OBSERVATION X
(Personnelle)
Hernie inguinale congénitale avec ectopie testiculaire gauche
B\ Antonin, 18 ans, cultivateur à Corneilla-de-la-Rivière, entre le 2 janvier 1905 à l'hôpital Suburbain, salle Delpech, n° 21, service de M. le professeur Forgue.
Antécèdents personnels. — Rien à signaler, si ce n’est qu'à l'âge de 6 ans, 1l a éprouvé de vives douleurs dans la région inguinale gauche, douleurs qui ont persisté pendant quelques jours et nécessité l'intervention d’un médecin, qui s’ést borné à prescrire des anesthésiants. |
Antécédents héréditaires. — Père hernieux.
Examen du malade (dû au docteur Riche, chef de chnique). — Le scrotum présente à gauche une atrophie sensible. On s'aperçoit aisément qu'il n’est habité que par un testicule situé du côté droit. La région imguinale est occupée par une tumeur ovoïde, mesurant à peu près 5 travers de doigt dans sa grande dimension, 3 travers de doigt dans son petit diamètre, et allongée parallèlement au pli de laine dont elle occupe toute la moitié interne. À la palpation, elle donne une sensation dépressible, et quand on la pince suivant son petit diamètre, entre le pouce et l'index, on constate, en pressant avec les doigts de la main gauche, sur le grand diamètre, la présence d’un testicule déjà très diminué de volume eu égard à l'âge du sujet, à peu près fixé au niveau de l’orifice inguinal, surtout dans le sens inférieur où 1l est difficile de le mobiliser, tandis qu’en l'accrochant et en le refoulant de bas en haut et de dedans en
dehors, on arrive à le déplacer de 3 ou 4 centimètres au-dessus
SPP
de l’orifice externe. Il est facile de constater que cette tumeur n'est que partiellement composée par le testicule. Au-dessous de lui, se trouve une hernie dont le sac paraît descendre jusqu à moitié du scrotum, se distend sous l'influence de la toux et Surtout de la station debout. Entre la tumeur et le scrotum, on sent rouler sous les doigts un cordon flexueux et mobile, présentant des nodosités, qui n'est autre chose que l'épididyme et le canal déférent. M. le professeur Forgue pose le diagnosüc : ectopie inguinale gauche avec hernie congénitale.
Le malade est opéré le 2 février 1905. Voici ce que nous avons remarqué au cours de l'intervention : après incision de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, on arrive sur un sac qui descend jusqu'à la moitié du scrotum ; on ouvre ce sac, qui est constitué par le canal vagino-péritonéal resté perméa ble, el l’on aperçoit aussitôt le testicule, brillant, gros comm: un flageolet, appendu à un pédicule épais et rigide. L'épididyme normal, rattaché au testicule par une membrane large de 3 centimètres environ, se continue par un canal déférent qui descend jusqu'au fond de la poche formée par la séreuse péritonéo-vaginale, remonte vers l'anneau inguinal externe pour aller s’accoler aux autres éléments du cordon.
M. le professeur Forgue dissèque très minutieusemnt toules les brides qui fixent la vaginale aux parois du canal mguinali, refoule l'intestin dans la cavité abdominale et s'occupe de l'isolement et de la résection du conduit péritonéo-vaginal : pour cela, après avoir placé des pinces pour étaler cette séreuse, il la coupe transversalement el la sépare aussi complètement que possible du tissu cellulaire environnant et des éléments du cordon ; pendant ce temps, on exerce des tractions sur le testicule, de façon à permettre de poursuivre cette dissection assez haut du côté de l'abdomen. Après la fermeture du pédicule herniaire, il dissèque de haut en bas la vaginale pour dénuder le cordon sur tout son parcours. Cette dissociation est très