueuse adhère légèrement à la musculeuse et peut être plissée quand on la pince. Cette disposition n’existerait pas cependant au niveau du trigone. De même Luschka, Beaunis et Bouchard, Sappey, Ju-

- rié (1) déclarent que la muqueuse est unie au muscle par un tissu cellulaire lâche complètement dépourvue de graisse et qu'il est facile dé séparer ces deux tissus.

“J'ai cherché a mobiliser la muqueuse sur le cadavre après avoir ouvert la vessie. Les résultats que j'ai obtenus ont été variables. Par exemple sur les sujets VI et VII la muqueuse était très adhérente. La première appartenait à une vessie à colonnes, la

1. Jurié. Beitrage zur Kentis des Baues und der Verrichlltung : der Blase und der Harnrohre. Medic. Jahrbuch. Vienne, IN, 1873. Travail fait sous

l'inspiration de Langer.

deuxième à une vessie enflammée. Ces deux cas pathologiques mis à part, j'ai constatée sur le cadavre de femme n° II, une remarquable mobilité et pouvait entraîner la muqueuse largement. Dans les autres cas les résultats ont été plus constants, Quand je soulevais la muqueuse sur la tranche de la vessie je pouvais la détacher du muscle sous-jacent, mais seulement dans une étendue de 1 cent. 1/2 à 2 centimètres. À ce moment il se produisait une déchirure du tissu.

Ailleurs j’ai tenté de mobiliser la muqueuse en la pinçant et en la soulevant. Toutes ces expériences variées de diverses manières m'ont permis d'arriver aux résultats suivants.

La muqueuse est intimement unie aux couches sous jacentes au niveau du trigone. ‘Là elle est lisse, polie, adhérente et ne saurait en aucune façon être détachée de la musculeuse. Dans les autres régions elle est à l’état normal supportée par un tissu cellulaire lâche qui lui laisse une certaine mobilité, on peut la pincer, le soulever. Mais un des premiers phénomènes consécutif à l’inflammation de la membrane est l’infiltration du tissu sous-muqueux, et la constitution d’adhérences qui fixent muqueuse et musculeuse.

Nous aurons à utiliser ces notions ainsi qu’un certain nombre despoints que nous avons étudiés dans la partie de ce travail consacrée à l’étude de la médecine opératoire de la vessie.

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